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Approche pluridisciplinaire de l'absentéisme maladie, de l'accidentéisme et de l'externalisation des coûts de santé au travail : Le cas d'une entreprise de la grande distribution en France : CASINO

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par Daniel SANCHIS
Université Paris I - DEA Politiques sociales et société 2006
  

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Chapitre IV - Casino France (magasins) : Les mécanismes d'une externalisation croissante des coûts cachés de l'organisation du travail

Entreprise centenaire aux racines stéphanoises, Casino s'est imposée, aujourd'hui, comme l'un des acteurs majeurs sur le marché européen de la distribution en s'adaptant aux impératifs des marchés financiers et en associant les techniques modernes de gestion de l'emploi à ses traditions de gestion paternaliste.

A. Un des leaders « historiques » de la grande distribution :

Avec Carrefour, Auchan et Leclerc, Casino est l'une des enseignes de la
grande distribution les plus importantes et la plus ancienne des leaders actuels.

En effet, contrairement aux trois premiers qui datent de la seconde moitié du 20ème siècle, Casino a été fondé en 1898, par Geoffroy GUICHARD. C'est la seule enseigne de cette époque qui a réussi à se maintenir jusqu'à nos jours en s'adaptant aux évolutions du secteur, même si c'est au prix de la perte du pouvoir par la famille des fondateurs.

Avec 40 milliards de chiffre d'affaires en 2005, Casino appartient à l'un des groupes de distribution les plus importants avec les enseignes de magasins Casino, Monoprix, Franprix, Leader Price, Spar, etc.

· Le premier contrat de gérant mandataire est signé en 1898. Cette forme particulière de salariat, que Geoffroy GUICHARD a emprunté à la « Société Economique » de Reims, berceau des « Maisons à Succursales », est motivée par « le coût élevé de la main d'oeuvre nécessaire à l'époque pour le conditionnement des marchandises en vrac » (GUICHARD C. et G. et collectif, 1998). En effet, elle associe les liens de subordination du salarié à l'employeur du contrat de travail salarié à un pseudo statut d'entrepreneur qui le rend responsable sur ses propres revenus de l'embauche et de la rémunération de salariés du magasin.

En 1904, alors que les lois sur les retraites ouvrières sont en préparation, il créée la caisse de prévoyance et d'assurance décès. Casino, à l'instar des grandes entreprises industrielles de l'époque, va mettre en oeuvre une politique sociale et peser dans le débat sur la construction de l'Etat social (HATZFELD, 1971).

· En 1905, c'est la Société de Secours Mutuel qui assure un service médical et pharmaceutique gratuit et verse une indemnité aux salariés en maladie et aux femmes en couches des employés ( GUICHARD C. et G. et collectif, 1998, p. 14.).

· En 1923, à l'occasion de son 25ème anniversaire, est créée la Caisse de Retraites pour « assurer la sécurité des employés quittant la société pour des raisons d'âge ou pour d'autres raisons, sans prétendre suppléer l'Etat dans ses fonctions de pacificateur social » ( GUICHARD

C. et G. et collectif, 1998, p. 80). Ce système sera complété à l'occasion du 50ème anniversaire.

· En 1936, l'entreprise n'échappe pas aux mouvements sociaux d'ampleur qui marquent un tournant dans le déclin du paternalisme entrepreneurial caractérisant la politique sociale de l'entreprise.

· En 1986 un redéploiement stratégique est décidé pour faire face au développement d'une concurrence efficace des enseignes modernes d'hypermarchés, créées dans les années 60 (Carrefour, Auchan, Continent, Leclerc, etc.). Pendant cette période, en effet, la croissance rapide des nouvelles enseignes contribue à transformer profondément le secteur du commerce avec la quasi disparition brutale du mouvement coopératif de distribution et un affaiblissement progressif des « Maisons à Succursales » traditionnelles. Casino va rompre avec son histoire d'entreprise intégrée pour se recentrer sur son métier de base, la distribution, en orientant sa stratégie vers la modernisation de son parc de magasins et le développement des grandes surfaces. C'est ainsi que l'entreprise va céder progressivement la totalité de son patrimoine industriel, ainsi que les enseignes spécialisées afin de dégager des liquidités pour concentrer ses efforts sur la croissance interne, mais surtout sur des opérations de croissance externe afin de renforcer son appareil commercial, son positionnement géographique et plus récemment, une implantation internationale aux Etats-Unis, en Amérique latine, en Europe et en Asie.

Un des axes de ce repositionnement stratégique va être celui d'une nouvelle politique sociale qui va tenter de concilier la tradition paternaliste fondée sur la recherche de la fidélité de ses employés et le développement des politiques de flexibilités interne et externe.

La période que nous avons étudiée, (1992-2005), correspond à ce redéploiement stratégique et va se traduire, à la fois, par :

· Un développement du groupe par croissance externe, dont la principale acquisition porte sur le groupe Rallye (intégré dans le parc Casino en 1994), en notant que parallèlement à l'accord commercial entre les deux groupes, si l'enseigne Rallye a disparu, ce sont les actionnaires de ce groupe qui sont progressivement monté en puissance dans l'actionnariat de Casino.

· Un développement à l'international des activités,

· La filialisation des activités en 2000 qui se traduit par la sortie du siège social de Saint Etienne et des entrepôts du périmètre de Casino France, la nouvelle société Casino Distribution, ne conservant que les magasins à l'enseigne Casino.

· Une redistribution de l'actionnariat avec le désengagement des actionnaires historiques et une modernisation de la gouvernance du groupe qui rentre en bourse et figure, désormais, parmi les valeurs du CAC 40.

· La mise en place de l'accord de réduction du temps de travail en juin 1999.

· L'expérimentation de la transformation de certains supermarchés et hypermarchés en « Hard Discount ».

Calculs :

- Absentéisme maladie = Nb heures d'absence maladie x 100 (en % du temps de travail)

Fig. 16 Nb heures travaillées

- Absentéisme accidents du travail = Nb heures d'absence AT x 100 (en % du temps de travail) Fig. 16 Nb heures travaillées

- Absentéisme selon la durée = Nb jours d'absence AT (en Nb jours par salarié) Fig. 18
Effectif considéré

- Indicateur synthétique = Nb heures absence (maladie + AT + A Trajet) Fig. 17

Nb heures travaillées

Pour des raisons de commodité de lecture et de comparabilité les données présentées dans les graphiques sont le plus souvent exprimées en Indice 100 base 1994. Dans tous les cas, le lecteur pourra se reporter à l'annexe où l'ensemble des données de base sont présentées.

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