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Education pour tous et qualité: Accès des femmes nigériennes à l'éducation en matière de santé et de lutte contre le sida

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par Laouali TANKO
Université Cheikh Anta Diop de Dakar/ Chaire Unesco en Sciences de l'éducation (CUSE) de la Faculté des Sciences et Technologies - DEA en Sciences de l'éducation 2009
  

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L'éducation en matière de santé et de lutte contre le sida

Bien que les expériences avec l'éducation en matière de santé et de lutte contre le sida aient été modestes au Sénégal, des institutions nationales, des ONG et Associations de lutte contre le sida offrent leurs services à toutes et à tous et ont permis à ceux qui le désirent d'acquérir un savoir-faire, un savoir-être et un savoir-devenir en matière de santé et de lutte contre le sida dans la gestion quotidienne de leurs activités. Par contre, les leaders reconnaissent qu'il existe des difficultés d'accessibilité à l'éducation en matière de santé et de lutte contre le sida et déplorent la faible participation des filles et des femmes à cette éducation, à cause du manque de temps nécessaire pour suivre la formation, l'analphabétisme des femmes et les contraintes socioculturelles. Toutefois, l'éducation en matière de santé et de lutte contre le sida donne accès à des avantages de protection à la santé et en hygiène publique. Elle permet aussi d'adopter des comportements sociaux positifs pour faire face aux pressions négatives telles que le sentiment d'invulnérabilité, l'effet de groupe et la croyance aux fausses rumeurs. C'est ainsi, que le ministère de la santé et de la prévention du Sénégal, les ONG et Associations de lutte contre le sida dont le Groupe pour l'Etude et l'Enseignement de la Population (GEEP) ont très tôt compris en s'investissant dans diverses activités qui ciblent les jeunes du Sénégal. Des activités d'animation et de sensibilisation pour stimuler la créativité chez les jeunes par des moyens privilégiés de formation et de transmission de messages de sensibilisation de la communauté :pièces de théâtre, sketchs, poèmes et de production de manuels d'auto formation par les pairs. Ces activités d'éducation en matière de santé et de lutte contre le sida sont universelles même si des stratégies d'approches diffèrent d'une contrée à l'autre. Elles sont partout presque les mêmes et visent le même public.

Au Niger, comme au Sénégal, l'éducation en matière de santé et de lutte contre le sida est une éducation basée sur des valeurs et des principes qui guident les différentes stratégies de la lutte contre les IST/VIH/SIDA. Le PNLS/IST, les ONG et Associations de lutte contre le sida travaillent en étroite collaboration en vue de faire prendre conscience aux groupes prioritaires visés par leurs programmes du danger que représente le sida. C'est ainsi que des activités d'éducation, d'information et de communication (IEC), la promotion du comportement à moindre risque et la réduction des pratiques à risques de transmission du VIH/SIDA sont organisées en direction des jeunes.

La problématique du sida est intégrée dans toutes les politiques et les programmes de développement. C'est pourquoi des approches novatrices ont été mises en oeuvre dans les programmes de lutte contre le sida. Elles comportent, outre l'alphabétisation, des formations dans le domaines de l'organisation et de la gestion d'activités génératrices de revenus, la mise en place des «fadas» ou groupements des jeunes en vue de la pérennisation des activités. Des groupes relais, des leaders d'opinion et les tradipraticiens constituent aujourd'hui les facilitateurs dans ces programmes.

5.8. Les limites de l'étude

Cette étude et surtout l'ampleur des données collectées n'ont qu'une modeste portée. L'étude doit être considérée comme un point de départ pour la recherche sur un phénomène aussi complexe que la participation des filles et des femmes à l'éducation en général, et l'éducation en matière de VIH/SIDA en particulier.

L'échantillon étudié est restreint aux leaders d'opinion, et les contenus sont spécifiques. Le focus group prévu n'a pas été testé sur place à Dakar du fait que les populations visées ne parlent pas français et nous mêmes ne parlons pas la langue du milieu, ce qui peut engendrer des pertes d'informations liées à la traduction. Cependant, nous sommes conscients de ces limites et pensons qu'il est possible de les surmonter.

Malgré les différences des lieux d'enquête, il existe des similitudes culturelles et religieuses entre le Niger et le Sénégal sur le plan de l'éducation en matière de santé et de lutte contre le sida. L'une des barrières constatées est la langue du milieu.

Toutefois, malgré ces limites, nous croyons que les résultats obtenus par l'analyse des réponses des leaders d'opinion permettent de faire certains constats en ce qui concerne la participation des filles et des femmes à l'éducation en matière de VIH/SIDA. Ils mettent tout d'abord en évidence un lien entre le pouvoir économique, le manque de temps, l'analphabétisme et la participation des filles et des femmes à l'éducation en matière de VIH/SIDA. Il existe aussi des liens étroits entre la participation à l'éducation en matière de VIH/SIDA et la profession de l'intéressée, et son lieu de résidence.

Les opinions recueillies auprès des leaders d'opinion permettent d'attirer l'attention sur certains aspects positifs et leur engagement auprès des filles et des femmes. Les leaders d'opinion acceptent que la femme est la première école, la base de la famille à laquelle il faut apporter les soins nécessaires et l'encadrement adéquat.

Les facteurs propres à l'environnement familial et social entreraient également en ligne de compte dans la participation des filles et des femmes à l'éducation en matière de VIH/SIDA. En effet, les données recueillies mettent en lumière les opportunités qu'offre la famille élargie c'est-à-dire les oncles et les cousins aussi bien pour l'encadrement parental, que l'implication des frères et soeurs bien informés sur l'éducation en matière de VIH/SIDA.

Cette étude a montré que la participation des filles et des femmes à l'éducation en matière de VIH/SIDA est déterminée par plusieurs facteurs dans lesquels interviennent plusieurs éléments. Ceci confirme les approches socioculturelles et socio-économiques élaborées par plusieurs auteurs. Les questions qui ont été plusieurs fois soulevées signalent la nécessité de se pencher plus attentivement sur la variable «religion». En Afrique en général, la religion occupe une place importante de la vie. Deux personnes sur trois fréquentent une mosquée, un temple ou une église. Cet attachement à la religion constitue une référence pour les communautés africaines fortement islamisées qui rejettent toute éducation qui ne prend pas en charge l'éducation religieuse des filles et des femmes. Nous avons relevé que les leaders mettent en avant la religion pour contrôler ce genre d'éducation qui semblerait donner de liberté à parler du sexe et des préservatifs. La religion conseille aux filles et aux femmes d'être subtiles et pudiques dans tout sujet évoquant la sexualité. La finalité de toute éducation, selon le guide religieux est d'exercer un contrôle sur les filles et les femmes pour qu'elles soient de bonnes moeurs.

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"Piètre disciple, qui ne surpasse pas son maitre !"   Léonard de Vinci