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Essai d'évaluation de la politique laitière en perspective de l'adhésion de lAlgérie à l'Organisation Mondiale du Commerce et à la Zone de Libre Echange avec l'Union Européenne


par KHERZAT Bahidja
Institut National Agronomique -ELHARRACH- - magister en sciences agronomiques 2007
  

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2.- Evaluation des effets des politiques sur la production laitière :

a) Au niveau de la ferme :

A ce niveau d'analyse, il est utile de fixer au départ la réalité économique : le lait cru est cédé au niveau de la ferme au prix calculé sur la base de l'échantillon d'exploitations retenues à 27, 59 DA le litre plus une prime moyenne de 6,5 DA le litre calculée, (voir calcul en annexe).

Le prix de revient est calculé à partir de l'échantillon des exploitations retenues par la méthode d'Oscarsson (1971) tel que :

Prix de revient du litre de lait = (Total des charges - Produits annexes) / Quantité de lait produite par l'exploitation. Il est de 24,16 DA le litre.

Cette situation confirme que le soutien n'a pour but que de compenser les incohérences et insuffisances de disponibilités des intrants, supportées par le producteur. Ainsi, on peut qualifier le soutien de prime compensatoire.

On peut observer au niveau des exploitations n° 3, 4 et 13 que le coût est négatif ce qui signifie que les produits annexes qui ne sont autres que la vente des veaux, du fumier, etc..., couvrent la totalité des charges d'élevage dont l'activité principale est le lait.

Par contre pour les exploitations n° 10, 17, 19 et 20, le prix de revient est très élevé ce qui signifie que les charges d'exploitation de l'élevage sont très élevées par rapport aux produits annexes et à la quantité de lait produite. La cause principale de cette situation est, notamment pour les exploitations n° 10 et 17, la faiblesse du nombre de têtes de l'exploitation (5 et 9 VL respectivement). Pour les exploitations 19 et 20, il s'agit d'insuffisance dans la gestion sanitaire du cheptel.

Tableau N°37 : Prix de revient du litre de lait (Exploitations de l'échantillon) 2003/2004

(Unité : Dinar Algérien (DA)

EXP

Charges totales d'élevage

production annexe

production laitière en litres

Coût du litre lait

EXP01

17 966 326

10 172 215

259 706

30, 01

EXP02

1 791 150

1 040 000

25 550

29, 40

EXP03

1 973 930

2 180 000

40 280

-5, 12

EXP04

1 895 500

2 780 000

23 475

-37, 68

EXP05

1 901 550

580 000

55 825

23 ,67

EXP06

2 400 100

900 000

43 300

34, 64

EXP07

2 661 400

2 200 000

36 725

12, 56

EXP08

3 861 340

1 280 000

94 170

27, 41

EXP09

1 448 840

1 138 000

40 550

7, 67

EXP10

1 479 925

130 000

18 000

75, 00

EXP11

3 225 700

2 400 000

51350

16, 08

EXP12

3 477 500

1 840 000

91 175

17, 96

EXP13

1 744 000

2 040 000

36 610

-8, 09

EXP14

1 313 100

488 000

60 750

13,58

EXP15

1 277 627

140 000

26 325

43, 21

EXP16

1 726 800

730 000

35 420

28, 14

EXP17

1 994 770

230 000

28 490

61, 94

EXP18

2 195 200

1 000 000

67 825

17, 62

EXP19

3 782 800

1 520 000

61 300

36, 91

EXP20

2 872 100

372 000

55 180

45, 31

MOYENNE

3 049 483

1 658 010,77

57 600,3

24, 16

Ces résultats mettent en évidence la réalité de l'élevage en Algérie : une faible maîtrise des techniques d'élevage (OFLIVE 2001) conduisant à des dépenses de plus en plus importantes, que les ventes de produits sont parfois incapables de couvrir.

Pour procéder à l'analyse des effets des politiques laitières au niveau de l'exploitation, il a été retenu comme prix financier, le prix moyen de cession calculé à partir de notre échantillon et comme prix économique, le prix établi à partir d'une moyenne des prix à la ferme de quelques pays européens comme référence (Hollande, Allemagne, France, Portugal). Ce prix économique est obtenu aux termes d'un taux de change retenu pour les besoins de l'analyse à 1 Euro = 100 DA(1 Euro=1.32 $, 1$=75 DA), et de la prise en compte des aides de l'Etat dans les pays européens comme incluses dans le prix de référence. (Veerman C.)

Tableau N°38 : Analyse des coûts du lait cru : Base Exploitations de l'échantillon.

Unité : DA/Litre

Rubrique

Structure

Prix financier

Prix économique

Transfert

Produits

Prix du litre de lait

Aide par litre de lait

27.59

6.50

32,00

-

-4.41

6.50

Sous total 1

Prix Produit

 

34,09

32,00

2,09

Biens échangeables (BE)

Energie

Produits vétérinaires

Charges alimentaires

Charges diverses

Produits d'entretien

1.88

0.46

10,00

0.34

0.15

2.17

0.52

11.6

0.39

0.17

-0.29

-0.06

-1.60

-0.05

-0.02

Sous total 2

(BE)

 

12,83

14,85

-2,02

Biens non échangeables (BNE)

Terre

Main d'oeuvre

Maintenance

Amortissement

0.54

8.17

0.69

1.43

0.63

9.48

0.69

1.43

-0.09

-1.31

0

0

Ss total 3

(BNE)

 

10,83

12,23

-1,40

Sous total 4 =(BE+BNE)

23,66

27.08

-2.93

Autres charges (5)

0,49

-

-

Profit = 1 - ( 4 + 5)

9.94

4.92

5.02

A partir de ce tableau de l'analyse des coûts, on peut déduire que le prix financier du lait cru sur le marché local est supérieur au prix économique sur le marché international d'environ 7%. Néanmoins les biens échangeables (BE) sur le marché local ont un coût inférieur à celui du marché international de 15% ainsi que les biens non échangeables (BNE) de 13%.

En d'autres termes, les dépenses relatives aux consommations d'énergie, de l'alimentation du cheptel et son entretien et les coûts liés à la propriété de la terre, la main d'oeuvre, la maintenance des infrastructures et leurs amortissements sont moins élevés localement que sur le marché international.

Cet état de fait conduit à un profit supérieur localement pour la production du lait cru que sur le marché international. Le profit moyen réalisé sur le marché local est d'environ 30% par contre sur le marché international le profit moyen n'est que de 15% environ

Tableau N°39 : Matrice d'analyse de la politique du lait cru.

Unité : DA/Litre

Rubrique

Recettes

BE

BNE

Impôts, taxes, assurances

profit

PF

34,09

12,83

10,83

0,49

9,94

PE

32,00

14,85

12,23

inclus

4,92

Transferts

2,09

-2,02

-1,40

0,49

5,02

CPN

1,06

La détermination du coefficient de protection nominale qui est le rapport entre le prix du marché local et celui du marché international permet de connaître le niveau de l'intervention gouvernementale. Lorsque ce coefficient est supérieur à 1, il indique que le producteur de lait cru réalise un profit supérieur à celui qu'il pourrait réaliser en l'absence de l'intervention gouvernementale. Dans le cas présent l'effet net de l'intervention est une protection positive. En réalité c'est plus une compensation pour résorber le déficit engendré par le prix de vente administré durant de longues années et la lenteur de sa croissance.

En appliquant une marge bénéficiaire de 15% (celle du marché international) au prix de revient du lait cru produit localement (24,16 DA/litre) et sans l'aide de l'Etat, le prix du marché local serait au même niveau que celui du marché international lorsque l'on déduit les subventions aux producteurs des pays européens (estimées à environ 10%). Ce prix que l'on pourrait appeler un prix d'équilibre, est de 28, 26 DA/litre à la porte de la ferme. Ce prix constitue une base de négociation non négligeable lorsqu'il s'agira de faire partie d'une zone de libre échange.

CPE

1,24

Le coefficient de protection effective (CPE) est nettement positif et supérieur à 1, il montre que les coûts d'utilisation des Biens Echangeables (intrants) locaux sont faibles par rapport à ceux du marché international et qu'il existe une marge d'amélioration importante. Plus ce rapport est important plus il indique l'ampleur des marges de manoeuvre pour une grande efficience dans l'utilisation des moyens de production locaux..

Il indique par ailleurs que le gain sur le litre de lait produit localement est supérieur à celui obtenu sur le marché international. Il n'en demeure pas moins que l'aide gouvernementale a un effet réel, dans la mesure où sa suppression conduit irrémédiablement à un gain nettement inférieur à celui que l'on obtient sur le marché international. Cette situation est principalement due à la faiblesse de la production laitière par unité de mesure.

CRD

0.71

L'efficience de la filière production laitière est faible, d'autant que l'utilisation des ressources domestiques n'est pas optimisée, ce qui laisse une marge de manoeuvre qui peut générer plus de profit. Par rapport au niveau économique international, l'optimisation de la filière (0,71) se situe juste au dessous des ¾ de 1 (qui est l'optimum) indiquant que les réserves d'amélioration sont loin d'être épuisées. Comparée à la situation locale, ce rapport implique que la filière lait locale est fortement affectée sur le double plan de son efficience interne (0,50) et de celle du niveau économique.

b) Au niveau de l'unité de transformation :

A ce niveau d'analyse, il est utile de souligner que la participation du lait cru local est très faible. Elle s'exprime sous forme de rapport entre les volumes utilisés pour la satisfaction des besoins à la consommation, sortie de la transformation.

Le prix réel de cession du lait pasteurisé, sortie de l'usine est de 23, 35 DA / litre, il est à l'échelle internationale l'équivalent de 35 DA / litre.

Au stade de la transformation, la matière première est composée des produits en approvisionnement (poudre de lait, MGLA) et de lait cru. L'ensemble Biens Echangeables (BE) est la somme des coûts des produits relatifs à la matière première utilisée, des produits nécessaires aux opérations de conditionnement (emballage) et d'entretien de l'unité de transformation (produits de nettoyage, etc.).

L'ensemble Biens Non Echangeables (BNE) est la somme des coûts relatifs aux services, (réception, pasteurisation, conditionnement), l'amortissement des équipements et la main d'oeuvre.

Tableau N°40 : Analyse des coûts du lait en sachet de la laiterie de DBK.

Unité : DA/Litre

Rubrique

Prix en DA/L

Prix financier

Prix économique

Transfert

Produit

Prix de vente/litre

23.35

35

-11.65

BE

Matières premières (poudre lait, MGLA)

Lait cru

Emballage

Produits de nettoyage

Autres consommations

15.65

0.95

1.09

0.06

0.44

15.65

1.28

1.09

0.06

0.88

0

-0.33

0

0

-0.44

BNE

Services

Dotation / amortissement

Frais du personnel

0.15

0.43

1.88

0.55

0.43

2.88

-0.4

0

-1

Autres charges

Impôts et taxe

Frais financiers

1.93

0.01

-

-

1.93

0.01

BE+BNE + Autres charges

22.59

22.82

-0.23

Profits

0.76

12.18

-11.42

Tableau N°41 : Matrice d'analyse de la politique du lait pasteurisé conditionné en sachet

Unité : DA/Litre

Rubriques

Recette

BE

BNE

Impôt, taxes, assurances

Profit

PF

23.35

18.19

2.46

1.94

0.76

PE

35

18.96

3.86

-

12.18

Transfert

-11.65

-0.77

-1.4

1.94

-11.42

CPN

0.66

Le rapport entre le prix du marché local et celui du niveau international est en défaveur de la transformation: il est nettement inférieur à 1. Ceci indique que l'effet net de l'intervention de l'Etat est une protection négative vis-à-vis du producteur transformateur du lait pasteurisé et conditionné en sachet. Ce producteur reçoit un prix inférieur à celui qu'il recevrait dans une situation sans intervention gouvernementale. L'effet de taxation à la production en faveur de la consommation pénalise fortement la transformation et le conditionnement Cette pénalité est de l'ordre de 21% du prix du marché, elle s'exprime par la différence entre le prix de revient du lait (23,35) prévu à la transformation et le prix d'équilibre (28,26). Elle est encore plus fortement ressentie (environ 50%) par rapport au prix du marché international au vu des quantités transférables (-11, 42).

Sans l'intervention gouvernementale le prix du litre de lait pasteurisé et conditionné en sachet coûterait environ 34,77 DA le litre.

CPE

0.32

Dans la mesure où les coûts des biens échangeables sont à peu de choses près les mêmes au niveau du marché local et international pour la transformation et le conditionnement du lait pasteurisé, la forte faiblesse du coefficient de protection effective provient du fait que l'intervention de l'Etat se situe au niveau de l'absence de profit. En effet le coût des transferts compenserait totalement les profits qui auraient dus être ajoutés au prix de vente à la porte de l'usine. En d'autres termes l'activité de production de lait pasteurisé et conditionné en sachet est maintenue par l'intervention gouvernementale au stade de la suppression quasi-totale du profit. Le gain obtenu par l'activité de transformation dans ces conditions est presque nul, il est de l'ordre de 0,76 DA par litre cédé à 23, 35 DA à la porte de l'usine.

CRD

0.24

La filière de la pasteurisation et conditionnement du lait au plan international est loin d'être à son niveau optimal. De grandes possibilités subsistent encore en l'état, du fait de l'existence d'un potentiel considérable en ressources non échangeables. Les niveaux de production bien maîtrisés par rapport au marché, ont fait que l'utilisation de ces ressources est restée faible au niveau international. Comparée au niveau local dont l'efficience se situe aux environs des 50%, cette situation reste dominante par la marge de manoeuvre dont elle dispose. Dans le cas de l'ouverture plus grande du marché local avec l'absence de l'intervention gouvernementale et la participation au libre échange, le lait pasteurisé et conditionné provenant de l'extérieur risque d'être concurrentiel à plus d'un titre : outre la qualité, la réduction des niveaux de profits et la compensation à l'exportation d'une partie des coûts en biens échangeables et non échangeables.

Tableau N°42 : Analyse des coûts de production du fromage à pâte molle

(En équivalant litre de lait de la laiterie de DBK).

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