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Essai d'évaluation de la politique laitière en perspective de l'adhésion de lAlgérie à l'Organisation Mondiale du Commerce et à la Zone de Libre Echange avec l'Union Européenne


par KHERZAT Bahidja
Institut National Agronomique -ELHARRACH- - magister en sciences agronomiques 2007
  

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2.- L'importance de l'élevage :

a.- Les zones de production laitière :

Les zones de production laitière sont localisées au Nord du pays et plus précisément dans la frange du littoral et des plaines intérieures. Fortement liée à la production fourragère qui, elle-même, est dépendante du système de culture céréale / fourrage, l'implantation du bovin laitier n'a pas connu d'extension des zones occupées.

L'extension de l'élevage du bovin est restée limitée vers le Sud du pays par les isohyètes des 300 mm à 400mm. La création de nouveaux grands périmètres irrigués n'a pas encore eu d'effet significatif dans ce domaine d'activité.

En grande partie, la production laitière locale est assurée par le cheptel bovin (à plus de 80%). Le lait issu des élevages de l'ovin et caprin, demeure un résultat des systèmes d'élevage extensif localisés essentiellement dans les zones de montagnes et des hauts plateaux steppiques ; quant à la production laitière cameline elle reste très marginale.

Seule la production laitière bovine est à l'origine de manière essentielle du lait commercialisé.

b.- Evolution du cheptel : 

Le tableau ci-après reprend les effectifs depuis 1990. Toutefois, il est utile de souligner que le cheptel n'a pas connu le même type de croissance rapide que celui de la population humaine qui est passée de 25 à 33,2 millions d'habitants durant cette période (1990 - 2005).

Tableau N °01 : Evolution des effectifs (année 1990-2005).

Unité : Tête.

Année

Bovins

Caprins

Ovins

Camelin

1990

1392700

2471950

17697270

122450

1991

1300180

2484540

16891180

126270

1992

1341550

2775130

17722780

114300

1993

1313820

2683310

18664640

114380

1994

1269130

2543790

17841840

114120

1995

1266620

2779790

17301560

126350

1996

1227940

2894770

17565400

136000

1997

1255410

3121500

17387000

150870

1998

1317240

3256580

17948940

154310

1999

1579640

3061660

17988480

217370

2000

1595380

3026730

17615930

234220

2001

1613040

3129400

17298790

245490

2002

1551570

3280540

17587740

249690

2003

1560545

3324740

17502790

253050

2004

1613700

3450580

18293300

273140

2005

1586070

3589880

18909110

268560

Source : Annuaire statistique pour l'Afrique (Volume N°1-2000) « ONU » et Doc. Ministère de l'Agriculture (2001-2005).

Le cheptel est resté semblable à lui-même durant toute cette période et n'a que peu évolué si ce n'est les quelques actions de développement de ces dernières années. Ce sont des inventaires similaires à ceux que l'on trouve au cours des décennies soixante dix et quatre vingt.

En effet le cheptel bovin est passé de 865 700 têtes durant la période 1968-1970 à 1487 000 têtes entre 1983-1985 (H.. Yakhlef 1989) pour enregistrer un total de 1586 070 durant la période 2004-2005. La croissance est très faible, elle est la résultante des causes recensées et énumérées ci-après :

Ø Insuffisance des politiques de soutien à l'élevage et au développement des cultures fourragères.

Ø Insuffisance de la ressource en eau et du développement des périmètres irrigués.

Ø Insuffisances de la politique des prix du lait induisant le désintéressement des éleveurs pour la production laitière.

Ø Insuffisances dans la maîtrise de la conduite technique des élevages de manière intégrée.

Ø Longueur du cycle des sécheresses enregistrées ces dernières années.

Ø Apparition de plusieurs cas de maladies contagieuses (tuberculose...), ce qui a conduit parfois à des abattages forcés.

Ø Faiblesse de la vulgarisation agricole.

Ø absence sur le terrain d'associations actives dans le domaine de l'élevage.

0

200000

400000

600000

800000

1000000

1200000

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

Figure N°

01

:

Evolution de l

'

''effectif bovin laitier

(

BLM

-

BLA

)

(1990 - 2005)

BLM

BLA

Les quelques faibles variations des effectifs que l'on observe dans l'histogramme, s'expliquent plus par une politique d'importation de vaches laitières par à coups que par le soutien à l'accroissement des naissances et la conduite d'un élevage orienté vers la production laitière locale (Amroun M et al 2004).

Jusqu'en 1995, des importations plus ou moins régulières ont eu lieu (7000 génisses pleines en 1995). Les difficultés financières du pays à partir de 96, puis les interdictions à l'importation (de novembre 2000 à avril 2003) dues aux épidémies qui ont frappé le cheptel européen, principale source d'approvisionnement, ont conduit à une chute considérable du cheptel (13%). Ce n'est qu'à partir du début de 2004 que les importations ont repris (31000 têtes).

Le cheptel bovin se caractérise par la présence de trois types distincts dont deux sont orientés principalement vers la production laitière:

v Le Bovin Laitier de race importé dit « BLM » :

Hautement productif, conduit en intensif, dans les zones de plaines et dans les périmètres irrigués où la production fourragère est plus au moins importante, il est introduit principalement à partir d'Europe et comprend essentiellement les races Montbéliarde, Frisonne Pie Noire, Pie Rouge de l'Est, Tarentaise et Holstein. En l'an 2000, le BLM représentait 25, 69 % de l'effectif national et assurait environ 69,26 % de la production locale totale de lait de vache.

v Le Bovin Laitier Amélioré « BLA » :

C'est un ensemble constitué de croisements (non contrôlés) entre la race locale « Brune de l'Atlas » et des races introduites. Le BLA est localisé dans les zones de montagnes et forestières. Son alimentation est constituée par le pâturage d'herbe de prairies avec un complément de paille. En l'an 2000, le BLA représentait 74,31 % de l'effectif national et assurait environ 30,74 % de la production locale totale de lait de vache.

v Le Bovin Laitier Local « BLL » :

Le BLL est beaucoup plus orienté vers la production de viande, sa faiblesse dans la production de lait fait que cette dernière est surtout destinée à l'alimentation des jeunes animaux.

c.- Les systèmes d'élevage :

L'élevage bovin ne constitue pas un ensemble homogène. On peut distinguer trois systèmes :

v Le système intensif :

Il se caractérise par la présence d'étables de 50 VL (BLM) en moyenne dans les exploitations localisées dans des zones à haute potentialité qui regroupent en majeure partie les terres des plaines littorales et intérieures de l'ex-secteur colonial sur lesquelles se sont implantées les EAI et EAC à partir de 1988.

v Le système semi -intensif : 

Il est pratiqué en général par les exploitations n'ayant qu'une superficie limitée (-5ha), mais disposant d'un potentiel d'irrigation adéquat. Il s'agit de VL à haut potentiel dont la conduite est semi- mécanisée.

v Le système extensif :

Cet élevage est localisé dans les zones de montagnes et forestières, il concerne des ateliers de taille relativement réduite de 1 à 6 vaches. Le cheptel est issu de multiples croisements (non contrôlés) entre bovin local et bovin importé d'Europe.

d- L'offre alimentaire pour le cheptel :

Il y a deux types de fourrages : les fourrages naturels (les prairies naturelles et les jachères pâturées) et les fourrages cultivés (vesce avoine, luzerne,etc.).

Les superficies destinées à ces cultures restent très faibles par rapport aux besoins. Au cours de la dernière décennie, les superficies fourragères ont connu une fluctuation continue mais ne dépassent pas les 2% de la superficie agricole totale (SAT).

Tableau N°02: Evolution des superficies fourragères et de leur part dans la superficie agricole totale (1989-2005) (Unité : hectare).

Année

SAT

Fourrages

cultivés

Fourrages

naturels

total

Superficie

fourragère

totale/SAT (%)

1989

39 722 120

661 180

117 400

778 580

1,96

1990

39 592 860

504 090

97 340

601 430

1,51

1991

39 575 310

522 240

145 980

668 220

1,68

1992

39 813 960

529 680

145 270

674 950

1,69

1993

39 808 280

465 030

119 270

584 300

1,46

1994

40 596 730

494 850

115 450

610 300

1,50

1995

40 651 820

488 860

160 020

648 880

1,59

1996

40 541 000

412 150

169 160

581 310

1,43

1997

40 663 000

391 630

176 640

568 270

1,39

1998

40 547 370

368 130

163 000

531 130

1.30

1999

40 596 000

460 710

169 850

630 560

1.55

2000

40 888 100

458 050

127 850

585 900

1.43

2001

40 983 000

331 270

142 690

473 960

1.15

2002

40 735 920

395 840

101 030

496 870

1.22

2003

40 785 000

272 790

299 020

571 810

1,40

2004

42 209 600

461 589

175 634

516 810

1.22

2005

42 380 630

484 152

144 737

528 889

1.25

Moy

40 593 570

453 073

151 196

591 304

1.45

Source : Ministère de l'agriculture, revue des statistiques agricoles série A et B. * Source : Calculs

Malgré les aides et incitations initiées par l 'Etat à travers les différents programmes de développement, les superficies en fourrages cultivés connaissent une régression. Les causes sont peu évidentes devant l'intéressement nouveau des agriculteurs à l'élevage bovin (augmentation du nombre d'éleveurs). Mais l'on peut avancer que l'une des causes principales de cette régression de superficie est le résultat d'un ensemble de facteurs parmi lesquels l'extension d'autres cultures à forte plus value et l'accroissement des superficies irriguées destinées à l'arboriculture fruitière.

Tableau N°03 : Evolution des surfaces et des productions des prairies naturelles

et jachères fauchées en Algérie entre 1989 et 2005.

Année

Prairies naturelles

Jachères fauchées

Total

Surface (ha)

Produit (ql)

Surface (ha)

Produit, (ql)

Surface (ha)

Produit (ql)

1989

34 340

645 170

83 060

991 530

117 400

1 636 700

1990

26 060

318 140

71 280

612 050

97 340

930 190

1991

35 370

914 320

110 610

1 446 440

145 980

2 360 760

1992

32 050

450 870

113 220

1 952 380

145 270

2 403 250

1993

32 710

470 100

86 560

1 230 130

119 270

1 700 230

1994

36 940

567 080

78 510

984 110

115 450

1 551 190

1995

39 710

700 130

120 310

1 371 050

160 020

2 071 180

1996

40 440

941 370

128 720

2 309 630

169 160

3 251 000

1997

42 390

354 970

134 250

644 510

176 640

999 480

1998

42 060

635 860

120 940

1 775 580

163 000

2 411 440

1999

35 210

679 470

134 640

1 848 770

169 850

2 529240

2000

35 230

481 950

92 620

1 287 220

127 850

1 769 170

2001

30 900

655 890

111 790

1 879 650

142 690

2 535 540

2002

23 640

296 000

77 390

1 137 260

101 030

1 433 260

2003

25 950

566 300

273 070

4 364 580

299 020

4 930 880

2004

25 434

568 850

150 200

2 929 900

175 634

3 498 750

2005

26 070

601 860

118 667

2 254 120

144 737

2 855 980

Moy*

33 206

579 302

117 990

1 706 994

151 196

2 286 367

Source : Ministère de l'agriculture, revue des statistique agricole série A et B.

Source : calculs

Les prairies naturelles sont très limitées. Ce sont des parcelles de bas fonds souvent humides à proximité de cours d'eau. La tension sur les disponibilités en eau, ces dernières années, a fait que la superficie moyenne de 35 000 ha de prairies pâturées chaque année a tendance à la réduction ; en 2002 elle ne fut que de 23 000 ha.

En moyenne deux millions de quintaux de fourrages naturels sont disponibles chaque année. Les besoins sont de très loin beaucoup plus importants (en 2000 les besoins pour le cheptel étaient estimés à 7 680 770 000 UF ; les disponibilités fourragères et aliments de bétail ne représentaient que 6 862 665 782 UF soit un déficit de 818 104 218 UF) (OFLIVE 2001). La création de prairies pâturées est d'une importance primordiale pour le bovin laitier.

Les fourrages cultivés sont encore tributaires des aléas climatiques et peu maîtrisés. Ils ne sont disponibles que cinq mois dans l'année. Pour le reste, la ration est composée de vesce avoine et d'aliments concentrés (10 kg / VL / jour). Cet état de fait pénalise fortement la production laitière dans sa quantité et sa qualité.

Tableau N°04 : Evolution des fourrages cultivés en Algérie (1998-2005)

Unité : hectare

Année

Fourrage cultivé consommé en sec

Fourrage cultivé consommé en vert

Total

Vesce avoine

Luzerne

divers

total

1989

301 640

4430

214460

520 530

140 650

661 180

1990

223 190

4350

212430

439 970

64 120

504 090

1991

250 310

2960

186170

439 440

82 800

522 240

1992

177 920

360

239060

417 340

112 340

529 680

1993

153 200

5320

204620

363 140

101 890

465 030

1994

137 840

8860

243280

389 980

104 870

494 850

1995

108 740

16210

199750

324 700

164 160

488 860

1996

116 000

360

194880

311 240

100 910

412 150

1997

79 560

3850

225860

309 270

82 360

391 630

1998

91 740

2350

230570

324 660

43 470

368 130

1999

60 950

4190

302990

368 130

92 580

460 710

2000

74 390

980

108860

351 530

106 520

458 050

2001

65 240

1360

134500

243 520

87 750

331 270

2002

55 330

2950

155890

300 280

95 560

395 840

2003

59 610

1 450

211 730

272 790

0

272 790

2004

60 006

2 932

278 238

341 176

120 413

461 589

2005

47242

2203

345404

394849

89303

484152

Source : Ministère de l'agriculture, statistique série A et B. 2004,2005.

La superficie cultivée en fourrages a nettement régressée au cours des quinze dernières années ; de plus de 0,5 million d'hectares vers les années 1990, elle est descendue à moins de 300 000 hectares en 2003 (Stat M.A 2003).

En plus de la faiblesse de la disponibilité, la qualité du fourrage laisse à désirer et constitue une contrainte de taille pour l'élevage bovin laitier. La majeure partie du fourrage (70%) est composée par des espèces céréalières (orge, avoine...). La luzerne, le trèfle d'Alexandrie et le sorgho, n'occupent que très peu de surfaces. La faible pratique de l'ensilage contribue aussi à la médiocrité de la ration alimentaire du cheptel.

L'irrigation reste une option peu utilisée pour la production laitière. L'eau est souvent orientée vers les cultures à forte plus value, notamment dans les zones à hautes potentialités où se concentre effectivement le bovin laitier moderne. L'installation de nouvelles luzernières est très faiblement représentée au regard de l'importance du cheptel. Le taux d'affectation est d'environ 40 m² de luzernière par vache laitière.

L'irrigation demeure une option stratégique. La disponibilité de l'eau d'irrigation au niveau de l'exploitation constitue un avantage ainsi qu'un atout considérable pour le fourrage en vert. L'eau devient une nécessité stratégique.

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