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Histoire de la production du coton dans les cercles de la moyenne vallée du fleuve Sénégal de 1920à  1960.

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par Insa BA
Cheikh Anta DIOP - Master 2 2014
  

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I.2 : Le Sénégal et sa vallée : description et importance

La vallée du fleuve Sénégal apparaît au Mali de la rencontre de deux rivières le Bakoy, qui prend sa source au Mali, et le Bafing, qui prend sa source en Guinée et sur lequel a été édifié le barrage réservoir de Manantali à la fin des années 1980. La Falémé, qui prend également sa source en Guinée, gagne le Sénégal en amont de Bakel .Le fleuve, dans son étiage supérieur, conserve les caractères de ses affluents primaires dont les vallées sont constituées par une succession de bassins que séparent les seuils rocheux sur lesquels se versent les eaux. Cette composition singulière du haut bassin sénégalais donne naissance à de belles chutes.

Les principales sont celles de Billy sur le Bakoye, puis à l'aval de Bafoulabe, celle de Gouina où le Sénégal se dépêche d'une vingtaine de mètres de hauteur, enfin à une quinzaine de Kilomètres au dessus de Kayes, le déversoir de Félou, grand escalier de grés creusé à travers un contrefort des montagnes de Khasso. De là, le fleuve Sénégal parcoure deux contrées semi désertiques : il laisse au côté droit de la rive, les dunes de Mauritanie et en rive gauche le Ferlo, zone latéritique située au nord-est du Sénégal.

On distingue alors deux grands ensembles : la « vallée » proprement dite, depuis Bakel jusqu'à Dagana et Richard-Toll188(*), puis le « delta » qui correspond à l'estuaire du fleuve.

La pente du Sénégal à l'aval de Bakel est très faible. Cette faible dénivellation est repartie entre un certain nombre de seuil formant l'escalier, entre lesquels les biefs, durant la saison sèche sont presque horizontaux. Cela engendre de nombreux méandres, et la vallée s'organise autour du fleuve, de ses bras, défluents et cuvettes d'inondation. Le lit majeur du Sénégal - surnommé le walo - est ainsi large de 10 à 25 km jusque Dagana et limité sur les deux rives par une zone dunaire dénommée le diéri. Les pluies, qui arrosent le massif du Fouta-Djalon, engendrent les crues du fleuve qui emplissent les défluents et inondent les cuvettes. La vallée du Sénégal constitue ainsi un ruban fertile entre deux déserts.

En aval, le delta est constitué de multiples défluents et marigots qui alimentent des cuvettes plus ou moins larges lors des crues du fleuve. Les lacs de Rkiz en Mauritanie et de Guiers au Sénégal sont de vastes dépressions reliées directement au lit mineur et donc alimentées de façon ininterrompue par le fleuve. La zone du delta est quasiment plate89(*) et subit l'influence de la marée. Avant la mise en place du barrage de Diama, les eaux marines remontaient dans le delta et la vallée en saison sèche. Cette remontée d'eau marine, dénommée « langue salée », pouvait être ressentie jusque 200 km à l'amont.

Malgré ses nombreux bras et méandres, le delta du Sénégal ne présente qu'une seule embouchure, située au sud de Saint-Louis. Lorsqu'il atteint enfin la côte, le lit du fleuve oblique vers le Sud et reste séparé de l'Océan Atlantique sur plusieurs dizaines de kilomètres par un fin cordon dunaire dénommé la « Langue de Barbarie »90(*)

De Bafoulabe à Kayes, le fleuve s'abaisse ainsi d'une cinquantaine de mettre, par chutes brusques entre les lesquelles règnent des biefs d'eaux calmes coupés çà et là de petits rapides. Kayes marque, sinon l'origine, du moins un premier point d'épanouissement de la vallée alluvionnaire. Sur la rive gauche les chaines de montagneuses du Bambouk s'écartent graduellement du fleuve, tandis qu'à droite les collines de Diomoko retroussées vers les nord dès l'aval de Médine, dominent une vaste plaine sans grand relief dans laquelle circulent le Kolombini et le Kara-Koro. La rivière de Kolombini ou marigot de Koulou se jette dans la Sénégal à deux kilomètres de Kayes. Elle apporte les eaux de ruissellement des pays de Nioro.

Après avoir parcouru tout une série de mares ; le Kolombini entre dans une dépression dite étang de Magui qui, en hivernage mesure plus de 150 kilomètres carrés de superficie. Pendant les trois premiers mois de l'année, les pirogues indigènes peuvent remonter jusqu'à cette dépression, le cours inférieur de la rivière. Le Kara-Koro vient de l'arrière -pays de Nioro. C'est son embouchure, un cours d'eau large et profond qui tarit pendant un trimestre.

A l'aval de Kayes, le Sénégal est un beau fleuve large de 400 métres au lit profondément encaissé entre les berges abruptes hautes de 10 à 12métres. Les obstacles rocheux si abondants dans son cours supérieur, formant des rapides assez importants pour gêner la navigation au début et à la fin de la crue. Au-dessous de ses petites rapides, le Sénégal reçoit sur sa rive gauche près du village du Koutioubé, son affluent principal la rivière Falémé.

La Falémé prend sa source sur les revers septentrionaux du Fouta-Djalon. Formé à l'origine de trois branches, son cours est coupé de seuils rocheux donnant naissance aux chutes de Ouaida et d'Irimalo, aux rapides de Toumbifara et Kolongina .C'est à Kolongina, à 170kilométres de son confluent, que la Falémé devient navigable. En temps normal, des bateaux de 2 mètres de tirant d'eau peuvent y circuler d'aout à octobre.

En aval de Bakel, les mots de Mauritanie bordent de près le fleuve tandis que qu'il existe sur la rive gauche une plaine, qui en certains points, atteint une largeur de dix Kilomètres. Jusqu'à Lobali la vallée conserve ses caractères habituels : « La vallée a une forme concave, lit majeur unique et très encaissé. Mais au-dessous de cette localité, le Sénégal prend un nouvel aspect. Sa vallée constitue un long couloir de largeur assez uniforme dans lequel le chenal s'est déplacé en se divisant en plusieurs bras ».91(*)

* 88 Littéralement « le jardin de Richard » du nom d'un botaniste français, Jean-Michel Claude Richard qui créa, au début du XIXème siècle, le premier jardin d'essai en Afrique en tentant d'acclimater certaines espèces végétales européennes. Ces tentatives sont à l'origine des expériences de cultures irriguées.

* 89 Cette absence de pente a fait dire à Emile Bélime, un ingénieur au début du siècle dernier qui dirigea l'Office du Niger au Mali, que l'irrigation dans la vallée coûterait trop cher puisqu'il faudrait pomper l'eau pour irriguer les casiers...

* 90 Ce fin cordon a été ouvert artificiellement sur quelques mètres au sud de St-Louis en 2003 pour réduire les risques d'inondation de la ville. L'ouverture s'est élargie et atteint maintenant plusieurs centaines de mètres.

* 91Henry, y. « Irrigation et cultures irriguées en Afrique de l'Ouest », Paris, Larose, 1918, in -8°, V- 292p.

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