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Essai d'évaluation de la politique laitière en perspective de l'adhésion de lAlgérie à l'Organisation Mondiale du Commerce et à la Zone de Libre Echange avec l'Union Européenne


par KHERZAT Bahidja
Institut National Agronomique -ELHARRACH- - magister en sciences agronomiques 2007
  

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IV- LES NOUVELLES POLITIQUES LAITIERES:

A partir de 1992 et dans le cadre de la consultation nationale sur le développement de l'agriculture, un desserrement relativement complet de la situation de la production laitière nationale a été appréhendé dans le cadre global de la politique alimentaire sous une démarche filière. Ceci a permis l'examen des différents segments, marquant ainsi une rupture, avec les anciennes pratiques.

Cette démarche a été suivie par la création au niveau du Ministère de l'agriculture et de la pêche en 1994, d'une Commission chargée de promouvoir le développement de la production laitière.

Ainsi, en juin 1995, a été promulgué une Instruction ministérielle portant programme de réhabilitation de la production laitière. Par ce programme, une nouvelle phase s'ouvre pour la filière lait.

1- Les objectifs :

Trois points ont été retenus :

a- Augmenter la production nationale du lait cru, par l'atteinte à terme (5 ans) de l'objectif de 500 000 VL (BLM) et d'en améliorer la productivité en passant de 3 000 à 4 000 litre/VL, soit 2 milliards de litres.

b- Rechercher le taux d'intégration le plus élevé possible de la production nationale du lait cru et permettre ainsi la réhabilitation de l'industrie laitière dans sa fonction fondamentale économique, il s'agit d'atteindre un taux d'intégration à moyen terme de 25 à 30 %.

c- Augmenter la collecte du lait cru pour atteindre à moyen terme 400 millions de litres.

2.- Les actions entreprises :

Pour réaliser ces objectifs, des enveloppes financières ont été dégagées en conséquence depuis 1995. En matière de production, d'intégration et collecte du lait cru, l'enveloppe allouée à cette rubrique a été de 4 milliards de DA (+ 500 millions accordés en 2000).

Tableau N°12 : Répartition des dotations par rubrique

d'investissements (1995/1999).

Rubriques d'investissements

Dotations (millions DA)

Investissement à la ferme

Insémination artificielle

Laiteries

Centres de collecte

Citernes de transport

Production de reproducteur

794, 5

20, 0

240, 0

15, 0

20, 5

85, 0

Total rubrique

1 175, 0

Source : Ministère de l'agriculture.

La politique de réhabilitation de la production laitière nationale s'articulait autour de trois principaux programmes :

Ø La promotion de la collecte du lait cru :

par une prime d'incitation de 4 DA/litre, octroyée à l'éleveur qui livre son lait à la transformation à titre d'encouragement à la collecte ainsi qu'une aide complémentaire de 2 DA pour chaque litre de lait collecté et livré.

Ø L'incitation à la réalisation de mini - laiteries :

Un financement de 40 % de l'équipement d'une mini-laiterie d'une capacité de 5 000 à 10 000 litres est octroyé. Lorsque les investissements sont réalisés par des producteurs organisés en coopérative, ce financement est porté à 60% .

Ø Le développement de la production du lait :

Les éleveurs disposant de douze vaches laitières et plus et de 6 Ha de terre peuvent bénéficier d'un financement à concours de 50 % des installations d'étables, des équipements d'irrigation et de matériels de récolte, ainsi qu'à 30 % pour les matériels laitiers.

Pour la réalisation de ce programme il y a eu la création d'un Conseil National Interprofessionnel du lait et d'un Office Interprofessionnel du lait.

Ø La création du Conseil marque la rupture avec les politiques antérieures et l'enclenchement d'une nouvelle ère de concertation par l'intervention de l'ensemble des opérateurs de la filière.

Ø L'Office Interprofessionnel du lait : regroupe les représentants des partenaires de la filière y compris les consommateurs et l'administration publique (Agriculture, Finance, Commerce, Industrie). Il prend en charge la responsabilité de l'organisation des marchés agricoles du lait et produits laitiers et en partie les politiques d'incitation au développement. Ainsi, sur la base des stratégies arrêtées au niveau national, les politiques d'aides publiques, de protection des revenus, de stockage stratégique, seront exécutées par les professionnels.

3.- Les résultats du programme de réhabilitation de la production laitière :

a- Analyse du contenu du programme :

Ce programme initié par le Ministère de l'agriculture, rend l'intervention d'autres acteurs institutionnels concernés, tels que les structures du Commerce, des Finances ou du Holding alimentaire de base, peu perceptibles. (Amroun M.et al).

La définition des tâches et des responsabilités accordées à ces différentes structures n'est que peu apparente, si ce n'est qu'à travers les prérogatives spécifiques à leurs fonctions. Mis à part le fait que plusieurs intervenants peuvent créer une confusion en l'absence d'un système d'organisation efficace, ces structures par leur participation active auraient pu assurer une meilleure pertinence des mesures arrêtées et même faciliter leur mise en oeuvre.

La réhabilitation implique explicitement un constat d'échec de ce qui a précédé après avoir atteint un certain niveau de développement auparavant. Dans la réalité concrète du terrain, aucun programme de développement et d'intensification de la production laitière initié jusque là n'a pu atteindre les objectifs fixés tout à fait au début du système de planification. De même, le constat de la situation de la filière remettait en cause les politiques antérieures et la politique des prix alors que celles-ci répondaient à des impératifs du moment qui induisait une logique à tort ou à raison dans le cadre d'un système socio-économique particulier.

Le choix du module de 12 vaches laitières au minimum pour pouvoir bénéficier des aides et la mise à l'écart des éleveurs hors sol par l'exigence de la disponibilité de 6 Ha de terres, indique qu'il s'agit d'un tâtonnement et non pas d'une étude rigoureuse fondée sur des principes de gestion et d'organisation modernes. Le peu de fiabilité accordée aux données recueillies serait à l'origine de cette faiblesse...

b- Analyse par rapport aux réalisations :

Figure n°10 : Collecte annuelle du lait cru livré à GIPLAIT

(En m3  de 1996 à 2001)

140 000

130 000

120 000

110 000

100 000

90 000

80 000

70 000

60 000

50 000

40 000

30 000

20 000

10 000

1996 1997 1998 1999 2000 2001

Total GIPLAIT

Zone Centre

Zone Est

Zone Ouest

La promotion de la production et de la collecte de lait cru attendue à travers l'instauration des mesures incitatrices du programme de réhabilitation mis en place dès la fin de l'année 1995 n'a pas eu lieu. GIPLAIT seul opérateur public sur la place, n'a atteint que 25 % des objectifs arrêtés pour l'année 2000, (100, 8 millions de litres ou lieu des 400 millions de litres attendus).

En fait la collecte de lait a régressé de manière générale dans les trois zones de production (BLM). De 137, 6 millions de litres, elle est descendue à 91, 4 millions de litres en 2001.

On peut remarquer à titre indicatif que la zone Est qui concentre 5 fois plus de cheptel BLM que la zone Ouest n'a permis une collecte à partir de 1997 que de près de la moitié de celle de zone Ouest. Cette situation s'expliquerait essentiellement par un marché informel de consommation de lait cru très actif à l'Est du pays. Par contre, à l'Ouest, malgré la longue période de sécheresse qui a prévalu durant cette période le niveau de collecte s'est maintenu aux deux tiers de celui de l'année de départ du programme.

Les investissements réalisés au cours de cette période sont restés faibles et peu significatifs devant l'ampleur de la tâche assignée. Dès la mise en oeuvre du programme les fortes turbulences socio économiques du moment, la lourdeur du mécanisme de l'octroi du soutien, l'implantation insuffisante et inefficace des structures de suivi et la pratique de la culture a forte plus value au détriment des cultures fourragères ont achevés de le rendre sans résultats probants. Le tableau ci-après regroupe, parmi les principales actions engagées et quelques résultats significatifs, les faiblesses dans la réalisation des objectifs retenus par le programme

Tableau N°13: Inventaire des faiblesses de réalisation du programme de réhabilitation

(Arrêté au 31/12/2000).

Rubrique

Objectif

(unité)

Réalisation (unité)

Taux (%) réalisation

Wilayas

concernées

Insémination

artificielle

30 000

2 211

7,37

-

Production génisses *

1 000

140

14

-

Laiteries

58

5

8,62

Bejaia, Blida, Bouira M'Sila, Ghardaia

Centres collecte

50

3

6

Médéa M'Sila

Citernes transport

40

7

17,5

Blida , SBA, M'Sila

Source : Ministère de l'Agriculture.

* Il s'agit de l'année 2000 uniquement

Malgré les efforts consentis dans ce programme de développement de la production laitière le constat reste le même : objectif fixé non atteint. L'intervention de l'Etat s'est soldée par des résultats peu significatifs sur les niveaux de production laitière et de collecte.

Tableau N°14: Consommation des crédits accordés dans le cadre de la politique de réhabilitation de la production laitière (1995/2000).

Unité : millions DA

Rubrique

Montant accordé

Consommé

1995 à 99

Taux

%

Consommé

du 1/1/2000

au 31/12/2000

Total au

31/12/2000

Taux %

cumulé

Collecte de lait

Investis à la ferme

Laiteries

Product. génisses

Citernes

Ins. Artificielle

Centre collecte

Total

4000,0

794,5

240,0

85,0

20,0

20,0

15,0

5174,5

1562,81

227,30

8,00

0,12

3,16

3,39

1,88

1806,66

39,07

28,01

3,33

0,14

15,41

16,95

12,53

34,91

868,06

48,0

20,00

0,80

3,20

2,83

0,60

943,49

2431

275,33

28,00

0,94

6,36

6,22

2,48

2750,33

54,00

34,60

11,60

1,10

31,00

31,00

16,50

53,15

Source : Ministère de l'agriculture.

Il n'en demeure pas moins que la consommation des crédits accordés a été largement entamée et a dépassé la moitié des prévisions.

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