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A propos d'une analyse objective de la voix de 40 sujets présentant des troubles musculo-squelettiques

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par Marion VIENNOT
UHP Nancy - Certificat de Capacité d'Orthophonie 2010
  

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III.3.4.2 Définitions et normes

Utilisant le logiciel Praat dans cette recherche, nous ne mentionnons ici que les définitions et seuils de normalité correspondant à ce logiciel. Dans Praat, il y a cinq mesures différentes du jitter, chacune pouvant apporter un degré de précision différent:

-jitter (local): il correspond au jitter ratio de la littérature. C'est la moyenne de toutes les différences entre les durées de deux périodes consécutives, divisée par la durée moyenne d'une période du signal. En d'autres termes c'est la « moyenne de la différence entre deux cycles vibratoires du larynx consécutifs rapportée à la période moyenne du signal »88. Le résultat est donc un rapport, exprimé ici en pourcentage. Selon le manuel de Praat, le seuil normal/pathologique de ce critère est fixé à 1,04%.

-jitter (local, absolute) ou jitta: il correspond au jitter absolu dans la littérature. C'est la moyenne des différences (en valeur absolue) entre les durées de deux périodes consécutives du signal. Le seuil normal/pathologique est de 83,2.

-jitter (rap): il correspond au RAP ou au FPQ dans la littérature. Comme le jitter ratio, le RAP mesure les perturbations à court terme de la fréquence fondamentale. Ici, on compare la durée de chaque période Ti non pas à celle de la période suivante (Ti+1), mais à la moyenne de 3 périodes successives Ti-1, Ti et Ti+1, ce qui a théoriquement pour effet d'atténuer les variations volontaires de la fréquence vocale, comme le trémolo par exemple. Dans les faits, le jitter ratio et le RAP sont des mesures à peu près équivalentes. Le RAP est également exprimé en pourcentage. Le seuil normal/pathologique est fixé à 0,68%.

-jitter (ppq5): c'est la moyenne de la différence (en valeur absolue) entre la durée d'une période et la durée moyenne des 4 périodes les plus proches, divisée par la durée moyenne d'une période du signal. Exprimé en pourcentage, le seuil

88 Giovanni, p 119, Op. cit. p36.

normal/pathologique du ppq5 est de 0,840%.

-jitter (ddp): Il est égal à trois fois le RAP.

III.3.4.3 Quelques remarques

Il est intéressant de noter que les perturbations de F0 sont majorées à l'attaque et en final du son. Lieberman et Horii préconisent donc d'analyser le jitter à partir de la partie médiane de la voyelle89.

D'autre part, il semblerait qu'il y ait une influence de F0 sur le jitter. Quand F0 augmente, le jitter tendrait à diminuer. L'intensité jouerait également un rôle sur les valeurs du jitter90 (mais cette étude n'a pas été publiée). La voyelle choisie pour les calculs des différents jitter influe également sur les résultats. Cependant, les études réalisées sur cette question sont toutes en langue anglaise et nombre d'entre elles se contredisent. Baken et Orlifoff préconisent donc d'utiliser toujours la même voyelle au sein d'une même recherche91. Enfin, ils évoquent la possibilité que le jitter soit plus élevé chez les femmes que chez les hommes, ce qui nous semble contradictoire avec le fait que le jitter diminue quand la fréquence fondamentale augmente.

Le rôle de la co-articulation concernant la valeur du jitter existe uniquement lorsque ce dernier est calculé à partir d'un échantillon de parole spontanée92. Cependant, certaines études tendent à montrer que seul le jitter calculé sur toute la durée d'une voyelle tenue est significativement différent du jitter estimé à partir d'un échantillon de parole. Le jitter, estimé à partir d'un court extrait de voyelle, semblerait quant à lui comparable au jitter en parole spontanée93.

Dans cette perspective, Karnell estime qu'environ 190 cycles vibratoires sont nécessaires pour qu'une étude objective de la voix soit valide94. D'autre part, Baken et Orlikoff suggèrent qu'une analyse sur 110 cycles serait suffisante en clinique.

89 Lieberman (1961) et Horii (1979) in Baken R. J., Orlikoff R. F., p206, Op. cit. p47.

90 Jacob (1968) in ibid., p206.

91 Baken R. J., Orlikoff R. F., p206, Op. cit. p47.

92 Nittrouer et al. 1990 in ibid., p192.

93 Leddy and Bless 1989 in ibid., p193.

94 Karnell (1991) in ibid., p194.

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