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Quelle place pour la psychologie dans une culture traditionnelle africaine ?

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par Manon Le Flour
Institut Catholique de Paris - DU Solidarités Internationales : action solidaire et dialogue interculturel 2016
  

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TABLE DES MATIÈRES

Introduction p.2

I. La République du Congo en quelques chiffres p.7

1. Rappel géographique et historique p.7

2. Politique actuelle au Congo-Brazzaville p.8

3. Données démographiques en 2007 p.10

4. Données économiques récentes p.12

II. Le Congo-Brazzaville : une culture traditionnelle africaine p.14

1. La culture : une notion phare des sciences sociales p.14

2. La culture traditionnelle africaine p.18

3. Le concept de personnalité et l'identité congolaise p.25

4. Les représentations de la maladie mentale au Congo p.31

III. La religion au centre de la culture congolaise p.39

1. L'arrivée des religions dites occidentales en Afrique et le concept d'inculturation

p.39

2. Les Eglises Evangéliques au Congo et leurs mouvances p.44

3. La prise en charge des malades mentaux par les institutions religieuses p.49

IV. La naissance d'un système de santé mentale au Congo p.54

1. Première réflexion sur la santé mentale dans les pays du sud p.54

2. Les théories utilisées et leur adaptabilité p.62

3. Les politiques de santé publique en termes de santé mentale p.67

SIGLES

ASUdh : Action de Secours d'Urgence et de développement humain

CHU : Centre Hospitalier Universitaire

CNLS : Conseil National de Lutte contre le VIH/Sida

CNR : Conseil National de la Révolution

EEC : Eglise Evangélique du Congo

FMSM : Fédération Mondiale de la Santé Mentale

MDM : Médecins du Monde

MSF : Médecins Sans Frontières

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

ONG : Organisation Non Gouvernementale

PCT : Partie Congolais du Travail

PVVIH : Personne Vivant avec le VIH

RCA : République Centre Africaine

RTA : Religion Traditionnelle Africaine

SMPS : Santé Mentale et Pratiques de Soins

TCC : Thérapie Cognitivo-Comportementale

VIH : Virus de l'Immunodéficience Humaine

AVANT PROPOS

Je profite de cet avant-propos pour me présenter rapidement. Je m'appelle Manon Le Flour et je suis née le 28 novembre 1989 à Evian-les-Bains en Haute-Savoie. J'ai grandi au milieu des montagnes et soufflé quasiment toutes mes bougies avec l'arrivée de la première neige de la saison.

Dès ma rentrée au lycée je quitte en partie le cocon familial pour l'internat. Puis à l'obtention du mon baccalauréat, je déménage pour démarrer mon cursus universitaire en psychologie. Après deux années de faculté, je passe le concours pour intégrer l'Ecole de Psychologues Praticiens de Lyon afin de bénéficier d'une formation de qualité. Les années se poursuivent et les stages également. Je ferai mon premier stage dans le service de ressources humaines de la mairie de mon village natal et le second dans le service de l'hôpital de jour pédopsychiatrique de Vienne. Enfin, afin de valider mon diplôme de psychologue clinicienne, j'effectuerai mon dernier stage en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), tout en écrivant mon mémoire de recherche intitulé « Le tatouage, pansement symbolique des blessures narcissiques ».

Une fois le diplôme en poche, c'est décidé je prends une année pour moi et décolle avec un aller simple pour la Nouvelle-Zélande. Sur le chemin, je ferai mon premier stop en Asie du sud est, en Malaisie. Malgré les quelques appréhensions de ce premier voyage « sac à dos », je découvre un monde dont je ne pourrai plus me passer. Novembre 2013, j'arrive donc à Auckland et vais parcourir le pays pendant les cinq mois qui suivent. L'hiver arrivant, je ressens le besoin de me rapprocher des sommets enneigés et m'installe à Queenstown ou je trouve du travail pour la saison. J'endosse alors le rôle d'« housekeeping manager », c'est-à-dire que je supervise et gère le service de chambre d'une des plus grosses auberges de jeunesse de la ville, pendant six mois. J'aime ma vie en Nouvelle-Zélande, mais il me manque quelque chose : une stimulation intellectuelle que je trouvais dans la psychologie. L'hiver passé, il est temps de reprendre le chemin de la maison. Sur le chemin, je m'arrêterai en Australie et à nouveau en Asie du sud est pendant trois mois.

C'est à ce moment là que je commence mes recherches sur l'humanitaire, réalisant que mes compétences techniques peuvent être utiles dans les pays du sud où des personnes vulnérables vivent. Je découvre alors Intercordia, je suis séduite et je commence à réfléchir à un projet, à postuler à des services civiques, à des missions de volontariat de solidarité

internationale. Après plusieurs candidatures, plusieurs entretiens me voilà en train d'accepter une mission au Congo-Brazzaville d'une durée de 10 mois. La mission consiste à appuyer un projet de santé communautaire, et plus particulièrement le volet VIN et le suivi thérapeutique des patients.

L'été passe et nous voilà le mercredi 09 septembre 2015. Je prends la direction avec mes parents de l'aéroport de Genève comme première étape. Il est tôt, il fait encore nuit et nous nous disons au revoir devant les contrôles de sécurité. J'ai l'habitude de passer ces portiques, mais cette fois-ci, j'ai une appréhension un peu plus importante. Premier décollage pour Paris, où je retrouve mon binôme avec qui je pars et qui est pharmacienne. L'avion en direction de Brazzaville décolle et il est impossible de faire marche arrière. Ce soir nous serons à Brazzaville, surnommé la Belle Verte.

Cette année sera riche en découvertes, en émotions, en surprises, en rencontres, en de nombreuses choses. Ce ne sera pas toujours facile, il y aura des hauts mais également des bas. Des difficultés, des déceptions, des frustrations feront également partie de l'aventure. J'ai eu envie de rentrer à certains moments, de tout lâcher, mais en même temps ma curiosité s'éveillait à chaque instant et je me sentais utile (tout en étant inutile à certains moments).

Cependant, après 10 mois passés à Brazzaville, je peux dire que je n'ai que rarement quitté un aéroport avec le coeur aussi gros.

« Autrefois, lorsque les gens traversaient le monde à pied, à cheval ou en bateau, ils avaient le temps de s'accoutumer aux changements. Les images de la terre défilaient sous leurs yeux lentement, le film du monde tournait tout doucement. Comme leur voyage durait des semaines, des mois, ils se familiarisaient progressivement à l'environnement, aux paysages nouveaux. Le climat lui aussi changeait par étapes. Avant d'atteindre la fournaise équatoriale, le voyageur venu de la froide Europe avait déjà traversé la douceur de Las Palmas, la canicule d'El-Mahary et l'enfer du Cap Vert.

Que reste-t-il aujourd'hui de cette gradation ? Rien ! L'avion nous arrache violemment de la neige et du gel pour nous plonger le jour même dans le gouffre des flammes tropicales. Nous avons à peine le temps de nous retourner que nos nous retrouvons au coeur d'un brasier humide. Dès notre arrivée, nous sommes en nage. Si nous quittons l'Europe en hiver, nous jetons manteaux et pulls : voilà le geste initiatique que nous, les gens du Nord, exécutons en débarquant en Afrique »

Ryszard Kapuoeciñski, 1998, p.91

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1 Kapuoeciñski, R. (1998). Ebène. Aventures Africaine. Librairie Plon

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