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Essai d'évaluation de la politique laitière en perspective de l'adhésion de lAlgérie à l'Organisation Mondiale du Commerce et à la Zone de Libre Echange avec l'Union Européenne


par KHERZAT Bahidja
Institut National Agronomique -ELHARRACH- - magister en sciences agronomiques 2007
  

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3 - La production laitière locale :

Bien que la production laitière nationale enregistre une progression entre 1990 et 2005, elle demeure faible eu égard aux potentialités génétiques notamment du BLM (qui peut développer beaucoup plus que les 3000 litres annuellement) et à l'importance de la demande.

La progression observée sur le graphe ces dernières années, est le résultat direct de l'augmentation de l'effectif bovin par l'importation de génisses pleines et l'amélioration progressive des techniques de production. Par ailleurs on peut aussi constater sur le terrain les efforts de certains éleveurs pour une meilleure qualité du produit.

L'analyse de la production par espèce montre aussi, que le lait consommable est issu en majeure partie de l'espèce bovine (1, 22 milliards de litres en 2000).

4- Evolution de la collecte du lait cru :

La collecte demeure très faible par rapport aux besoins de consommation et aussi au regard de la disponibilité. Elle reste marquée par une évolution en dents de scie, passant de 29 millions en 1969 à 107 millions en 2003.

« Au cours de la décennie soixante dix, la quantité de lait collectée est de 30 à 40% du total en lait de vache produit. Ce taux tombe ensuite à 16% du total en 1980-1990 malgré une croissance réelle de la production enregistrée au cours de cette seconde période » (M. Boukella, 1996).

Les constatations faites par M. Boukella se confirment car les quantités collectées ont fortement progressé au cours de la première moitié de la décennie 2000. Elles ont été multipliées par 3,7 entre 1990 et 1996. Cela peut être dû à la forte amélioration des prix du lait cru qui est passé de 7 DA/L à 22 DA/L. Toutefois, elles ont décliné ensuite jusqu'à l'année 1999. Ce déclin résulte, d'une part, du délaissement partiel de l'activité de collecte par le groupe public GIPLAIT au profit de collecteurs privés, n'en gardant qu'une infime partie et d'autre part, des perturbations qui ont pesé sur le fonctionnement de la filière en particulier au plan de l'écoulement de la production en raison de l'absence de consensus sur le prix de cession du lait cru.

L'annonce officielle (circulaire du 24/02/99 n°103) du prix du lait à 22 DA/L déjà pratiqué depuis près de 10 ans et la longue période de sécheresse durant cette décennie qui a fortement influé sur l'augmentation substantielle du prix des fourrages, ont conduit l'industrie de transformation à se détourner de l'approvisionnement en lait cru.

A partir de cette date et durant les deux années qui suivirent, le lait cru, de manière générale, est cédé à la consommation directe et aux petits artisans à un prix variant entre 35 et 40 DA le litre.

A partir de 2001, un nouvel intérêt est suscité pour la collecte, résultant des incitations et aides pour l'ouverture de nouveaux centres d'une part et d'autre part de l'augmentation de la prime de collecte.

La collecte se situe autour de 107.millions de litres en 2003, acheminés vers les unités de transformation. Le reste du lait produit sera auto - consommé et / ou commercialisé de façon informelle à la ferme et ses alentours. La différence de prix entre le lait commercialisé à la ferme et le lait collecté par les usines, ainsi que les entraves liées à l'écoulement et à l'organisation de la collecte peuvent expliquer cet état des lieux. (Cherfaoui A)

Les moyens et infrastructures de collecte sont vétustes, ce qui engendre de fréquentes immobilisations. Le parc de collecte (citernes), totalisant une capacité/jour de 254.000 litres, ne peut permettre dans sa situation actuelle d'accroître le volume à collecter.

La part de chaque intervenant dans la collecte du lait, réalisée en 2000 pour le compte des filiales de GIPLAIT, se présente comme suit :

* Laiteries GIPLAIT : 45.8% ;

* Producteurs : 39.6% ;

* Collecteurs privés : 14.6%.

Il faut souligner que jusqu'à 1995, la collecte était assurée, à près de 100%, par les moyens des ex-unités GIPLAIT. En plus des moyens de transfert du lait, il existe 27 centres et sous-centres de collecte implantés à travers 18 Wilayas, gérés en majeure partie par les filiales de GIPLAIT (dont 13 en activité) , (03 centres sont gérés par les producteurs  et 05 gérés par les coopératives).

La capacité de stockage sous froid est évaluée à 168 700 litres/jour, (61.5 millions de litres/an). Selon une répartition zonale (répartition par zones de potentialités hydriques), les capacités des centres de collecte de lait cru sont les suivantes :

Tableau N°05 : Les capacités et la collecte par zone en 2000.

Unité : Million de litres

Désignation

Zone 1

Zone 2

Zone 3

Capacités des centres de collecte

44

16

1.5

Livraisons directes aux unités de transformation

17

14

3,3

Collecte/an totale

61

30

4.8

Source : Ministère de l'Agriculture.

Dans l'optique d'une réhabilitation de cette activité de collecte du lait cru, la dotation ou l'incitation à l'investissement en moyens de transport, de contrôle, de suivi et de stockage s'est imposée comme une nécessité absolue.

5- La transformation (industrie laitière) :

La restructuration a conduit à une organisation des entreprises en filiales dont le regroupement a donné naissance à GIPLAIT avec une capacité de 1,5 milliard de litres/an assurant ainsi la plus grande part d'approvisionnement du marché national particulièrement en lait pasteurisé. GIPLAIT assure 60% des besoins de consommation en grande partie par des importations (poudre de lait et matière grasse de lait anhydre « MGLA »). La production industrielle des laits et dérivés par le groupe GIPLAIT a connu une progression jusqu'à l'année 1993 (1.4 milliard de litres), pour régresser à 721 millions de litres pour l'année 2003.

L'industrie laitière (GIPLAIT) se caractérise par le fait qu'il s'agit d'un groupe d'entreprises dont le propriétaire est l'Etat. Elles occupent une position dominante, notamment en relation avec le segment du lait pasteurisé. Parallèlement, le marché des produits dérivés est fortement concurrentiel.

Le secteur privé composé de quelque 220 PME/PMI (MADR 2004), active particulièrement dans la fabrication de produits laitiers (80% contre seulement 20%, pour les laits de consommation) pour un volume global estimé à quelques 200 millions de litres équivalent lait. La production industrielle de ce secteur est basée essentiellement sur les importations de matières premières laitières ; l'intégration du lait produit localement y est insignifiante. De plus, ce secteur comprend plusieurs petites laiteries privées de faible capacité, réalisées avec le soutien du PNDA. Elles traitent annuellement 2 millions de litres de lait cru collecté (MADR 2004).

Le taux d'intégration du lait cru n'a pu enregistrer de progrès, bien au contraire il ne cesse de chuter depuis 1969. Il est resté inférieur à 10% sur toute la période 1980-1994, la hausse légère constatée à partir de 1995 s'explique plus par la baisse de la production industrielle que par la progression de la collecte auprès des étables constituées de BLM. Ce faible taux d'intégration est dû principalement aux insuffisances constatées à différents niveaux notamment ceux relatifs à:

Ø La stratégie d'investissement (en matière d'équipement) dans la collecte du lait du fait de l'intérêt économique comparé au coût de la poudre.

Ø L'exigence de performances et de résultats des entreprises publiques économiques.

Ø L'administration du prix du lait pasteurisé et du lait cru.

Ø L'organisation inadaptée des réseaux (le circuit) de collecte conformément aux bassins de production et autour des unités de transformation.

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