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Essai d'évaluation de la politique laitière en perspective de l'adhésion de lAlgérie à l'Organisation Mondiale du Commerce et à la Zone de Libre Echange avec l'Union Européenne

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par KHERZAT Bahidja
Institut National Agronomique -ELHARRACH- - magister en sciences agronomiques 2007
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La politique des prix :

La situation de désengagement délibéré des offices régionaux du développement de la production laitière locale, a été confortée par une politique de prix à la consommation d'un produit `stratégique' de base à l'alimentation, une disponibilité en devises fortes issues de la vente des hydrocarbures ainsi que la présence d'excédents importants en produits laitiers sur les marchés internationaux. « L'action fondamentale de l'Etat a été de développer la filière par le bas, c'est-à-dire en élargissant le marché » (Amellal R). 

De 1970 à 1985, le prix de cession du lait à la ferme est passé de 0,62 DA à 3 DA le litre. Durant la même période le prix de détail à la consommation est passé de 0,85 DA à 1,.30 DA le litre» (A. Bourbouze, A. Chouchen, A. Eddebbarh, J. Pluvinage, H. Yakhlef, 1989).

Cette disproportion entre les variations de prix de deux périodes, indique que des évènements profonds ont été enregistrés pour maintenir une situation paradoxale où le prix à la consommation qui était supérieur à celui de la ferme, est devenu quinze ans plus tard nettement inférieur de 2 fois et demi. La formation des coûts et leur administration ne répondaient plus à la logique économique. Cette situation ne peut s'expliquer (indirectement) que par le fait que les opérateurs économiques internationaux possédant des excédents en produits laitiers sur les marchés qu'ils détiennent, pour trouver acquéreur, ont influé sur le financement des investissements orientés vers l'installation d'infrastructures de transformation laitière, se créant ainsi un marché potentiel dans un pays hautement solvable et dont la production locale devrait rester à un niveau faible et peu développée.

La stratégie mise en place par ces opérateurs internationaux a tout de suite porté ses fruits. La consommation a très vite augmenté à l'intérieur du pays, provoquant une demande telle que seules des importations massives pouvaient satisfaire, surtout qu'à partir de la poudre de lait, on pouvait obtenir par reconstitution un lait très bon marché à un coût de moins de 1DA le litre en cette période.

La collecte du lait cru ayant ainsi été délaissée (la collecte de lait cru de1990 est inférieure à celle de 1970), les producteurs privés se sont tournés vers le marché informel d'autant plus que la vente se faisait sans peine à plus de 4 DA le litre. Toutefois cette tendance n'a pas permis pour autant un développement sensible de la production du lait cru, car la demande solvable pour ce produit est restée limitée du fait que la majorité des familles consommatrices de lait ne disposaient que d'un revenu faible les contraignant à s'orienter vers la production issue de l'industrie de transformation, vendue à un prix nettement plus bas.

Ainsi, on peut conclure sur cette période (de grande crédibilité d'une industrie industrialisante à l'aide d'usines clés en mains), que quelque part la politique des prix administrés n'est que le voile d'une stratégie inexorable que les mécanismes des marchés internationaux tendent à imposer de manière durable par la volonté, le savoir faire, la disponibilité, la qualité et le sérieux du service qui souvent ont fait défaut dans le suivi des orientations pour jeter les bases d'un développement durable de la production laitière locale.

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