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Essai d'évaluation de la politique laitière en perspective de l'adhésion de lAlgérie à l'Organisation Mondiale du Commerce et à la Zone de Libre Echange avec l'Union Européenne


par KHERZAT Bahidja
Institut National Agronomique -ELHARRACH- - magister en sciences agronomiques 2007
  

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2- Les actions entreprises au niveau de la transformation :

Créé en 1969 l'ex-Office National du Lait (ONALAIT) qui avait hérité des trois coopératives de production opérant dans le secteur (Colaital Alger, Colac Constantine et La Clo Oran), a été chargé de :

Ø la collecte et le ramassage du lait ;

Ø la fabrication du lait et produits laitiers ;

Ø la distribution de ces produits jusqu'au détaillant.

Parallèlement, l'ONALAIT disposait du monopole sur l'importation de la matière première laitière pour combler l'insuffisance de la production laitière locale. Cette opportunité va l'entraîner, face à une demande croissante, à l'augmentation de plus en plus forte des importations si bien que son activité première qui fut la collecte et le ramassage du lait sera quelque peu délaissée. Le tableau-ci après donne un aperçu sur cet aspect qui a fortement marqué le devenir de l'entreprise.

Tableau N°11 : Evolution des quantités de lait traitées et transformées par l'ONALAIT

(Unité : litre)

Année

Lait en vrac importé

Lait recombiné avec la poudre et la MGLA

Lait ramassé localement

TOTAL

1969

10 626 000

0

29 066 000

39 682 000

1970

15 319 000

0

41 013 000

56 332 000

1971

23 303 000

0

34 252 000

57 555 000

1972

31 948 000

13 855 000

33 072 000

78 875 000

1973

35 994 000

78 836 000

32 612 000

14 744200

1974

24 104 000

133 045 000

33 160 000

190 309 000

1975

14 330 000

164 552 000

39 801 000

218 683 000

1976

 

210 668 000

59 600 000

270 268 000

1977

0

235 440 000

63 000 000

298 440 000

1978

0

253 152 000

56 000 000

309 152 000

1979

0

286 035 000

48 400 000

334 435 000

1980

0

378 500 000

43 500 000

422 000 000

Source : Industrie agro-alimentaire et dépendance envers les approvisionnements extérieurs :

le cas algérien. (Arif .S et Zga. K.)

On peut remarquer que les importations de lait en vrac ont été abandonnées à partir de 1975 pour laisser la place à la poudre de lait et MGLA qui de 13, 855 millions de litres équivalent en 1972 ont atteint 378, 5 millions de litres en 1980. En effet à partir de 1972, un changement de la politique laitière s'est opéré en faveur de la poudre de lait pour plusieurs raisons notables à l'époque notamment sur les gains en quantités transportées par la réduction des frais de transport maritime, une meilleure maniabilité de la poudre de lait et une réduction des risques d'avaries ou d'acidification.

Durant la même période, le ramassage du lait local n'a pas progressé. En 1980, avec 43,5 millions de litres ramassés, on se situait au même niveau que la moyenne de la décennie qui est de 44 millions de litres. Ce schéma de croissance privilégiât la logique importatrice par rapport à la recherche d'une dynamique productive interne.

« La mise en oeuvre d'une telle politique n'a pas manqué de déstructurer profondément les relations agriculture - industrie d'aval, en l'occurrence, ici, les relations entre l'industrie laitière et l'élevage bovin laitier. Elle a rendu illusoire toute possibilité de maîtriser la modernisation et l'intensification de l'élevage laitier local » (Boukella M. 1996).

Les unités de l'entreprise publique détenant le monopole de l'importation et agissant sous une tutelle étatique à planification centralisée, se sont désormais spécialisées dans l'importation et la transformation de la poudre de lait. S'agissant de reconstitution du lait, l'élargissement et l'accroissement des capacités de transformation des unités ont été opérés dans ce sens, délaissant ainsi les tâches à l'origine de la création de l'ONALAIT et sa mission première.

La chute du taux d'intégration du lait cru dans la production industrielle passant de 73% en 1969 à 7,6% en 1981, est hautement significative pour renseigner clairement sur l'extraversion des industries laitières publiques locales.

Pour remédier à cette situation une restructuration de la base industrielle algérienne laitière a été mise en oeuvre. Néanmoins elle ne répondait qu'au simple schéma de division des grandes entreprises de l'époque dans le contexte industriel du pays.

En faisant entrer l'industrie laitière au même titre que le reste du tissu industriel qu'il soit agro-alimentaire ou ayant toute autre vocation, de service ou de production, dans le schéma directeur de cette restructuration, les pouvoirs publics venaient de fermer de manière implicite l'accès à toute forme de développement de la filière dont les fondements sont en premier lieu agricoles et non pas industriels.

L'ONALAIT fut scindé (1983) en trois offices régionaux, dont l'activité principale sinon exclusive, restait la recombinaison à partir des importations de poudres de lait et la mise sur le marché de la consommation des quelques sous-produits obtenus. Les dix-sept unités de production en charge de cette activité sont ainsi réparties entre trois offices régionaux auxquels on avait assigné entre autres les missions de :

Figure N°09 : la restructuration de l'ONALAIT (1983)

ONALAIT

ORLAC

OROLAIT

ORELAIT

Restructuration

Unités de production : Unités de production : Unités de production :

(capacités : 100 000 (Capacité : 250 000 à (Capacités : 200 000 à

à 400 000 litres-jour) 500 000 litres-jour) 350 000 litres-jour)

Oran, Igli, Mascara, Birkhadem, Boudouaou, Annaba, Constantine,

Mostaganem, Tiaret, Draa ben khedda, Sétif, Batna

Saîda, Relizane, Tlemen Blida, les Arribs

Ø développer et gérer les industries de traitement et de transformation du lait et de ses dérivés ;

Ø assurer un approvisionnement régulier du marché par une répartition rationnelle et équilibrée du lait et des produits laitiers.

Ces missions confiées aux offices régionaux ont influé de manière décisive sur l'extension des capacités de transformation. Ainsi ; « Sous sa nouvelle forme d'office régional, l'industrie laitière a amélioré les capacités de production de ses usines qui sont passées de 682, 5 millions de litres en 1982 à 1 574, 6 millions de litres en 1992 (Boulahchiche N. 1997)

Parallèlement, les quelques efforts consentis pour l'amélioration de la production laitière locale au début du second plan quinquennal (1985/89) ont bien vite été estompés devant le formidable essor que la recombinaison du lait a connu. Ainsi « Les livraisons de lait produit localement aux trois offices qui étaient d'environ 82 millions de litres en 1987, sont tombées à environ 37, 1 millions de litres en 1990 (3,6% des achats) » (Boulahchiche N. 1997)).

Les offices régionaux dont la gestion autonome permettait de favoriser le déploiement d'actions d'envergure, relatives à la vulgarisation des techniques, visant l'intensification de la production laitière et la formation professionnelle du personnel chargé d'exploiter les installations de traite, tel que cela était inscrit dans leurs missions de rapprochement du terrain producteur, n'ont pas suivi.

Les insuffisances d'organisation et de coordination en amont et en aval des activités de transformation, le fonctionnement quasi-total sur la base d'une matière première importée, le manque d'intérêt accordé aux actions à entreprendre en concertation avec une administration technique locale chargée de veiller sur la nécessité d'accroître la production laitière en quantité et qualité avec peu de moyens efficaces, ont fait que les offices régionaux se sont renfermés sur l'obligation de résultats visibles sur le marché de la consommation abandonnant leur participation au développement de la production laitière.

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