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Solidarité, famille et développement socio-économique en ville de Butembo

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par Muyisa LUSENGE
Université catholique du Graben - Licence 2008
  

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I.1.e. La solidarité africaine

En Afrique, la solidarité est un fait évident, historique, voire légendaire. En effet, diverses organisations de solidarité ont toujours fonctionné ici et là en Afrique comme institution visant au moins le maintien des conditions de vie des gens et l'assistance sociale, particulièrement au milieu rural ou dans les sociétés coutumières. L'Afrique connaît donc, depuis ses origines, l'importance et la pratique des actions de coopération qualifiée le plus souvent de "solidarité traditionnelle". Qu'il s'agisse de produire, de consommer ou de tout autre activité.

Nous les africains, nous nous associons et continuons de nous associer dans des organisations plus ou moins spontanées de solidarité ou de coopération regroupant des gens qui mettent ensemble leurs efforts et leurs moyens pour faire face aux difficultés auxquelles ils étaient et sont confrontés. Le mode de fonctionnement de ces organisations ne diffère pas fondamentalement de celui des coopératives.

Les traditions africaines tiennent compte de l'importance ou de l'affermissement des relations sociales au niveau classique, ethnique, au niveau du village et de la communauté.... Autrement dit, il existe dans les traditions africaines, au plan social, économique et culturel, un fond de coopération d'épargne de crédit, de production, de consommation, fond dans lequel les individuels s'associent pour promouvoir leurs entreprises et leurs intérêts individuels et collectifs.

Une des caractéristiques essentielles des sociétés Africaines est, dans toutes les activités, l'accent qu'elles mettent sur la sécurité de la survie individuelle et collective sans se préoccuper de l'accumulation du capital selon le modèle des sociétés capitalistes marchandes d'occident. Déjà se pose ici la question de recherche de la forme d'association la plus appropriée concernant les solidarités africaines locales J.C. de WILDE15(*).

Notons que pour nombre d'africains, la sécurité importe plus que l'espoir d'un revenu accru. En réalité, chaque personne est tenue de s'acquitter de ses devoirs coutumiers et d'assumer sa part de la vie communautaire pour recevoir en retour le soutien de la collectivité, Mamadou DIA16(*) soutient que l'Afrique possède de culte de la solidarité qui s'exprime totalement dans la forme de la vie traditionnelle de ses habitants : la vie communautaire. Il soutient aussi que, dans le passé, cette solidarité a permis l'édification d'une société communautaire qui n'avait, ni prolétaire, ni salariat.

Une réflexion d'ensemble sur les solidarités africaines locales soulève la question de l'efficacité des associations de solidarité africaine ou de ces solidarités dans l'amélioration quantitative, qualitative et durable des conditions de vie des populations. Cette question avait déjà retenu l'attention des participants au colloque organisé conjointement par l'institut panafricain du développement (I.P.D.) et l'Université Coopérative Internationale (U.C.I.) à Yaoundé au Cameroun en Janvier 1983 sur le sujet "solidarités traditionnelles et développement".

Avant la colonisation, les pays africains avaient donc dans leurs structures sociales traditionnelles diverses associations de solidarité visant au moins le maintien des conditions de vie des groupes de populations. Ces associations étaient éloignées et du capitalisme caractérisé par un certain égoïsme et ou certain individualisme et du socialisme totalitaire. Elles se pratiquaient au sein des mannes populaires relativement pauvres en fonctionnant tant bien que mal comme voie de développement communautaire. C'est donc dire que l'Afrique a depuis ses origines, des pratiques et traditions socialistes communistes européens, ni d'une antonymie avec le système capitaliste occidental.

Les solidarités africaines locales furent exploitées à l'époque coloniale dans le mouvement coopératif. Débuté en Grande Bretagne, transitant par la France, l'Allemagne et d'autres pays européens, ce mouvement s'étendra après au Canada, en Amérique du Nord et en Afrique par le biais de la colonisation, l'Afrique étant depuis devenu appendice du système économique occidental. Aujourd'hui, la solidarité africaine locale paraît tributaire de l'étroitesse des liens entre individus et surtout des conditions socio-économiques.

La solidarité africaine ne peut être examinée dans le seul cadre des solidarités locales, on peut étendre son examen au niveau des organisations internationales africaines.

Au-delà des caractéristiques générales de la définition du concept de solidarité s'actualisant les orientations que lui imprime l'agir socioculturel des sociétés et groupes particuliers. Ainsi parle-t-on de la solidarité africaine de la solidarité arabe, européenne, ouvrière, estudiantine, etc. La solidarité Africaine se caractérise par les différentes formes de prestations dictées par le mode des africains. Elle est comme l'écrit MWAKA TSHOPO, "l'ensemble des prestations assistance qui caractérise le vécu des sociétés africaines17(*).

* 15 J.C. de WILDE, Expérience de développement agricole en Afrique tropicale, Tendances Actuelles, Paris, 1968, p. 54.

* 16 M. DIA, Contribution à l'étude mouvement coopératif en Afrique, Paris, Présence Africaine, 1981, p. 5.

* 17. MWAKA TSHOBO, Réflexion sur la notion de la solidarité africaine : Théorie et pratique, mémoire de licence en relations internationales, UNAZA, Lubumbashi, 1979, p. 4.

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