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Réflexion sur la prise en compte du changement climatique à  Rennes : eau, végétation & àŪlot de chaleur urbain


par Thibaut FILLIOL
Université de Strasbourg - Master 2 Géographie Environnementale 2016
  

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Table des annexes

Annexe 1 : Carte de localisation de Rennes ( http://www.rtl.fr) 88

Annexe 2 : Rennes, la « ville archipel ». En rouge, les zones urbanisées aussi appelées « taches urbaines »

(AUDIAR, 2011) 88

Annexe 3 : Températures moyennes à Rennes sur la normale climatique 1981-2010 (Météo Bretagne) 89

Annexe 4 : Précipitations moyennes à Rennes sur la normale climatique 1981-2010 (Météo Bretagne) 89

Annexe 5 : Hôtel de Rennes Métropole et localisation : Avenue Henri-Fréville (Google Maps & photo personnelle)

90
Annexe 6 : Organigrammes détaillés de Rennes Métropole et du Service planification & études urbaines (Rennes

Métropole, 2016) 92

Annexe 7 : Carte regroupant les communes de Rennes Métropole (Handistar Rennes Métropole) 92

Annexe 8 : Carte des collectivités françaises associées à la démarche Cit'ergie en Janvier 2016 (ADEME) 93

Annexe 9 : Évolutions des températures et des précipitations en Europe entre la période 1980-1999 et la période

2080-2099 (GIEC) 93

Annexe 10 : Évolution du niveau marin entre 2000 et 2100 selon les différents scénarios du GIEC (REFMAR) 94

Annexe 11 : Le phénomène d'effet de serre ( http://www.climatechallenge.be) 94

Annexe 12 : Implantation des stations météorologiques sur la métropole rennaise (Foissard & al., 2012) 95

Annexe 13 : Sky View Factor (SVF) ou « facteur de visibilité du ciel ». Il permet un piégeage de chaleur et du

rayonnement plus ou moins important selon sa valeur (Najjar & al., 2010) 95

Annexe 14 : Organisation des documents d'urbanisme à Berlin (CERTU 2012, modifié) 96

Annexe 15 : Plans de paysages à Berlin ( http://www.stadtentwicklung.berlin.de) 96

Annexe 16 : Zonage actuel du PLU de Rennes (PLU Rennes, 2014) 97

Annexe 17 : Livret d'information sur les nouvelles méthodes de végétalisation 98

Annexe 18 : Livret d'information sur les techniques alternatives, pour la gestion des eaux pluviales 107

Annexe 19 : Fiches projets des études menées sur le territoire rennais, en lien avec l'eau et la végétation 120

9

Introduction

L'adaptation des sociétés au changement climatique est une question qui émerge depuis la fin des années 2000. L'idée que ce changement est inéluctable a généré une réelle prise de conscience de la part des politiques publiques et des collectivités territoriales (Merot, Dubreuil & al., 2012). Cette prise de conscience est d'autant plus importante que la vulnérabilité des sociétés face aux évolutions climatiques ne cesse d'augmenter, liée en partie à l'urbanisation accrue des territoires.

On distingue généralement deux volets dans la prise en compte du changement climatique. D'une part, l'atténuation, qui vise à minimiser les causes pouvant accélérer ou intensifier les dérèglements climatiques. Ces mesures visent principalement à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. D'autre part, l'adaptation, appréhendée comme une politique « nouvelle », qui interroge le domaine de l'aménagement territorial. Il s'agit notamment d'intégrer de nouvelles réflexions au sein des politiques publiques et des documents cadres, qui permettront de mieux contrôler et d'organiser le territoire en fonction des nouveaux enjeux liés à cette problématique. Concrètement, cette démarche réinterroge surtout la gestion de la végétation et de l'eau au sein des zones urbaines, ou encore la disposition du bâti, ainsi que le choix des matériaux pour les futurs projets urbains. Ces différentes mesures ont plusieurs objectifs, notamment la lutte contre l'îlot de chaleur urbain et l'augmentation des températures engendrée par le changement climatique, mais aussi la réduction de la vulnérabilité face aux aléas climatiques, plus particulièrement les inondations.

Il est important d'avoir à l'esprit que l''adaptation et l'atténuation doivent être envisagées de manière conjointe, afin de prévenir de manière efficace les effets du changement climatique. La réduction des émissions de gaz à effet de serre est donc également un enjeu majeur pour permettre la mise en place de stratégies d'adaptation. Dans cette vision, plus l'atténuation sera efficace, moins l'adaptation sera coûteuse (Ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer, 2013).

La ville de Rennes, comme d'autres agglomérations françaises, a décidé d'entamer des réflexions plus approfondies sur cette problématique d'adaptation, même si elle n'apparaît pas comme la ville la plus touchée par le changement climatique. Le territoire a pourtant déjà anticipé un enjeu majeur, à savoir l'approvisionnement en eau potable, qui était et qui est toujours une des préoccupations principales du territoire rennais, compte tenu de l'enjeu de santé publique associé. À côté de cela, les questions liées à la gestion des eaux pluviales et de la végétation dans les zones urbaines font l'objet d'une demande politique de plus en plus marquée, en particulier sur le coefficient de biotope.

Les nouvelles réflexions qui s'engagent s'inscrivent dans un contexte favorable, lié notamment à la révision du Plan Local d'Urbanisme (PLU) de Rennes, à l'élaboration du nouveau Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET), mais surtout à la mise en place du premier Plan Local d'Urbanisme intercommunal (PLUi) de la métropole, qui vise à instaurer une dynamique métropolitaine exemplaire.

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À la vue de ces nouvelles dispositions, comment intégrer les réflexions menées sur l'adaptation au changement climatique dans les prochains documents-cadres de la métropole, en favorisant à la fois l'action publique et les démarches particulières ?

La première partie précisera le contexte réglementaire sur lequel repose ces nouvelles investigations. Les principaux impacts liés au changement climatique et les différentes méthodes d'adaptation, en lien avec l'eau et la végétation seront également présentés. On veillera à discerner les actions portant sur les espaces publics de celles portant sur le domaine privé, même si certaines méthodes et certains dispositifs peuvent être intégrés aux deux niveaux de préoccupation.

En deuxième partie, la méthodologie employée pour mener à bien ces deux champs d'investigation sera expliquée, en partant de l'identification des acteurs jusqu'à la mise en place de groupes de travail selon les différentes thématiques. Les premières expérimentations, notamment sur le coefficient de biotope, permettront d'illustrer de manière concrète les hypothèses et les objectifs retenus au cours de ce travail.

Enfin, la troisième partie analysera les pistes de réflexion qui ont été mises en place au cours de ce travail de mémoire et les difficultés qui s'y sont rattachées. Des perspectives concernant de prochaines expérimentations seront également proposées.

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I. L'adaptation au changement climatique, un contexte favorable à l'émergence de nouvelles stratégies de gestion de l'eau et de la végétation sur l'ensemble du territoire métropolitain

Avant de présenter le contexte réglementaire de cette étude, il convient de donner quelques éléments de précision quant au territoire sur lequel elle s'appuie.

La ville de Rennes se situe à l'Ouest de la France, en région Bretagne (Annexe 1). Elle comporte 211 373 habitants (2013), tandis que le territoire métropolitain (correspondant à Rennes Métropole et à ses 43 communes) en dénombre aux alentours de 427 000. Les zones urbaines sont relativement denses, avec plus de 4 000 habitants par km2, soit environ 700 de plus qu'une agglomération comme Strasbourg, pourtant plus grande. Ceci résulte notamment de la politique d'urbanisation entreprise à Rennes, qu'on surnomme aussi « ville archipel » (Annexe 2). Cette appellation traduit la volonté d'articuler le développement polycentrique avec le maintien des espaces agricoles et naturels, en économisant fortement l'espace et en préservant les ressources naturelles, d'où une densification des espaces urbanisés (Plan Local d'Urbanisme de Rennes, 2009 ; Schéma de Cohérence Territoriale1 du Pays de Rennes, 2015).

Le territoire rennais bénéficie d'un climat tempéré océanique doux, qui maintient une certaine homogénéité climatique tout au long de l'année. On observe habituellement des étés modérément chauds et des hivers doux, avec une amplitude thermique annuelle relativement faible par rapport à d'autres régions françaises (Annexe 3). Les chutes de neige sont quant à elles très rares, les températures étant rarement négatives. Bien qu'on se situe en région Bretagne, la quantité de précipitations à Rennes se situe au niveau de la moyenne nationale, qui est de 700 mm/an. C'est d'ailleurs l'une des zones les moins humides de la région, avec environ 694 mm/an (sur la normale climatique 1981-2010) et des pluies réparties de manière assez régulière au cours de l'année (Météo Bretagne) (Annexe 4).

Cette rapide présentation des différentes spécificités Rennaises a pour but de poser un cadre sur le travail qui suit. Celle-ci est d'autant plus importante que les priorités et les enjeux en termes d'adaptation au changement climatique peuvent être différents en fonction de la situation géographique et de la situation climatique du territoire en question.

Pour plus de précisions, l'annexe 5 permet de localiser l'hôtel de Rennes Métropole, structure d'accueil de ce stage, qui regroupe 1 000 agents territoriaux, ainsi que 122 élus. L'organigramme en Annexe 6 donne une vision d'ensemble des différents pôles et des services de Rennes Métropole2, dont celui auquel est rattaché ce travail, à savoir le service « planification et études urbaines ».

1 SCoT

2 Abrévié « RM » dans la suite du texte

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1. Le cadre réglementaire de Rennes en pleine évolution

On perçoit un fort engagement politique de la part de la ville de Rennes. En effet, la prise en compte des enjeux énergétiques et climatiques était déjà abordée dans le projet communautaire de 2006. Aux vues des manifestations météorologiques de plus en plus probantes, appuyées par un discours politique de plus en plus engagé, les collectivités se doivent aujourd'hui de prendre en considération les enjeux qui gravitent autour du phénomène de changement climatique.

Le « Schéma Régional Climat Air Énergie de Bretagne » (SRCAE) s'inscrit dans cette dynamique, en faisant office de document cadre pour les « Plan Climat Air Énergie Territorial » (PCAET) et les documents d'urbanisme des territoires. Il s'adresse plus globalement à l'ensemble des acteurs économiques et politiques de Bretagne, afin que les enjeux climatiques, énergétiques et de qualité de l'air, fassent partie intégrante des futures décisions stratégiques et opérationnelles à tous les niveaux. Le SRCAE constitue en outre un document d'orientations générales sur lequel s'appuieront plusieurs documents, dont le PCAET, qui devront être compatibles (Document de présentation SRCAE, 2013) (Figure 1).

Figure 1 : Hiérarchie normative autour du SRCAE (Document de présentation SRCAE, 2013)

Le SRCAE 2013-2018 définit des objectifs et des orientations stratégiques à l'horizon 2020 et 2050, surtout en matière d'atténuation au changement climatique (maîtrise de la demande énergétique, lutte contre la pollution, réduction des GES3, etc.). Il comporte cependant un volet lié à l'adaptation au changement climatique. Au total, 32 orientations stratégiques sont énoncées, sous la tutelle de plusieurs grandes thématiques, comme l'aménagement et l'urbanisme ou les énergies renouvelables.

Aux vues de l'émergence de tous les enjeux liés au changement climatique et à la transition énergétique, la collectivité a décidé d'intégrer cette thématique dans les réflexions accompagnant la révision du Plan Local d'Urbanisme de Rennes et l'élaboration du premier Plan Local d'Urbanisme intercommunal de la métropole.

3 Gaz à Effet de Serre

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Celles-ci sont l'occasion de balayer largement les leviers d'action, notamment sur les sujets de l'adaptation au changement climatique, thématique encore trop peu explorée jusqu'ici par la collectivité.

1.1 La révision du PLU de Rennes et l'élaboration du premier PLUi de Rennes Métropole

Le Plan Local d'Urbanisme (PLU) est un document essentiel qui fixe les règles générales d'utilisation du sol. C'est lui qui définit la façon dont la ville doit être aménagée à moyen terme et dessine en quelque sorte l'avenir de la ville : les secteurs voués à devenir constructibles et ceux qui doivent rester naturels, les formes urbaines que peuvent prendre les constructions, les parcelles qui sont réservées aux équipements publics, etc. C'est donc un document complet, auquel tout le monde devra se référer pour comprendre et appliquer les règles d'urbanisme. Il remplace les anciens Plans d'occupation des sols (POS).

Un PLU est composé de différentes parties qu'il convient de préciser (Archives Rennes Métropole, 2016) :

? Un rapport de présentation, qui liste les choix d'organisation du territoire (via un diagnostic), les besoins et les perspectives d'évolution, ainsi que l'évaluation environnementale de la commune.

? Un PADD4, qui traduit le projet urbain, en définissant les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, etc. Celui de Rennes projette le développement urbain à l'horizon 2030.

? Les OAP5, qui définissent un ensemble de dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports ou les déplacements. Ces OAP précisent les orientations du PADD et peuvent être soit thématiques, soit focalisées sur des quartiers ou des secteurs à aménager ou à restructurer.

? Un règlement écrit et graphique, qui regroupe l'ensemble des règles d'urbanisme appliquées au territoire. Ce dernier est organisé par zones (urbaines, à urbaniser, agricoles et naturelles). Toutes les communes ne se voient pas appliquer les mêmes règles. En revanche, elles s'appuient toutes sur un dispositif graphique permettant une bonne gestion dans le temps.

? Les annexes, qui donnent des informations sur les différents éléments qui s'imposent à la commune (réseau d'eau potable, d'assainissement, gestion des déchets, etc.).

4 Projet d'Aménagement et de Développement Durable

5 Orientations d'Aménagement et de Programmation

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La révision du PLU est un long processus qui doit associer à la fois les acteurs de la ville et les habitants. La révision du PLU de Rennes a officiellement été ouverte en 20146, par décision du Conseil Municipal7. Durant cette année 2016, la révision s'ouvre à la concertation avec les Rennais et doit notamment permettre d'affiner le PADD. Cette première phase se terminera en juin 2016 par un débat sur les orientations générales du PADD en Conseil Municipal, puis en Conseil Métropolitain8. L'année suivante (2017) sera consacrée à la traduction réglementaire du projet urbain et à la formalisation du dossier du PLU. Enfin, l'année 2018 verra une ultime phase de consultation des habitants lors de l'enquête publique. La réactualisation du PLU de Rennes sera effective jusqu'à l'horizon 2030.

En parallèle de cette révision, la transformation de l'agglomération rennaise en métropole depuis le 1er janvier 2015 a entraîné le transfert de la compétence PLU des 43 communes qui la composent (Annexe 7). Le PLUi est alors l'expression du projet que portent la métropole rennaise et ses 43 communes pour les 15 prochaines années (horizon 2035). Le document-cadre final permet de réviser l'ensemble des 43 PLU des différentes communes concernées par RM et de les rassembler en un seul document unique (Archives Rennes Métropole, 2015).

L'amorce du PLUi a été lancée par les élus de RM lors du conseil métropolitain du 9 Juillet 2015. Ce document-cadre se compose de la même manière qu'un PLU classique et intègre quatre grands objectifs :

? Une métropole entreprenante et innovante, avec comme piliers principaux l'attractivité, le dynamisme économique et l'emploi.

? Une métropole accueillante et solidaire, en permettant une diversification des logements (cohésion et mixité sociale), une amélioration du cadre de vie, la limitation des risques et des nuisances et le développement des besoins commerciaux et des services.

? Une métropole écoresponsable et exemplaire, en favorisant le développement de mobilités multiples, en optimisant les réseaux existants, en mettant en réseau des grands espaces naturels et en limitant la consommation foncière des espaces agricoles.

? Une métropole capitale régionale, attractive et entraînante, avec une réelle affirmation de l'identité et du rayonnement d'une capitale régionale.

L'établissement du PLUi nécessitant une organisation complexe, un calendrier théorique permet de repérer dans le temps les périodes fortes du projet (Figure 2). On notera que celui-ci devra être formalisé en milieu d'année 2018, pour ensuite être soumis à une enquête publique, avant d'être approuvé vers le mois de Septembre 2019 (Archives Rennes Métropole, 2015).

L'élaboration de ce premier PLUi est donc un travail qui s'échelonne sur un temps de travail relativement limité (2-3 ans), si on met de côté les procédures administratives. Il nécessite d'ailleurs un dispositif humain conséquent.

6 Ancienne version du PLU de Rennes : 2006-2014 - Prochaine version : 2015-2030

7 Instance qui valide les décisions à l'échelle des communes (avant mise en place du PLUi)

8 Instance qui valide les décisions à l'échelle métropolitaine et communale depuis le passage de Rennes en métropole (avis demandé au préalable en conseil municipal)

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Il a vocation à intégrer de manière plus marquée les problématiques liées au changement climatique, notamment le volet adaptation. Pour cela, il prend en compte un autre document, le PCAET, qui se focalise essentiellement sur les thématiques climatiques et énergétiques.

Figure 2 : Calendrier prévisionnel du PLUi (Archives Rennes Métropole, 2016)

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