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Histoire de la production du coton dans les cercles de la moyenne vallée du fleuve Sénégal de 1920à  1960.


par Insa BA
Cheikh Anta DIOP - Master 2 2014
  

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1.3 : Les facteurs du milieu naturel

Les principaux éléments du milieu naturel à savoir le relief, le climat et les sols et la végétation ont une grande influence sur le rendement agricole.

La vallée alluviale du Sénégal s'étend de Bakel à Saint-Louis .Elle forme un immense arc de cercle d'une longueur de 600 Km, sa largeur peut atteindre 200 Km en territoire sénégalais.

La basse vallée du Sénégal a été occupée par la mer lors de la dernière transgression marine92(*) , il y'a 5 500 ans.

Puis le fleuve construit de grands bourrelets de berge et édifie un delta très allongé .Ces hautes levées fluviales et deltaïques sont constituées de sables fin et limon. Elles délimitent les cuvettes argileuses plus ou moins inondées par la crue annuelle. Le Sénégal trace de nombreux méandres avec des faisceaux levés récents .Sa vallée présente donc un microrelief complexe. Ces alluvions portent divers types de sols hydromorphes en fonction du modelé et de la submersion par les eaux. Il passe à des sols halomorphes dans la région du delta à l'ouest de Richard -toll .Les cultures de décrue appelées le Walo se font dans les cuvettes argileuses. Le falo qui correspond à la pente douce de la rive convexe des méandres porte les jardins de case.

Le fondé abrite des cultures de maïs et sert de sites aux villages. Chez les Toucouleurs93(*), l'exploitation typique traditionnelle comporte environ 4 ha, dont 2 ,5 en Walo et 1,5 en diéri. Chaque homme marié était à la tête d'une exploitation avec sa famille de 5ou de 6 personnes en moyenne dont au moins 3 actives. La culture de décrue dépend , étroitement de la crue du fleuve ;lorsqu'elle est forte , elle permet de cultiver de vastes superficies et même une bonne partie des anciennes levées ,lorsqu'elle est faible, par contre, elle réduit considérablement les surfaces cultivées responsables.

Dans le diéri, territoire jamais atteint par la crue, les cultures sont plus aléatoires parce qu'elles dépendent de la pluie Le coton couvre moins de 50 pour cent des superficies cultivées, au profit du petit mil, du mais et du niébé. Les rendements sont ici variables à cause des déficits pluviométriques récurents, de la menace acridienne et de la très faible teneur des sols (sablonneux) en argile.

Dans sa configuration, le relief de la vallée du fleuve n'entravait absolument pas le développement de la culture du coton. Il ne gênait pas non plus l'aménagement de la vallée, élément important pour l'accroissement des produits agricoles94(*).

Les climats et les productions de la vallée du fleuve sont très variés. Ils sont constitués principalement par la chute des pluies et le régime des vents.

Le Haut-Sénégal95(*), situé, sur le plan climatique dans la zone soudanienne, subit l'influence du climat correspondant, c'est-à-dire l'alternance saison sèche allant de six à huit mois et une saison humide. Les précipitations atteignaient leur maxima en Juillet. On remarquait que le temps des cultures était limité par la concentration des précipitations en cinq mois .Leur violence pourrait causer la dégradation des sols ainsi que la destruction des jeunes plantes, le Bas-Sénégal, quant à lui, est au contraire le trait union entre la zone sahélienne et la zone soudanienne. Cette région subit, dans son ensemble, un climat de type sahélien.

Les précipitations sont insignifiantes, rares et inégalement réparties dans l'année.

Cette irrégularité des pluies, d'une année à une autre, avait un impact sur l'exploitation des terres. Les mauvaises récoltes en coton étaient liées à ces aléas. Les populations Toucouleurs, Soninkés et wolofs, surtout les femmes, par exemple, en période de saison des pluies, n'hésitent pas à se consacrer à la culture cotonnière au bord de la vallée du fleuve. Le climat rude et rigoureux de la vallée du fleuve Sénégal a impacté véritablement sur les différents aspects de la production du coton.

Le vent d'est ou harmattan est un vent chaud et sec provenant du désert, qui pendant la saison sèche, souffle durant de longues semaines plusieurs heures par jour avec des alternatives de calme sur la majeure partie du Soudan septentrional du central, et du Sénégal. Il se déclenche quelquefois subitement avant la fin de la saison des pluies et détruit les récoltes à maturité.

La vallée du fleuve peut se diviser en trois grandes zones climatiques96(*) :

-1 : Le domaine sahélien côtier s'étend tout le long de la grande côte du Sénégal et se prolonge jusqu'à Saint-Louis. Les précipitations sont liées aux invasions d'air polaire pendant la période hivernale et aux remontés de la mousson pendant les situations météorologiques particulières en été .Sous l'influence de l'océan, les températures sont fraiches et les amplitudes thermiques faibles. L'humidité est forte. C'est au nord de la région, aux proches de Saint-Louis, que le climat connait une nuance la plus fraiche et la plus sèche.

-2 : Le domaine nord dit zone sahélienne continentale est la partie la plus aride du pays .On retrouve dans ce domaine les stations de Podor et de Matam .Il s'inscrit entre les isohyètes 100 et de 500 mm et se caractérise par la faiblesse de ses précipitations .Celles -ci sont liées à la présence de la mousson pendant 3à 4mois .Le maximum de température intervient en mai ou en juin et le fléchissement du mois en à peine marqué en raison de la faiblesse des précipitations.

-3 : Le domine central à climat tropical où la saison des pluies commence en juin et se termine en octobre, novembre. La chute annuelle d'eau est sensiblement moins élevée et la végétation est moins luxuriante. La température n'a plus la même régularité et varie suivant les saisons et le jour ou la nuit de 10 à 40 degrés.

La végétation reflétait la fertilité des sols, du climat et ainsi que le rythme pluviométrique de la vallée du fleuve .Les régions s'étendant dans la zone haute et dans la contrée accidentée, constituaient une zone de forêt - savane.

L'altitude est moyenne dans la zone de transition ; la flore se modifie et naissent des parkia biglobosa, ou des andropogons. Une zone de petites prairies se trouve dans la partie sèche.Dans la zone argileuse notamment, la végétation se caractérise par des espèces comme le loudetia coarctata. La végétation du waalo est constituée de « gallinacés qui y surabondent et alimentent les cheptels, surtout pendant la saison sèche, époque où, par suite de l'infécondité du désert, les pasteurs sont obligés de rallier les rives du fleuve »97(*).

Les sols de la vallée sont de deux types :

Sols argileux, sols sablonneux. Leur mélange donne souvent des sols silico-argileux. Les argileux sont imperméables et la sécheresse persistante du climat leur donne une dureté telle qu'ils ne sont cultivables qu'après avoir été largement et longtemps imbibés d'eau. Ce sol se crevasse profondément avec la sécheresse qui amène la mort des arbustes un peu délicats comme le cotonnier.

Les sols sablonneux absorbent rapidement l'eau et la laisse s'écouler à une grande profondeur, si elle n'est pas arrêtée à faible distance par un sol imperméable.

La vallée du fleuve était considérée comme le « château d'eau » de la colonie du Sénégal. Ce milieu naturel demeurait propice aux différentes cultures et l'amélioration du rendement y fut davantage favorisée par la création de plusieurs structures.

* 92 Carrère, (F.) et Holle, (P.) De la Sénégambie française. Paris : Firmin Didot, 1855, 393 p.

* 93 Lericollais, (A.), Diallo, (Y.) Peuplement et cultures de saison sèche dans la vallée du Sénégal. Paris.

ORSTOM/OMVS, 1980. Notes illustratives, n° 81. Sur l'étude physique de la vallée du fleuve Sénégal, nous avons abondamment puisé dans ce travail scientifique, étudiant tous les facteurs de cet immense espace.

Les chercheurs ont découpé de manière systématique en différents secteurs la vallée du fleuve, d'où facilitent la lecture et la compréhension de cet espace.

* 94 Paul., (L.) « La vallée du Sénégal. Agriculture traditionnelle et riziculture mécanisée». Les Cahiers d'Outre- Mer, octobre-décembre 1951, n° 16, pp. 280-282.

* 95 Lericollais, (A.) et al. La vallée du fleuve Sénégal et ses aménagements. Etudes scientifiques. Paris :ORSTOM ; Décembre 1981, pp. 13-19.

* 96 Lericollais, (A.), Diallo, (Y.) Peuplement et cultures de saison sèche dans la vallée du Sénégal. Paris.

ORSTOM/OMVS, 1980, p22-27

* 97 Idem, p 30

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