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L'Afrique face à la mondialisation des échanges

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par Awa GUEYE
Université Cheikh ANta DIOP de Dakar - Maîtrise 2005
  

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CHAPITRE 5 : LES PROBLEMES FINANCIERS

L'Afrique est confrontée à un important déficit financier dû en partie à l'insuffisance de l'épargne et de l'investissement et aux réticences du système bancaire

SECTION 1 : INSUFFISANCE DE L'EPARGNE ET DE L'INVESTISSEMENT

En Afrique, la croissance industrielle dépend essentiellement de l'accroissement de la part des investissements dans le produit national. Des investissements plus élevés permettent la mise en oeuvre de nouvelles technologies dans la production. Or, l'investissement est en partie tributaire de l'épargne. L'investissement nécessaire à l'expansion industrielle nécessite l'accroissement de l'épargne nationale.

L'épargne provient des ménages, des entreprises et des administrations publiques.

L'épargne des ménages dépend fortement de leur niveau de revenu, mais elle est limitée par l'accroissement de la pauvreté. Les 80 % de la population active africaine n'ayant pas suffisamment accès au revenu monétaire car vivant de la subsistance. La propension globale à épargner des ménages africains (urbains et ruraux) dépasse rarement 3 à 5 % des revenus acquis à cause du manque de confiance envers le système bancaire.

L'épargne des entreprises est stimulée par des réductions d'impôts sur les bénéfices. Mais les coûts élevés réduisent considérablement ces bénéfices.

L'épargne des administrations publiques connaît un déficit croissant.

Ce déficit peut-être alloué au non-paiement des impôts et taxes par les entreprises. En effet en Afrique, les grandes entreprises appartiennent à des étrangers et ces derniers s'arrangent pour réduire les bénéfices à déclarer pour payer moins. Il y a aussi la prolifération de micro-entreprises qui hésitent à se développer pour réduire le risque d'être soumises à une réglementation contraignante ou aux abus de l'Etat. Le volume de l'impôt collecté baisse entraînant celle de l'épargne publique.

L'épargne africaine est faible par rapport aux autres pays en développement. Pendant les années 1990, sa part dans le PIB n'atteignait que la moitié de celle de l'Asie.

La part des investissements et de l'épargne dans le PIB pour l'ensemble de l'Afrique est tombée depuis la fin des années 1970 et le début des années 80.

Voir figure ci après

La faiblesse de l'investissement est en partie due à celle de l'épargne. Mais elle dépend aussi de la baisse de l'investissement public global et de l'investissement privé.

L'investissement public a diminué de moitié entre le début des années 1970 (12,6 % du PIB) et le début des années 1990 (5,6 % du PIB).

Les étrangers sont parfois réticents à investir. L'incertitude politique est grande, et dans les services publics traditionnels, le coût en capital est élevé, la durée prévue de l'investissement est longue et les bénéfices se présentent en monnaie locale plutôt qu'en devises. L'investissement semble donc à risque et l'investisseur étranger qui est disposé à investir peut exiger une prime de risque élevé.

Le plus souvent, les capitaux étrangers sont à la recherche de profit maximum et ne s'investissent que là où ils peuvent tirer ce profit en un minimum de temps. C'est pourquoi les capitaux engagés ne s'orientent que vers des activités qui permettent une récupération rapide du capital et qui ne rapportent parfois rien aux pays.

Les investissements étrangers sont faibles et même lorsqu'ils existent n'apportent qu'un profit dérisoire aux pays.

La faiblesse de l'épargne et de l'investissement dans les pays africains est l'une des causes de la fragilité des dynamiques de croissance et de la productivité.

SECTION 2 : LES PROBLEMES LIES AU SYSTEME BANCAIRE

Le développement est impossible sans un système financier efficace. Ce système devrait pouvoir mobiliser les ressources nationales et étrangères en vue d'investissements à forts rendements, servir d'intermédiaires entre les épargnants et les investisseurs pour réduire et répartir les risques, et offrir un accès général aux services financiers sans oublier les segments de la population qui vivent en marge de l'économie.

La qualité, la quantité, le coût et l'accessibilité des services financiers sont aussi importants pour le développement.

Cependant, le système bancaire pose de nombreux problèmes quant à l'accès au crédit ;

- Les banques attachent beaucoup d'importance à la garantie réelle qui freine l'élan de la clientèle potentielle vers le crédit car celle-ci ne peut pas toujours y faire face. L'inexistence ou l'insuffisance des garanties engendre le rejet de nombre de demande de crédits ;

- Les banques exigent des entreprises d'avoir une certaine visibilité sur les emplois à financer, visibilité qui présuppose les états financiers de l'investisseur et la description de l'environnement devant accueillir l'investissement. Or beaucoup d'industries africaines naviguent entre les secteurs formels et informels, et se trouvent généralement dans l'impossibilité de mettre à disposition une information comptable et financière sur une certaine période ;

- Les banques obligent les entreprises à constituer des déposits importants en garantie d'opérations de crédit documentaire, d'escompte commercial, de cautionnement etc., entamant dangereusement leur trésorerie. Cette pratique empêche les entreprises de financer le reste des charges et de rembourser à bonne échéance les concours bancaires accordés ;

- Il y a une certaine lenteur entre le moment du dépôt des dossiers et le moment de la réponse, ce qui leur fait souvent rater des opportunités commerciales décisives pour leur avenir.

- Elles offrent des crédits à court terme au détriment du financement de l'expansion et de crédits appropriés pour les importations et les exportations ;

- Les taux d'intérêt appliqués sont très élevés (8,25% et 13,25%). Les entreprises reprochent aux banques de ne pas appliquer des taux préférentiels. Les taux d'intérêt exorbitants grèvent sérieusement le prix de revient compromettant ainsi leur compétitivité ;

Les banques en Afrique sont loin de remplir leur rôle, elle sont attirées avant tout par le profit et ne financent que les entreprises qui ont une certaine assise financière, même si celles-ci ont peu d'utilité sociale. Les paysans quant à eux ont une infirme possibilité pour accéder aux crédits, les garanties imposées souvent inaccessibles pour eux.

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