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L'Afrique face à la mondialisation des échanges

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par Awa GUEYE
Université Cheikh ANta DIOP de Dakar - Maîtrise 2005
  

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CHAPITRE 3 : LA CRISE AGRAIRE

Des siècles de politiques inadéquates et d'échecs sur le plan institutionnel sont la cause première du manque de capitaux et du peu de compétitivité qui caractérise l'agriculture africaine.

La déficience des ressources causée par l'extraction de ces dernières a entraîné des effets tant directs qu'indirects, par son incidence sur les politiques. Les politiques sectorielles conduites par les Etats tout autant que l'évolution du coût des facteurs expliquent la dégradation actuelle.

L'absence d'investissement public dans le secteur rural et de soutien institutionnel a limité les opportunités pour les paysans et les agro-industries. Le manque d'investissements dans ce secteur a entraîné la vieillesse des vergers, le déficit de fertilité des sols des plantations, la déstructuration des filières.

L'Afrique a ainsi du mal à rester compétitive en face des producteurs des autres pays, les rendements des terres étant très bas. Or dans la plupart des pays africains, les produits étrangers qui sont les bases de la nourriture entrent sans taxe à l'importation, les paysans ne pouvant absolument rien faire face à la concurrence de prix si bas. Les agro-industries sont parfois obligées d'exporter à perte leurs surplus.

Le secteur agricole africain est mal géré, ou géré suivant des principes ignorant les réalités du marché mondial. La faible compétitivité externe apparaît ainsi comme l'une des conséquences directes de l'inadaptation des politiques à l'évolution du marché mondial.

L'environnement de l'agriculture africaine est illustré par :

- des coûts de revient élevé : les agro-industries africaines peuvent payer jusqu'à 7 fois plus cher leur gasoil ou 3,8 fois plus cher, leur électricité que leurs concurrents ;

- la compétitivité d'une société agricole africaine peut être remis en cause à tout instant par la lenteur des décisions de ses autorités de tutelle ou par la concurrence d'intérêts particuliers ;

- La gestion macro-économique des filières agro-industrielles africaines n'est pas assurée ;

- Les paysans vendent cher leurs produits agricoles, mais achètent très cher tout ce qui est nécessaire à leur travail ;

- Le commerce privé qui a parfois tendance à profiter du besoin de ressources financières des paysans au moment de la récolte pour lui acheter des grains à bas prix, et de la pénurie forte ou relative des mêmes denrées au moment de la soudure pour les revendre à prix fort, surtout quant il y a peu de concurrents ;

- La faible productivité du travail des paysans dus à une mauvaise alimentation ;

- Etc.

Ces facteurs entravent directement le développement agricole en haussant le coût du transport, en freinant l'adoption de nouvelles technologies, en élevant le coût des services sociaux et agricoles.

Les effets directs de la déficience du patrimoine naturel, et non seulement ceux de politiques néfastes, seraient donc responsables au plan des institutions et des marchés, de maintes défaillances qui maintiennent l'agriculture à la traîne. À cela s'ajoute la suppression brutale des subventions aux engrais pourtant capital, sous la pression du FMI et de la Banque mondiale sans laisser aux paysans et à tous les acteurs économiques le temps de s'adapter à une situation nouvelle en diminuant les subventions progressivement.

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