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Essai d'évaluation de la politique laitière en perspective de l'adhésion de lAlgérie à l'Organisation Mondiale du Commerce et à la Zone de Libre Echange avec l'Union Européenne


par KHERZAT Bahidja
Institut National Agronomique -ELHARRACH- - magister en sciences agronomiques 2007
  

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4. - Caractéristiques de l'échantillon étudié :

Notre échantillon a été réalisé sur la base de données obtenues aux niveau de la laiterie de Draâ Ben Khedda qui a bien voulu nous ouvrir ses portes, en nous fournissant les informations nécessaires pour notre étude, avec l'aide précieuse du Contrôleur laitier de la région (membre du CIZ de ITELV), ainsi que des agents des subdivisions agricoles. Ce choix résulte des difficultés rencontrées sur le terrain durant l'enquête quant à la disponibilité d'informations fiables concernant les structures d'élevages, la répartition des éleveurs etc., pour pouvoir établir un échantillon représentatif de la région d'étude de manière adéquate. Par ailleurs les difficultés quant à l'obtention de l'accord de l'éleveur et des industries privées n'ont pas été des moindres à surmonter.

a.- Localisation des exploitations :

Pour disposer d'une bonne fiabilité des données à recueillir, l'échantillonnage des exploitations s'appuie sur un circuit de contrôle laitier faisant partie d'un système mis en place par l'ITELV pour le suivi zootechnique.

Deux pôles centraux ont été identifiés pour les besoins de l'étude et comme point de départ et de ralliement pour des interventions de terrain durant la période de suivi. Dans les Dairas d'Azazga et d'Ouguenoun au niveau des Communes respectivement de Fréha (avec 86 éleveurs en 2003) et de Timizart, la production laitière est fortement concentrée. Ces deux communes ont constitué les deux pôles d'intervention centraux durant l'étude.

Tableau N°30 : Répartition des exploitations par région et par statut juridique.

Wilaya

Daira

Commune

Statut juridique/Exploitation

Total

Tizi-Ouzou

Draâ Ben Khedda

Draâ Ben Khedda

Ferme pilote de DBK

18

Azazga

Freha

5 Fermes privées :

B.Chitti, H.Bouali, R.Arezki, M.Kaci, A.Arezki

Azazga

3 Fermes privées :

M.Saghi, L.Saadoudi, S.Zaidat

Ouguenoun

Ouguenoun

1 Ferme privée :

A.Ouchilli

Timizart

5 Ferme privées :

M .Ait Amar, N. Hannachi, A. Ounouh, S. Auguemat, H. Iamerache

Tigzirt

Mizrana

1 Ferme privée :

A.Sidhoum

Aghribs

1Ferme privée:

D.Ouguenoun

Sidi Naâman

1 Ferme privée :

A.Abdelrahmane

Boumerdes

Naciria

Naciria

1Ferme privée :

H.Moussaoui

2

Bordj-Ménael

Bordj-Ménael

1 EAC Benghriche

L'échantillon retenu pour les besoins de l'étude des élevages bovins laitiers comprend :

- Une ferme pilote ;

- Une exploitation agricole collective (EAC) ;

- 18 fermes privées.

b.- L'assiette foncière :

L'insuffisance de disponibilité en terres se pose avec acuité pour les exploitants de l'échantillon retenu. Cette situation est aussi valable pour l'ensemble de la zone d'étude. Elle l'est aussi au niveau national où l'on observe parfois des élevages hors sol et souvent des éleveurs obligés de limiter le troupeau en fonction de la disponibilité des terres fertiles et de l'eau.

Tableau N°31 : Répartition des terres de l'échantillon

Désignation

Assiette

foncière

Surface louée en plus

Surface en fourrages

Surface en céréales

Surface fourragère irriguée

Surface pour autres cultures

Hectares

771, 24

199

432, 04

104

122, 80

39, 20

Sur les 20 exploitations, seulement 4 dépassent 30 hectares (parmi lesquelles la ferme pilote et l'EAC), 8 ont moins de 10 hectares, sept (7) sont des fermes de taille moyenne entre (10 et 30 ha) et enfin l'un des exploitants laitier retenu ne possède pas de terre.

Souvent les exploitants sont contraints de se rabattre sur la location pour combler leur déficit, palier aux fluctuations de la disponibilité de l'aliment et sa cherté sur le marché. Tous les éleveurs enquêtés s'accordent sur les contraintes de disponibilité des terres, la difficulté à trouver des terres à louer et le nombre d'hectares désiré au moment voulu, (premier arrivé premier servi).

Le fourrage occupe dans la plupart des exploitations plus de 40% de leur superficie (sauf pour trois d'entre elles). Près de la moitié des exploitations (9) pratiquent la polyculture où l'arboriculture, le maraîchage et la vigne à côté de l'élevage, occupent de bonnes places dans le revenu de l'exploitant

c.- Sources d'alimentation du cheptel :

Sur les 970 ha (constituant l'assiette foncière de l'échantillon y compris les terres en location), 550 ha sont réservés annuellement aux cultures fourragères soit plus de la moitié dont un peu plus des deux tiers sont destinés à l'affourragement en vert pour la production laitière principalement. Le foin sec récolté au printemps est composé essentiellement d'avoine et parfois en mélange avec le pois et ou la vesce lorsqu'ils sont disponibles sur le marché des semences.

Tableau N°32 : L'assolement fourrager des exploitations de l'échantillon.

Culture

Avoine

Sorgho

Trèfle

Orge

Ray gras

Luzerne

Total

Surface (Ha)

196

115.8

30

42.24

39

9

432.04

% du Total

45, 37

26,80

6.95

9,78

9.02

2,08

100

Le sorgho, le trèfle, l'orge, le ray gras et la luzerne sont pratiqués pour une récolte en vert. L'orge est souvent pâturée vers la fin de l'automne et pendant la période hivernale. Le sorgho et la luzerne sont conduits à l'irriguer. La luzerne permet souvent de réaliser au moins trois coupes et parfois quatre espacées de 75 à 100 jours.

Si le rendement laitier est fortement lié aux disponibilités fourragères, il n'en demeure pas moins que la ration alimentaire distribuée quotidiennement est renforcée par le concentré qui occupe une place plus ou moins importante selon l'état des vaches et des saisons, (entre 1,5 à 15 kg par jour de `VL 15' et 4 à 20 kg par jour de son gros). Ce choix d'utilisation du concentré s'explique en partie par la faiblesse des surfaces fourragères et leur rendement médiocre mais aussi par la nécessité de croissance et du poids recherché des animaux.

L'abreuvement des animaux est un facteur de préoccupation du fait que souvent dans les élevages laitiers enquêtés la disponibilité de l'eau est disparate et très variable. On utilise des puits, de l'eau du robinet, des sources, des retenues collinaires et des oueds ; on achète aussi de l'eau en citerne...

L'abreuvement périodique semble être la règle (60%), il varie de 1 à 2 fois par jour en hiver et 3 à 4 fois par jour en été. Il se fait à l'aide d'un bassin collectif dont la propreté laisse à désirer. L'abreuvement automatique est très peu utilisé. On le trouve dans les deux exploitations les plus modernisées : la ferme pilote et l'EAC.

Cette conjoncture est surtout le résultat d'une insuffisance de réalisation dans les investissements publics octroyés au niveau rural pour la mobilisation de l'eau et l'extension des surfaces irriguées ou du moins pour l'abreuvement du cheptel au même titre que l'eau potable pour la population. Cette dimension du développement rural ne peut être ignorée ; elle conditionne la maîtrise du secteur et de son environnement.

d.- Composition du cheptel de l'échantillon :

Tableau N°33 : La répartition du cheptel de l'enquête

Catégorie

Vache laitière

Génisse

Génisse pleine

Veau

Velle

Taurillon

Taureau

total

Nombre de têtes

366

156

103

68

94

92

31

910

% du total

40, 2

17,1

11,3

7,5

10,4

10,1

3,4

100

Le cheptel de l'échantillon est essentiellement constitué à partir des races introduites Pie noire et Pie rouge. Cependant, quelques traces du patrimoine local restent parfois observables chez quelques descendants. Le renouvellement s'effectue par la reproduction. Cette option a été fortement sollicitée au cours des dernières années notamment suite à l'interdiction de l'importation du cheptel bovin pour prévenir contre les épidémies (USB) qui ont ravagé le cheptel en Europe.

La ferme pilote détient 22,64 % du total cheptel et 21,04 % des vaches laitières. Dans les fermes privées, la taille moyenne des élevages est de 15 têtes. Cette faiblesse de l'effectif est expliquée par les éleveurs comme le résultat du manque crucial de terre et d'eau. Ces deux facteurs contribuent fortement à la limitation du développement de l'élevage bovin. A partir de ce niveau (15 têtes), la rentabilité du cheptel devient dés lors peu intéressante pour l'éleveur. Il se sentira obligé d'associer d'autres spéculations à fortes plus values pour combler cette faiblesse et assurer un revenu décent à sa famille.

La plupart des éleveurs sont convaincus qu'un accroissement des surfaces agricoles et une meilleure disponibilité en eau, contribueront à une croissance irréversible de l'élevage aux conditions actuelles d'activité énoncées au préalable. Il leur permettrait d'assurer un revenu satisfaisant et de pérenniser l'élevage laitier.

Le niveau de 15 têtes indique que l'éleveur devra posséder un minimum de 7 vaches laitières en lactation et leurs descendances qui lui assurent chaque année au moins la vente de 2 taurillons et une vache réformée, le renouvellement du cheptel et la réforme ainsi que 10 000 litres de lait. Cette situation lui permettrait d'enregistrer une recette évaluée à 450 000 DA annuellement1 sur laquelle il dépenserait au moins 250 000 DA pour l'alimentation de son cheptel et les soins vétérinaires2, le reste pour sa famille et la maintenance de son patrimoine.

e.- Les mouvements de stocks du cheptel bovin de l'échantillon :

La variation annuelle de stock du cheptel représente environ le tiers de l'effectif en place. Les réformes concernent en moyenne le 1/7 des vaches laitières. Cet état de fait indique que lorsque l'âge de la reproduction devient légèrement aléatoire, les vaches laitières sont réformées. La réforme des vaches (9 - 10 ans) indique aussi que la carcasse est fortement rémunératrice. Durant la période de l'enquête, les réformes ont concerné 57 vaches laitières annuellement. Il semble que ce chiffre aurait été inférieur avant l'enquête.

Tableau N°34 : la répartition des réformes et ventes d'animaux

Catégorie

Veau

Velle

Taurillon

Taureau

Vache

total

Nombre de têtes

49

30

108

73

57

317

Les ventes d'animaux concernent les mâles principalement ; les femelles sont généralement placées dès leur naissance au niveau de l'exploitation ou celle des proches et voisins pour le renouvellement des stocks en production et leur accroissement.

L'effectif mis sur le marché pour la vente et l'achat est fortement lié à la pureté de la race de la mère, au gabarit et à l'héritage génétique de la mère alors que dans les structures de suivi, il s'agit de descendance du père...

1. Recettes =2 taurillons + vache réformée + production lait

450 000 DA= (2*70 000DA) + 90 000DA + (10 000 litres*22 DA/Litre).

2. Sur les 250 000 DA de dépenses : 50% concernent la production de fourrages, 34,5% les compléments en aliments de bétail, 5,5% en soins vétérinaires et 10% pour l'eau et l'énergie.

f.- La production laitière de l'échantillon retenu:

La production laitière est soumise à des fluctuations tout au long de l'année. L'hiver, la lactation moyenne pour les vaches de l'échantillon varie de 6 à 10 litres. Les meilleurs rendements sont obtenus pendant la période de printemps avec la venue de la production fourragère en vert, la lactation moyenne, varie entre 11 et 19 litres par vache laitière traitée. La durée moyenne de production de lait, varie d'une vache à l'autre ; elle a été de 180 jours pour les plus faibles à 335 jours pour les plus fortes. Par contre la durée moyenne de lactation par exploitation est plus ramassée, elle est variable entre 9 et 10 mois (entre 265 à 300 jours plus exactement).

Tableau N°35 : La production laitière annuelle par exploitation.

Exploitation

Nombre de vaches laitières

Production laitière (litre/an)

Moyenne par vache

(litre / an)

01

77

259 706

3372, 80

02

14

25 550

1825, 00

03

33

40 280

1220, 60

04

12

23 475

1956, 25

05

16

55 825

3489, 06

06

15

43 300

2886, 66

07

10

36 725

3672, 50

08

30

94 170

3139, 00

09

11

40 550

3686, 36

10

5

18 000

3600, 00

11

14

51 350

3667, 86

12

15

91 145

3645, 80

13

10

36 610

3661, 00

14

16

60 750

3796, 87

15

8

26 325

3290, 62

16

10

35 420

3542, 00

17

9

28 490

3165, 55

18

19

67 825

3569, 73

19

17

61 300

3605, 88

20

15

55 180

3678, 66

TOTAL

366

1 151 976

3147, 47

16 Exploitations sur les 20 retenues ont une moyenne de production supérieure à 3000 litres par an parmi lesquelles 11 dépassent les 3500 litres / an. Ceci indique qu'un intérêt particulier est accordé à cette activité. Pratiquement toutes les exploitations sont à un niveau de production laitière appréciable.

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