WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La maintenance des aménagements hydroagricoles dans le delta du fleuve Sénégal: Le cas du périmêtre de Boundoum

( Télécharger le fichier original )
par Ousseynou Diéle
Université Gaston Berger de Saint Louis - Maitrise 2006
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

2.3) Les prestataires de services

L'intervention des prestataires de service survient surtout dans le cadre de certains travaux hors de la portée de l'union. Par exemple, pour les travaux d'entretien des stations de

pompage et de renouvellement des équipements hydromécaniques, l'union fait appel à

l'expertise de la DAM.

Les autres prestataires de services intéressent le plus les sections villageoises qui forment ce qu'on appelle Union Locale (UL) à l'intérieur de chaque village et agissent à

l'occasion du travail du sol, de la récolte (mécanique) et du battage (les engins que la
population locale appelle << bourga>> voir photo 2). Ces fournisseurs sont en général des

privés ou des organisations de producteurs qui disposent du matériel agricole.

 

.

Photo 2 : une batteuse « bourga »

B- Mise en valeur et contraintes à l'exploitation dans l'aménagement de Boundoum

1- La mise en valeur

Généralement, l'aménagement n'est cultivé qu'en hivernage et avec 100% du riz. Le tableau ci-dessous montre que de 1991 à 1996, la mise en valeur au niveau du casier était marquée par des cultures d'hivernage et de contre-saison chaude (double culture). Cela peut s'expliquer par le fait que la réhabilitation venait de débuter et que l'aménagement fût remis en neuf. Mais il convient de signaler que le riz est la seule culture pratiquée dans le casier. Après 1999, les paysans du casier ont cessé de pratiquer la culture de contre saison et cela jusqu'en 2005. Cette non mise en valeur était le résultat d'un dysfonctionnement de l'Union qui, face à l'extension de ses fonctions au-delà de ses prérogatives normales, s'était retrouvée

dans un climat de difficultés pour ce qui était de ses relations avec ses partenaires.

Face à cette situation de crise, la SAED avait jugé nécessaire de procéder à une

opération d'audit du fonctionnement de l'Union et à une restructuration en 2002/2003. Ce
réaménagement a entraîné la mise en oeuvre d'un programme de redressement et de relance de

la mise en valeur dont la mise en application n'a été effective qu'en 2004/2005 puis

consolidée par le retour de la double culture en 2005/2006.

Tableau 7 : la mise en valeur au cours de cette période

Années

Hivernage

Contre Saison Chaude

Sup.(ha)

Rdt. (t)

Prod. (t)

Intensité
culturale

Sup.
(ha)

Rdt. (t)

Prod. (t)

1991/1992

825,70

5,40

4458,78

1,98

825,70

5,00

4128,50

1992/1993

784,06

6,30

4939,58

0,95

_

_

_

1993/1994

789,29

6,80

5367,17

1,50

452,17

5,01

2265,37

1994/1995

1456,64

5,30

7720,19

1,38

759,01

5,00

3795,37

1995/1996

1550,58

5,15

7985,49

1,28

514,00

4,50

2313,00

1996/1997

2256,00

5,50

12408,0

0,95

_

_

_

1997/1998

3088

6,7

20636

0,91

_

_

_

1998/1 999

3088

6,04

20205

1,41

1664,7

4,48

7458

1999/2000

2884,39

5,40

15576

1,21

1200

6,21

7452

2000/2001

2635,21

5,20

13719

0,78

_

_

_

2001/2002

3080,28

5,50

16942

0,95

_

_

_

2002/2003

909,34

4,50

4092

0,27

_

_

_

2003/2004

2982,28

5,74

17118

0,90

_

_

_

2004/2005

2994

5,76

17245

0,90

_

_

_

2005/2006

3039,9

5,08

15443

0,92

_

_

_

2006/2007

2856

_

_

1,52

1291,91

6,83

8823,74

Source : union de Boundoum 1.1) Les rendements

Les rendements ont relativement évolué et sont plus constants en hivernage (avec une moyenne de 5,62 t/ha) qu'en contre-saison chaude où le rendement moyen tourne autour de 5,29 t/ha. Ce léger accroissement des rendements s'explique par l'emploi d'engrais chimiques qui sont des fertilisants, l'usage d'herbicides pour les mauvaises herbes et de pesticides pour les parasites. L'option pour les variétés à haut rendement (VHR) comme le Sahel 108, IR 15 29 ne doit pas être négligée pour l'explication de l'augmentation des rendements. En fait, le

Sahel 108 peut donner, si les conseils du technicien et l'itinéraire technique sont bien

respectés, des rendements de 11 t/ha.

1.2) L'intensité culturale

Dans la cuvette de Boundoum, la mise en valeur est caractérisée par une intensité culturale qui évolue en dent de scie de 1991 à 2006 (figure 3).Durant cette période, l'intensité culturale d'une moyenne de 1,11 a été variable d'une année à l'autre. Cette variabilité est due aux facteurs qui suivent : l'accès au crédit, le remboursement des dettes, la commercialisation

de la production, l'organisation des producteurs.

2,5

0,5

1,5

2

0

1

Intensité culturale

Intensité culturale

Figure 3 : L'évolution de l'intensité culturale de 1991 à 2006.

2- Les contraintes à l'exploitation

L'exploitation au niveau du périmètre connaît de nombreuses contraintes. N'eussent été ces difficultés, les exploitants du casier pourraient faire de bons résultats. Ces difficultés ont

pour noms :

- travail du sol parfois sommaire (un seul passage de disques) ;

- une faible fertilité du sol (insuffisante quantité, non respect des dates d'épandage dû

parfois à l'impraticabilité des pistes surtout en saison des pluies) ;

- les adventices (herbes nuisibles aux cultures) ne sont encore pas très bien maîtrisés. Les

adventices peuvent entraîner une chute de rendement de plus de 50% par rapport aux

zones non infestées (DIOP, 1980), cité par M. DIAGNE, 1995.

Tableau 8 : Quelques adventices rencontrés dans le périmètre

Nom scientifique

Nom vernaculaire (wolof)

Oryza longistaminata
Oryza barthli
Ludwigia sp
Ischaemum rugosum
Echinichloa colona
Ipomoea aquatiqua

Njem
Xalir
Mboyte
Mbara
Mbay dek ou Mbaket
Lawlawane

- le calendrier, bien vrai qu'il soit bien établi, n'est pas toujours respecté ;

- le retard de la livraison des intrants souligné par plusieurs producteurs ;
- la non praticabilité des pistes, surtout le tronçon Ross-Béthio-Boundoum Barrage, qui ne

facilite pas l'acheminement des intrants pendant l'hivernage ;

- le prix de l'engrais est devenu élevé. Par exemple pour l'urée, le sac coûte 12 000 FCFA ;
- la non maîtrise par les paysans du RIDEV (Rice Development). Le RIDEV est un logiciel

qui fournit des instructions relatives à la planification de la campagne qui permettent de

prévoir selon la variété, le site et en fonction de la date de semi, les dates d'épandage, de

floraison, de dernier drainage et de récolte, ainsi que le taux de stérilité (Voir annexes).

Selon ce logiciel, si on sème en Septembre, l'épiaison ou floraison va se faire au mois de Décembre et le riz, sous l'effet de la fraîcheur, avorte ; ce qui se répercutera sur le rendement.

Cependant l'analyse de la mise en valeur agricole révèle des responsabilités à différentes

échelles. Ainsi à l'échelle de la parcelle, l'exploitant respecte-t-il réellement l'itinéraire
technique suggéré ? Au niveau extérieur du périmètre, il y'a d'autres paramètres à prendre en

considération comme les difficultés d'approvisionnement en intrants et la disponibilité en

matériel agricole.

L'entretien, gage d'un maintien en état des infrastructures hydro agricoles de la cuvette, revêt
une importance de taille. En effet, il y va non seulement de la rentabilité de tant d'efforts
financiers, techniques, physiques, etc. consentis mais aussi et surtout de la subsistance d'une
population de presque 20 000 personnes.

Ces travaux d'entretien, dans la mesure où ils visent pour l'essentiel l'amélioration des
conditions de l'irrigation, alors n'est-il pas opportun de voir dans un premier moment la façon
dont l'eau est gérée avant de nous lancer dans leur étude ?

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand