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Les OGM face à la question de la sécurité alimentaire: controverse et dilemme


par Jean-Paul SIKELI
Université Cocody Abidjan en partenariat avec le Centre de Recherche et d'Action pour la Paix - DESS droits de l'homme 2005
  

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Paragraphe 2 : Le concept de sécurité alimentaire

Le concept de sécurité alimentaire fait de plus en plus l'objet d'un usage euphorique, tant il transparaît dans les programmes et les discours politiques, au plan international aussi bien qu'au plan interne des Etats. Cet état de choses témoigne bien du grand intérêt qu'on lui voue. Mais au fait, à quoi peut bien correspondre ce concept ?

Pour une grande partie de l'humanité, le terme de « sécurité alimentaire » est synonyme de recherche de la couverture quantitative et qualitative des besoins élémentaires en aliments et en eaux. Comme l'affirme clairement le traité des ONG sur la sécurité alimentaire, « la sécurité alimentaire, c'est avoir les moyens, en tant qu'individu, famille, communauté, région ou pays, de pouvoir satisfaire ses besoins nutritionnels sur une base journalière et annuelle. Cela comprend à la fois de n'être menacé ni par la famine ni par la malnutrition ». De cette définition, il résulte que le concept de sécurité alimentaire revêt une double dimension, l'une quantitative et l'autre qualitative. Du point de vue quantitatif, un premier facteur concerne les problèmes de production des denrées alimentaires qui ont longtemps été considérés comme la cause explicative des manifestations de la faim. Dans cette perspective, comme le notent Nicole TERCIER et Beat SOTTAS, un lien univoque est établi entre la production et la satisfaction des besoins. Ainsi que le fait remarquer Robert MALTHUS, « toute augmentation de la production alimentaire devrait conduire à la réduction de la malnutrition et de la faim ». Un second facteur est ensuite apparu prépondérant, il s'agit de l'accès aux denrées alimentaires par tous les groupes de population. La vraie question n'est pas la disponibilité totale de nourriture mais son accès par les individus et les familles. Si une personne manque de moyens pour acquérir la nourriture, la présence de nourriture sur les marchés n'est pas d'une grande consolation.

La sécurité alimentaire est aussi perçue comme la capacité des pays déficitaires ou des régions déficitaires à atteindre des niveaux de consommation souhaitables. Cette définition s'appuie sur le niveau de consommation annuelle alimentaire comme élément déterminant.

Pour la Banque Mondiale, « la sécurité alimentaire réside dans l'accès de tous les individus à tous les moments à suffisamment de nourriture pour mener une vie saine et active ». Cette autre définition lie à l'évidence la disponibilité des biens et la capacité des individus à les acquérir. Très fondamentalement, la sécurité alimentaire reste intrinsèquement attachée à l'idée d'autosuffisance alimentaire.

D'un point de vue qualitatif, la sécurité alimentaire est de plus en plus comprise comme intégrant l'hygiène et la santé publique. Au-delà donc de l'aspect quantitatif qui tient à la peur très ancienne de manquer de nourriture, du fait de la forte augmentation de la population, on peut comprendre la sécurité alimentaire dans son volet qualitatif. La première phrase de la déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire mondiale, de 1996, réaffirme, « le droit de chaque être humain d'avoir accès à une nourriture saine et nutritive conformément à une nourriture adéquate et au droit fondamental de chaque être d'être à l'abri de la faim ». Cela supposerait qu'au plan qualitatif, pour que la sécurité alimentaire existe, les aliments doivent non seulement être sains c'est-à-dire exempts de toute maladie et donc sans risque pour la santé du consommateur, mais également être riches en valeur nutritive, c'est-à-dire contenir en abondance des éléments ayant la propriété de nourrir. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu'à l'heure actuelle, plus de la moitié des jeunes enfants vivant en Asie du sud souffrent de carences en protéines et en calories. Les estimations pour l'Afrique subsaharienne situent la prévalence à environ trente pour cent. Dans une telle situation la sécurité alimentaire serait compromise.

Si pour les pays les moins avancés de la planète, la sécurité alimentaire se confond à l'autosuffisance alimentaire, en revanche dans les pays à l'abri de la pénurie et de la malnutrition, ce qui est le cas de la population des pays développés, elle désigne la sécurité sanitaire des produits destinés à l'alimentation humaine. La prise en compte de la dimension sanitaire rejoint les craintes liées au productivisme agroalimentaire et les graves problèmes que celui-ci a engendrés. En effet, ces dernières années ont vu l'émergence d'un nouveau type de maladies liées à l'alimentation. Il y a que cette situation correspond étrangement à l'essor des OGM dans le monde. Serait-ce là une simple coïncidence ?

Il serait donc tout indiqué de faire un bref historique des différents termes.

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