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Contrainte Psycho-Physiques et Electrophysiologiques sur le codage de la stimulation électrique chez les sujets porteurs d'un implant cochléaire

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par Stéphane GALLEGO
Université Lyon I - Doctorat 1999
  

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III/ Caractérisation

L'utilisation du filtrage numérique permet d'obtenir des PEAEP d'une qualité suffisante et stable intra- et inter- session pour un patient donné ; cela permet d'étudier les paramètres qui influent sur les caractéristiques des PEAEP afin de les utiliser si cela est possible en routine clinique pour des tests pré- per- et post implantation.

al Adaptation et PEAEP

Il est important avant toute chose de quantifier l'effet de la durée et de la fréquence de stimulation sur les caractéristiques des PEAEP. Ces deux paramètres représentant deux formes d'adaptation du système auditif suite à une stimulation électrique pourraient détériorer la qualité des tracés de PEAEP. La caractérisation de ces deux phénomènes permettrait d'élaborer des protocoles d'enregistrement qui minimiserait ces effets.

Durée de stimulation et PEAEP :

Lors d'une stimulation acoustique continue, l'activité neurale du système auditif décroît puis se stabilise à un certain niveau (Kiang et al, 1965). D'après la littérature, cet effet serait essentiellement produit au niveau de la cochlée lors de la transduction de l'énergie acoustique en influx nerveux électrique (Edgermont, 1985). Lors d'une stimulation électrique de la cochlée, les avis sur les modifications des réponses en fonction du temps de stimulation sont partagés. Malgré l'absence de la transduction, certains auteurs montrent de grosses modifications de l'activité (Brimacombe et al, 1984 ; Dynes et al, 1992) en fonction de la durée de stimulation ; d'autres auteurs par contre ne trouve pas de variations des réponses (Killian et al, 1994). Ces divergences pourraient provenir de l'état fonctionnel du système auditif des populations étudiées par ces différents articles. Les populations animales qui sont rendues sourdes depuis longtemps et que l'on vient de réactiver par stimulation électrique de la cochlée présenteraient lors des premiers jours de stimulations des phénomènes d'adaptation importante ; à contrario des populations animales que l'on rendrait sourdes subitement puis que l'on stimulerait électriquement ne présenteraient pas de phénomènes d'adaptation de l'activité en fonction du temps de stimulation.

Aucune étude chez l'homme n'a été effectuée pour évaluer cet effet d'adaptation neurale par stimulation électrique de la cochlée. Lorsque l'on veut recueillir des PEAEP il est néanmoins nécessaire de pouvoir estimer ce phénomène car une adaptation importante provoquerait une disparition progressive des PEAEP en fonction du temps de stimulation.

Six sujets implantés cochléaires depuis plus de 1 an ont participé à cette étude. Pour chacun d'eux l'électrode 4 (basale) et 14 (apicale) ont été testées à 70% de la dynamique.

timulation 1

Stimulation 10

Somme

1-50

1-50

E

 
 
 

151-200

151-200

E

301-350

301-350

 

451-500

451-500

E

 
 
 
 
 
 

1151-1200 -----

1151-1200

E

Stop 3 min

Stop 3 min

 

Le protocole d'enregistrement schématisé figure 94 consiste à recueillir dix séries de 12 traces de 50 stimulations espacées de 100 stimulations. Après chaque série, un temps de repos de 3 min est nécessaire pour revenir à un état dit normal de l'excitabilité du système auditif. Ainsi chacune des 12 traces représente respectivement les PEAEP générés à 0-1, 3-4, 6-7, 9-10, 12-13, 15-16, 18-19, 21-22, 24-25, 27-28, 30-31, 33-34 secondes. Comme la fréquence de stimulation est de 50 Hz, chaque traçe représente respectivement les PEAEP générés par les 0-50, 150-200, 300-350, 450-500, 600-650, 750800, 900-950, 1050-1100, 1200-1250, 1350-1400, 1500-1550, 1550-1600ème stimulation. Afin d'améliorer le rapport signal sur bruit de chaque tracé, une sommation des dix séries est effectuée. Au final chaque courbe correspond à un moyennage de 500 stimulations. Afin d'analyser les PEAEP, le filtrage numérique post-traite

Figure 94 : Protocole d'enregistrement des PEAEP pour la mesure de l'adaptation.

Comme l'exemple du patient #1 représenté figure 95, la qualité des PEAEP pour chaque trace de 500 passages est bonne. Des mesures de latence et amplitude des ondes II, III, V ainsi que la mesure d'énergie globale du tracé ont été effectuées. L'analyse statistique par anova n'a pas montré de différence de latences ou/et amplitude ou/et énergie en fonction du temps de stimulation, cela pour les 2 électrodes testées.

Cette étude démontre que pour la population testée (stimulation électrique de la cochlée depuis plus d'un an), le phénomène d'adaptation de l'activité du système auditif en fonction de la durée de stimulation est négligeable à 70 % de la dynamique (pour les électrodes basales comme apicales) pour l'obtention des PEAEP. Il n'y a ni baisse ni désynchronisation de l'activité en fonction du temps de stimulation. Dans ce cas de figure le protocole d'enregistrement des PEAEP peut être indépendant du temps de stimulation ; seuls des facteurs augmentant le rapport signal sur bruit et temps d'enregistrement peuvent être pris en compte.

0 0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3:0 3.5 4.0 4'.5 5.0 5.5 6.0

0 0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5 5.0 5.5 6 0

Figure 95 Exemple de PEAEP pour le Patient # 1 en fonction du temps de stimulation pour les
électrodes 14 et 4. La dernière trace correspond à la moyenne des 12 :

Par contre, cette étude limitée au niveau des conditions étudiées ne répond pas à l'éventuelle adaptation de l'activité auditive pour des populations sourdes que l'on vient juste de réhabiliter (cas des PEAEP pré et per opératoire). De plus l'adaptation à des niveaux faibles d'intensité n'a pas été étudiée.

Période réfractaire et PEAEP :

Des études effectuées chez l'animal (Stypulkowski et van den Honert, 1984 ; Miller et al, 1993) puis chez l'homme (Abbas et Brown, 1991 ; Kasper, 1992) ont décrit la possibilité de mesurer la période réfractaire des circuits du système auditif avec les PEAP et/ou PEAEP et potentiels d'actions composites. Cette période réfractaire se traduit par une diminution de l'activité et de la synchronisation en fonction de la fréquence de stimulation acoustique et/ou électrique de la cochlée.

Les études de Abbas et Brown 1991 ont décrit les modifications de l'activité qui génère les PEAEP en fonction de la durée inter-stimulation électrique de la cochlée au niveau des amplitudes de l'onde V. Par contre aucune étude n'a analysé les latences et amplitudes des ondes II, III et V afin de mieux localiser et comprendre cette période réfractaire suite à une stimulation électrique.

L'objectif est d'étudier les modifications des caractéristiques des PEAEP en fonction de la durée inter- stimulation afin d'évaluer la fréquence de stimulation critique pour l'obtention des PEAEP.

12 sujets implantés cochléaires ont participé à cette étude. L'électrode 14 (apicale) a été testée à 70% de la dynamique pour des durées inter-stimulation de 17, 5, 4, 3, 2.5, 2, 1.6 et 1.3 ms.

Comme le montre le protocole d'enregistrement schématisé figure 96 les enregistrements se font en deux temps. Tout d'abord les PEAEP sont recueillis avec un délai inter-stimulation fixe de 17 ms (A). Puis on recueille les PEAEP avec deux stimulations espacées de dT et 2T-dT (B) ; cela permet d'avoir en moyenne le même nombre de stimulations par seconde que dans le premier enregistrement. De manière numérique, on soustrait ensuite le PEAEP (B) au PEAEP (A) ; la réponse obtenue représente le PEAEP provoqué par la deuxième impulsion.

A

B

B-A

Figure 96 : Principe de la mesure de période réfractaire via les PEAEP

2 3 4 5 6 7 8 9 10

17 ms 5 ms 4 ms

3 ms

2.5 ms 2 ms 1.6 ms

Tg

eVb

2 3 4 5 6 7 8 9 10

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

0

Figure 96 : Exemple sur 3 sujets des PEAEP en fonction de la durée inter-stimulation

Comme le montre la figure 97, la morphologie des PEAEP reste stable jusqu'à des durées inter stimulation de 1.3 à 4 ms suivant le patient. En dessous de cette durée, on assiste à une décomposition de l'onde V en 2 ondes Va et Vb. Cette décomposition pourrait s'expliquer par le fait que l'onde V réflète l'activité de plusieurs générateurs dont un qui a une période réfractaire plus longue que les autres. Ces variations inter-sujets semblent être intéressantes à analyser et à prendre en compte lors du réglage.

Malgré la tendance figure 98, les variations des amplitudes des ondes II, III ne sont pas statistiquement différentes suivant la durée inter-stimulation (F=1.5 ; F=1.3). Par contre l'amplitude de l'onde V subit de grosses modifications (F=3.4 p<0.005) ; cela peut sûrement s'expliquer par la décomposition de l'onde V qui réduit les amplitudes.

Lorsque l'on regarde l'évolution des latences des ondes, on montre une augmentation statistique des latences lorsque l'on réduit la durée inter-stimulation. Lorsque l'on compare les fluctuations des latences en fonction de la durée inter-stimulation, on constate d'après un test statistique que ces variations sont principalement générées avant l'onde II (F=8.359, p<0.001) ; les intervalles II-III, III-Va et II-Va ne sont pas dépendants de la durée inter stimulation.

 
 
 
 
 

e:; Wave II

5

e,

rl

Wave III

E

4

î% 3

 

0

Wave V

 
 

10

1

Interpoles intervol (ms)

= 0.8

0.6

0
· 1.5

E

· 1.2

n 0.9

0.4

15 0.2 1

10

Interpulse intervol (ms)

1.5

E 1.2

e

F 0.6

2

1.4

E 1.2

1.0

15. 0.8 0.6 0.4

.2 0.2

· 0.0

e --0.2

Figure 98 : Latences et amplitudes en fonction de la durée inter-stimulation chez 12 sujets.

La mesure de la période réfractaire de chacun des étages du système auditif le long du tronc cérébral peut être couplé à une mesure de la résolution temporelle de chaque patient. L'estimation de manière objective de la résolution temporelle d'un sujet implanté permettrait estimer le nombre d'informations par seconde que peut traiter le patient afin d'adapter le traitement du signal, en particulier la fréquence moyenne de stimulation.

En conclusion de ce paragraphe, l'adaptation liée au temps de stimulation a apparemment peu d'effet sur les PEAEP ; l'adaptation liée à la période réfractaire débute à des durées inter stimulation de 3 à 4 ms en moyenne. Ces deux constatations nous permettent d'élaborer un cahier des charges très peu contraignant pour l'obtention des PEAEP.

13/ Effet de l'Intensité de stimulation et de la zone stimulée

Nous avons voulu caractériser les modifications des caractéristiques des PEAEP (latences, amplitudes des ondes II, III et V) en fonction des caractéristiques essentielles de la stimulation via l'implant cochléaire multiélectrode Digisonic.

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"Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre"   Francis Bacon