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La justice aristocratique dans la généalogie de la morale de Nietzsche

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par Pierre Morien MOYO KABEYA
Faculté de philosophie Saint Pierre Canisius - Bachelier en philosophie 0000
  

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II. 3. LE SENTIMENT DU DEVOIR

II. 3. 1. L'échange

L'homme vit dans une société instable. Nous sommes avec Nietzsche dans une enquête généalogique. L'instabilité dans la société est tributaire des rapports contractuels qui sont caractéristiques de la subjectivité humaine. C'est aussi dans cette sphère qu'il faut chercher et trouver l'origine du sentiment de devoir. Nul part ailleurs que dans ce type de rapport que l'homme s'est mesuré à l'homme, pour la première fois de son histoire.

Les relations de cette nature se retrouvent dans toutes les civilisations, même les plus rudimentaires. L'homme a appris, par la notion de responsabilité-dette, à estimer les valeurs, à fixer des prix. Pour effectuer le troc, il avait besoin d'imaginer les équivalents ; une troisième valeur égale aux deux premiers. C'était la manière de procéder dans la société primitive. L'homme se sent, ainsi, supérieur aux animaux. Il se désigne comme l'être qui estime les valeurs.61(*) Il est l'animal estimateur des valeurs par excellence.

Achat et vente avec leur implication psychologiques sont antérieures même aux origines de n'importe quelle organisation sociale. De la forme la plus rudimentaire du droit personnelle, le sentiment naissant de l'échange s'est après coup répandu sur les « complexions sociales » les plus primitives et les plus grossières, en même temps que l'habitude de mesurer et de calculer ; comparer une puissance par rapport à une autre. L'oeil s'est accommodé de la pratique, ensuite la grande généralisation : « Toute chose a son prix, tout peut être payé.»62(*) Ce fut là le canon de la justice. C'est le commencement de la bonté, de l'équité, de l'objectivité sur la terre. Il faut préciser qu'à ce stade, la justice est le bon vouloir des personnes à puissance égale. Ce sont eux qui s'entendent au moyen d'un compromis. Les faibles n'ont rien d'autre à faire que d'accepter entre eux ce compromis.

Pour Nietzsche, la généalogie de la justice et du châtiment révèle la manière dont les uns et les autres sont engagés dans la constitution d'une société dans le monde. Les relations aussi bien entre membres d'une société et celles entre la société et ses membres sont vues sous l'angle du rapport de l'échange.

II. 3. 2. Les relations sociales

Les rapports de la communauté et des membres sont aussi d'ordre contractuel. En tant que membres de la société on jouit des avantages. Chez Nietzsche on note à ce stade une évolution au niveau de la responsabilité. Les rapports entre la société et ses membres sont organisés, légiférés. Voilà pourquoi les membres d'un groupe, d'une société, jouissent des avantages : protection des biens et des personnes (même si à ce stade on n'est pas encore arrivé à cette subtilité dans le langage). On note quand même une protection contre certains dommages, la paix et la confiance dont on jouit de la part des membres et de la communauté entière. C'est donc par un engagement envers la société, que la société en retour vous assure protection contre des déprédations et des violences.

Cependant, s'il arrive qu'un membre se révèle irresponsable, incapable de tenir sa promesse, il en subira les conséquences devant la communauté. Frustrée par l'incapacité d'un membre à tenir ses engagements, la communauté, se fera payer le mieux possible. Il est important de noter que le problème n'est pas le dommage immédiat. Le coupable est, en outre, un fauteur de rupture, un violeur de traités. Il a manqué à sa parole envers la communauté qui lui assurait la protection. Ce débiteur, non seulement ne rembourse pas sa dette mais s'attaque au créancier. En conséquence, selon toute justice, la communauté va mettre fin à tous les avantages dont le contrevenant du traité était le bénéficiaire. Le châtiment qui s'en suivra n'est pas très différent du comportement que l'on adopte devant un ennemi détecté, désarmé, abattu, qui a perdu tout droit à la protection et même on interdit la pitié à son égard. « C'est donc là le droit de guerre et le triomphe du voe victis ; dans toute son inexorable cruauté. - C'est ce qui explique pourquoi la guerre même (y compris le sacrifice des guerriers) a revêtu toutes les formes sous lesquelles le châtiment apparaît dans l'histoire. »63(*) Qu'en est-il de l'origine de cette justice qui régule les relations dans la société entre les différents membres ?

* 61 Ibid., p. 110.

* 62 Ibid., p. 111.

* 63 Ibid., p. 113.

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