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Essai d'évaluation de la politique laitière en perspective de l'adhésion de lAlgérie à l'Organisation Mondiale du Commerce et à la Zone de Libre Echange avec l'Union Européenne


par KHERZAT Bahidja
Institut National Agronomique -ELHARRACH- - magister en sciences agronomiques 2007
  

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4.- L'encadrement de l'élevage bovin :

a.- Les principales structures d'approvisionnement

- L'Office National des Aliment du Bétail (ONAB) :

Dans la logique du modèle de consommation prévu dès le triennal, fondé en majeure partie sur les apports protéiques du lait, et dans le but de satisfaire à la nécessité de modernisation d'un élevage bovin traditionnel dans toute sa dimension locale de l'époque, un organisme à caractère industriel et commercial a été crée en 1969 : l'Office National des Aliments du bétail (ONAB) chargé d'assurer :

Ø la production et la commercialisation des aliments composés ;

Ø la vulgarisation de l'emploi des aliments composés ;

Ø l'approvisionnement nécessaire aux programmes de production.

Ces missions s'élargissent à partir de 1970 à l'intégration de :

Ø la régulation des marchés des viandes rouges ;

Ø le développement de l'aviculture.

Mais l'office n'a pas mobilisé tous les efforts nécessaires à l'amélioration de l'alimentation destinée à l'élevage du bovin dont les insuffisances se situaient ailleurs, au niveau de la disponibilité du vert pour le lait. Ainsi, l'office s'est beaucoup plus orienté vers la satisfaction de l'alimentation avicole dont la majeure partie des composants était importée. Cette situation a conduit à une réduction substantielle de la part consacrée à l'alimentation du cheptel bovin pour ne représenter que 15% de la production totale de l'ONAB en 1992.

L'ONAB, entité de fabrication d'aliments composés, disposant d'une autorisation globale d'importation (AGI) des matières premières pour l'alimentation du cheptel national toutes espèces confondues, était devenu un opérateur important et particulier sur ce marché international. Les seules matières premières locales utilisées se résument au sel, au calcaire et à une partie de la production d'orge.

Dans cette situation, il était facile de fragiliser le système d'élevage local dans son ensemble et le rendre vulnérable et dépendant par son alimentation à partir d'une source puisant dans un marché international apparemment diversifié mais rigoureusement bien organisé. Ainsi l'on pouvait observer des approvisionnements parfois irréguliers et des ruptures de stocks, rendant la recherche de performances zootechniques (ITELV , INRAA) et même de tout progrès dans la production laitière locale, aléatoires.

La présence des organismes céréaliers, l'OAIC et ses CCLS (coopératives céréalières) d'une part et les ERIAD (issues de la restructuration de la SN SEMPAC) d'autre part, a souvent été mise à contribution pour la fourniture à l'ONAB et aux coopératives d'élevage du maïs et des issues de meunerie.

- L'Office National d'Approvisionnement et de Service Agricole (ONAPSA) :

L'ONAPSA, ayant succédé à la SAP (Société Agricole de Prévoyance) elle-même héritière de l'ex-SIP durant la colonisation (Société Indigène de Prévoyance), jouissant du monopole d'approvisionnement en intrants agricoles, s'est chargé de l'importation des produits et matériels vétérinaires, des équipements d'élevage, des semences fourragères et des animaux vivants. 

D'après Boulahchiche (1997) « l'ONAPSA contrôlait 80% du marché des produits vétérinaires, et importait 70% des génisses destinées au programme laitier ». Il n'en demeure pas moins, qu'intervenant dans la commercialisation de tous les intrants agricoles par le biais de ses CASAP, cet office se présentait beaucoup plus comme un organisme chargé de vendre au niveau du terrain tous les produits importés, que d'être une courroie de transmission du soutien à la production, mission pour laquelle il avait été établi.

Dès les premières mesures de libéralisation, l'ONAPSA ne pouvait plus supporter l'effet concurrentiel du secteur privé pour lequel le monopole des produits cités à l'importation constituait une entrave à son développement.

b.- L'administration au service de l'élevage bovin :

* L'administration agricole sur le terrain :

Le programme de développement de la production animale et en particulier de la production laitière établi par le Ministère de l'Agriculture visait notamment :

Ø la promotion des élevages (coordination des activités de développement, diffusion des techniques, contrôle de la production animale, ..) ;

Ø la protection sanitaire du cheptel ;

Ø Le contrôle et l'hygiène alimentaire.

La mise en oeuvre de ce programme fut confié aux Directions de l'agriculture de Wilaya auxquelles, était affecté un Inspecteur vétérinaire par Direction, chargé du suivi et de la coordination des opérations sanitaires à travers la Wilaya en collaboration avec les Wilayas limitrophes.

Jusqu'en 1990, peu de moyens ont été mis à la disposition de ces administrations, qu'il s'agisse de moyens de gestion technique, d'organisation des activités de terrain, ou financiers pour la réalisation des opérations de développement et d'accroissement de la production.

Certaines administrations de Wilaya ne disposaient même pas d'un moyen de déplacement approprié, ni de compétences nécessaires pour le relais, la planification et la projection des actions à entreprendre.

Cette situation a conduit ces administrations à un rôle qui s'est limité en matière de développement et de production au recueil et transmission de l'information et en matière sanitaire, au contrôle des abattoirs et à la surveillance épidémiologique.

A côté de cette structure administrative, au rôle limité en matière de développement de la production laitière, des institutions intervenant directement ou indirectement, ont été créées au fur et à mesure que le besoin s'est fait sentir ou que de nouvelles alternatives sont apparues. Ces structures sont :

* Les institutions techniques d'appui :

- Le Centre National d'Insémination Artificielle et d'Amélioration Génétique (CNIAAG) :

Ø Amélioration génétique.

Ø Développement et diffusion de l'insémination artificielle.

Ø Formation des agents d'intervention en appui aux instituts et coopératives spécialisées d'élevage de wilaya...

- L'Institut Technique d'Elevage Bovin et Ovin (ITEBO) :

Ø Amélioration du cheptel bovin par introduction de la productivité (développement des performances zootechniques).

Ø Amélioration des techniques d'élevage.

Ø Mise en place de réseaux de suivi et contrôle laitier.

- L'Institut National de la Santé Animale (INSA puis INMV) :

Ø Réseau d'observation et de détection des diverses épidémies éventuelles.

Ø Campagne de prévention (vaccination) : Conception et organisation.

Ø Homologation des produits vétérinaires.

Ø Vulgarisation de l'utilisation de nouveaux produits vétérinaires introduits.

* Les structures de recherche et de vulgarisation :

Le Centre National de la Recherche Zootechnique (CNRZ) dépendant de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) créé .en 1966, a eu pour mission de :

Ø Gérer les inventaires en ressources génétiques pour l'alimentation et la détermination de leur valeur alimentaire.

Ø Proposer les possibilités d'amélioration des systèmes et conduites de l'élevage.

Ø Etudier et améliorer la productivité du bovin de race locale.

Ø Proposer les voies d'implantation de races spécialisées pour le lait et la viande.

Toutefois, dès les premières années de la décennie 80, la création d'Instituts techniques spécialisés a entraîné le transfert de certaines stations de l'INRA vers ces Instituts. L'interruption des programmes de recherche menés par le CNRZ en 1976 et la reprise des activités expérimentales par de jeunes équipes d'ingénieurs au niveau des nouvelles institutions techniques a été à l'origine d'une perte de temps précieux. Par ailleurs l'absence d'un système de communication et de vulgarisation performant au niveau du terrain a fait que :

Ø La circulation de l'information était insuffisante.

Ø La productivité des ressources (financières et humaines) mises en oeuvre était faible.

Ø La refonte des programmes de recherche et de communication n'a pas été à la hauteur des résultats attendus.

Ainsi, il a été créé des Chambres d'agriculture avec pour objectif de faciliter le contact avec les producteurs et pouvoir identifier leurs contraintes en vue de mieux répondre à leurs attentes. Toutefois ces Chambres ont vite été vidées de leur sens et de leur moyens d'actions du fait qu'elles furent encadrées essentiellement par des représentants permanents de l'administration agricole et d'organisation de masse qui, jouissant d'un poids de décision considérable, évacuaient toute forme de proposition nouvelle ou d'expression d'une méthode d'approche introduisant le débat sur les objectifs arrêtés par la politique laitière mise en place. Plus tard, ces Chambres renaîtront avec d'autres objectifs dans d'autres circonstances

c.- Le système coopératif :

Mis en place par les pouvoirs publics pour asseoir la politique agricole, ce schéma d'organisation n'a pas pu apporter le développement attendu de la production laitière pour répondre à la demande sans cesse croissante sur le marché interne. L'accumulation des pratiques et des décisions inadéquates ont porté préjudice à la filière lait, accusant ainsi un retard considérable dans son développement qui s'est traduit, dès l'apparition d'insuffisances financières du pays en 1986, par des contraintes économiques majeures qui ont ébranlé fortement le fonctionnement de tout le système d'élevage du bovin et de la transformation du lait.

Les coopératives d'élevage, d'une part, et les structures liées à la transformation d'autre part, ont vu ainsi naître des contraintes conduisant à :

Ø une réduction des capacités de développement de la production nationale de lait ;

Ø l'abandon de l'élevage laitier par l'agriculteur au profit de spéculations plus rémunératrices

Ø un découvert bancaire des entreprises de transformation qui ont eu par ailleurs de plus en plus recours aux importations de lait en poudre au détriment du lait local ;

Ø Un endettement accru dû à des demandes d'augmentations importantes des enveloppes financières consacrées aux importations et aux subventions.

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