WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Essai d'évaluation de la politique laitière en perspective de l'adhésion de lAlgérie à l'Organisation Mondiale du Commerce et à la Zone de Libre Echange avec l'Union Européenne


par KHERZAT Bahidja
Institut National Agronomique -ELHARRACH- - magister en sciences agronomiques 2007
  

précédent sommaire suivant

VII.- CONCLUSION DE LA SECONDE PARTIE 

Dans cette seconde partie, l'inventaire des étapes traversées par l'élevage bovin laitier a été réalisé. Cet inventaire fait le point sur les politiques laitières menées et les résultats obtenus. Une analyse fondée sur les données disponibles à chaque étape a permis de constater que beaucoup d'insuffisances subsistent notamment en matière d'actions visant le développement réel de l'élevage laitier.

L'idée maîtresse autour de laquelle a été fondée toute l'industrie de transformation par l'installation d'usines « clés en mains » fonctionnant sur la base d'importations de poudre de lait a - t - elle encore cours de nos jours, à l'entrée imminente dans la zone de libre échange ? Le lait comme source de protéines à moindre prix est - il encore un produit stratégique au sens d'un produit de base indispensable pour l'alimentation de la population sans autre alternative ?

Il est indéniable que l'Etat a déployé des efforts considérables compte tenu de la situation socio-économique du pays. Néanmoins, les résultats de développement du bovin laitier sont restés souvent imperceptibles, parce que les habitudes de consommation de ce produit font partie du quotidien qu'il est difficile de changer, au même titre que la facilité d'importation et de transformation.

L'Algérie produisait environ 200 millions de litres (dont 40 millions étaient livrés aux centrales laitières existantes) et importait 15 millions de litres de lait cru, soit 21,5 litres par habitant pour les 10 millions d'Algériens de l'époque. Aujourd'hui il est mis sur le marché 1,66 milliard de litres dont environ les deux - tiers sont produits sur place et à partir desquels, il est collecté environ 110 millions de litres pour la transformation qui réalise environ 1 milliard de litres.

L'Algérie consomme environ 105 litres de lait / habitant et par an, aujourd'hui.

Devant les termes de cette équation, il est inopportun de dire que peu de choses ont été réalisées. Toutefois, il reste un tiers de la consommation en lait qui n'est pas produit par le bovin laitier local qu'il faudrait combler dans les conditions actuelles.

Plus le temps passe, plus il faudra intégrer de nouveaux paramètres d'incertitude, la vitesse d'urbanisation, l'amélioration du niveau de consommation, le pouvoir d'achat, qui, au fur et à mesure influeront de manière décisive sur la nature et le contenu des politiques laitières à entreprendre.

C'est au niveau du volume de production du bovin laitier local qu'il faudrait réfléchir dorénavant. Les surfaces en vert qui lui sont réservées sont passées de 40 m² équivalent luzerne/ vache laitière à 200 m², aujourd'hui. Il en faudra 10 fois plus au moins pour satisfaire les besoins de l'alimentation animale laitière et partant la consommation en lait humaine à un niveau de développement moyen.

Ceci se traduit par la mise en valeur à l'irrigué d'une surface de 220 000 hectares à réserver au bovin laitier. Comme cette activité est déterminante des systèmes de cultures des exploitations lorsqu'elle devient présente, l'intensification de la production laitière au niveau de ces exploitations, ne peut s'effectuer que par la création ou l'extension de périmètres irrigués et des superficies fourragères, l'encadrement technique des éleveurs et l'appui financier adéquat par un système de crédits efficient.

Le programme de réhabilitation de la filière lait initié à partir de 1995 constitue un premier jalon ; les améliorations apportées à partir du début de ce millénaire sont intéressantes à plus d'un titre mais restent insuffisantes. La profession considère que l'appui physique et financier est trop limité qu'il s'agisse de mise en valeur, d'acquisition de cheptel ou d'équipements. La vitesse de réalisation est très faible pour résorber le retard considérable accumulé depuis l'Indépendance dans ce domaine d'activité. Des efforts considérables restent à déployer pour agencer les besoins réels de la filière aux objectifs de consommation.

précédent sommaire suivant