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L'impact des communications modernes et traditionnelles sur les relations sociales dans le secteur Gisenyi (1998-2010)

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par Pascal BIZIMANA
Université libre de Kigali campus de Gisenyi - Licence 2010
  

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I.2.8.2.3. Les medias

Selon le dictionnaire LAROUSSE, le media désigne la technique de diffusion de masse de l'information (radio, télévision, presse écrite, publicité, etc.) constituant à la fois un moyen d'expression et un d'intermédiaire transmettant un message à l'intention d'un groupe (LAROUSSE, 1989 :204).

La radiodiffusion sonore et la télévision qui, avec la presse écrite, les livres et le cinéma, constituent les moyens de grande information, et sont devenus un facteur essentiel de la vie moderne. Ces moyens d'information (journaux et radiodiffusion), sont totalement tributaires des télécommunications, les premiers pour le rassemblement rapide des informations à publier et la seconde parce qu'elle est le support même de l'information.

10 La presse écrite

L'histoire nous apprend que le congrès de Berlin de 1885 assura le partage de l'Afrique entre trois grandes puissances coloniales déjà établies (Angleterre, France, Portugal) aux quelles s'ajoutèrent les belges et les allemands. Avant cette date, au Rwanda comme partout en Afrique, la transmission de l'information se faisait d'une façon traditionnelle. On ne pouvait se transmettre l'information ou le message que de bouche à oreille ou à l'aide de quelques instruments à percussion. Ce moyen était imposé en raison d'une population totalement analphabète. Il persista alors jusqu'au moment ou le missionnaire évangélisateur introduisit l'alphabet, ce qui a permis une ouverture d'esprit de la masse la masse paysanne à d'autres valeurs socioculturelles. Vu l'effectif allemand qui était insignifiant pour justifier la création d'un journal propre, ce fut un défit même dans un pays tout entier de civilisation orale où il n'y avait nul autre lecteur même potentiel.

A l'occupation belge peut avant l'indépendance, grand nombre de journaux furent crées notamment : Temps nouveaux d'Afrique (1954) qui traitait les nouvelles de la région environnant le Rwanda, le Burundi et l'Est du Congo-Belge ; le petit journal des enfants «Hobe» vit le jour en 1955 sous l'initiative de Mgr BIGIRUMWAMI devançant ainsi «Imvaho» l'ainé de la presse publique qui débuta en 1960 (BART, 1982 :123).

2° La radio

La radio est le premier media dans l'histoire capable d'atteindre en directe une audience aussi dispersée et nombreuse. Ni la presse, ni le cinéma ne sont des medias de diffusion capable de devancer la radio. Le direct remplace le différé, l'immortalité des ondes marque sa puissance comparée à la matérialité du papier journal ou à celle de la salle cinéma.

C'est seulement pendant la première guerre mondiale que la radio entre dans l'histoire en tant que media. En Novembre 1917, une radio annonce depuis le croiseur Aurore que le soviet de Petrograd prend la tète de la résistance au gouvernement légal. En battant la presse sur son propre terrain, la radio s'illustre là où personne ne l'attendit par sa faculté d'être dans plusieurs lieux à la fois. Ne devait-elle pas seulement permettre à des militaires engagés dans le conflit de s'échanger des messages à l'abri des oreilles indiscrètes ?

La radio s'impose entre 1918 et 1925. Au téléphone, elle emprunte une omniprésence parfaite. Les messages sont reçus à l'instant même où ils sont émis, sans aucun délai. Outre, ces derniers atteignent simultanément tous les membres d'une population dispersée qu'ils se trouvent chez eux ou ailleurs, qu'ils soient seuls ou rassemblés. Enfin, la radio remplit une fonction intermédiaire entre l'édition, la poste ou la téléphone d'un côté : elle produit des messages qu'elle offre à un public libre de recevoir ou pas, de l'autre côté : elle donne à tous, à tout instant, la possibilité de se mettre sur la même longueur d'ondes (TUDESQ, A-J, 1999 :53).

C'est la radio, qui, depuis sa naissance, a tracé le chemin aux deux grands medias du 20è siècle, la télévision et les multimédias. Marshall Mc Luhan cité par Francis Balle, soulignait en 1964, dans son oeuvre «Pour comprendre les médias», les atouts particuliers de la radio : «Elle touche les gens dans leur intimité. C'est une relation de personne à personne qui ouvre tout un monde de communication tacite entre l'auteur (speaker) et l'auditeur. C'est là, le côté direct de la radio (...), des profondeurs subliminales de la radio surgit l'écho résonnant des trompes tribales et des tambours antique». La radio offre la possibilité à certaines communautés ou certaines «tribus» sociales de s'affirmer, de s'afficher, voire de prendre conscience de leur propre existence. Aujourd'hui, le numérique permet à la radio de poursuivre sa progression dans la vie des audiences particulières. Chemin faisant, le média se banalise par l'usage de l'usure (BALLE, F, 2000 :32).

3° La télévision

Le mot télévision a existé avant la chose qu'il caractérise. Utilisé pour la première fois à l'occasion de l'exposition universelle de Paris, il désigne d'abord la transmission à distance d'images animées et sonorisées. La découverte de cette technique remonte à 1923.

Entre 1950 et 2000, l'aventure de la télévision est mêlée aux progrès de la technique et à tous les combats pour la liberté. En 1960, John F. Kennedy est élu président des Etats-Unis. Absolu ou presque, les journalistes attribuent son élection à ses prestations télévisées. Désormais, la télévision est censée déterminer les élections, les publicités marketing, faire et défaire les réputations voire, même assurer la cohésion sociale.

A moins d'une décennie de sa mise au point, la télévision est devenue un «mass média». Curiosité technique avant 1950, elle a conquis le plus grand nombre sur les brisées de ses devanciers qui sont la presse, le cinéma et la radio. Elle leur impose ses règles dans le domaine de l'information, du divertissement et de l'animation.

Aucun média avant la télévision n'avait inspiré autant de craintes. Jean CASENEUVE cité par Francis BALLE répertorie ses sept sujets d'interrogations qui sont aux yeux de nos contemporains, des motifs d'inculpations : son indépendance relative, son goût pour le spectacle, sa démagogie, son appel à l'émotion, son mépris pour la culture, ses multiples violences à la vie privée et ses préférences pour le divertissement (BALLE, F, 2000 142).

I.2.9. Les critiques africaines face à la communication moderne

L'informatique se présente comme une possibilité historique pour nos pays, de relever tous les défis du sous développement : retard technique, blocage mental, non compétitivité, etc. Une telle possibilité peut-elle être saisie dans la concertation et la coopération des Etats sans renoncement à des souverainetés nationales ?

A ceux qui choisissent l'informatique pour conjurer cette menace, ont dit quelquefois : « Et si l'informatique n'était qu'un remède d'une efficacité momentanée, une recette de sorcier en mal d'exportation, n'est-ce pas un risque dangereux ?».

Si les responsables nationaux des pays africains perçoivent concrètement l'utilité des mass-médias et particulièrement la radio, l'Internet et la télévision, ils ne précisent pas toujours clairement la place et le rôle que ces moyens de communication de masse doivent jouer dans la mise en oeuvre de leur politique de développement culturel, social et économique.

C'est l'UNESCO qui nous rappelle que « la télévision, la radio, le film, les cassettes et tout l'attirail des nouveautés techniques ne sont que des outils et, de ce fait, ne valent que par la façon dont l'homme saura les utiliser.

La télématique ne va contribuer qu'à isoler un peu plus l'individu. Enfermé au bureau puis dans son appartement, l'être humains sera relié au monde par des boutons et le monde lui apparaîtra sur des écrans. Peut-être l'homme du 21è siècle perdra-t-il l'usage de la parole ? Le téléphone en rendant la communication facile et rapide, l'a, simultanément, rendue superficielle. La télévision, en pénétrant dans les foyers, uniformise les loisirs, standardise l'individu en récepteur passif et tue l'échange (MINEPRISEC, 1987 :32).

Une des racines du mal dans la société que traverse le monde actuel, c'est le manque de communication. Dans une société hiérarchisée où l'individu n'est qu'un rouage du système, le courant ne passe plus entre les rouages, et la machine se détraque. La télématique c'est le progrès de la technologie, non le progrès de l'homme, non la progression vers un plus grand épanouissement. Il semble que nous avons encore besoin de quelques leçons.

Il importe toute fois de noter que les techniques modernes ont rendu plus complexes les moyens par lesquels les individus et les groupes échangent d'informations entre eux, c'est pourquoi la manière de communiquer devient importante, c'est de ce fait que au plan de l'information, les pays africains doivent chercher des nouvelles formes d'organisation et de communication pour maintenir l'équilibre socioculturel et la cohésion nationale et quelque soient les perfectionnements qui puissent être apportés aux systèmes mondiaux de télécommunications, le progrès de l'avenir ne pourra jamais être comparable a celui du récent passé (MINEPRSEC, 1987 :32).

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