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Terrorisme et géopolitique en Afrique. Sens et contresens.

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par Sékou COULIBALY
Alassane Ouattara de Côte dà¢â‚¬â„¢Ivoire - Master 2015
  

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CHAPITRE 2: VERS UNE AFRIQUE UNIFIÉE ET PACIFIÉE

Comment vivre et comment bien vivre (?) est une préoccupation au coeur du politique humain. L'aspiration de l'homme à un climat de paix est la manifestation palpable de ce sentiment de bien vivre. Comment alors pouvoir réaliser l'idéal du bien-vivre si ce n'est qu'au prix d'une volonté partagée de paix. Comment s'accommoder avec les fondamentaux de paix et échapper aux violences terroristes qui mettent à rude épreuve, les sociétés africaines déjà si mal parties si l'on se réfère au titre de l'ouvrage136(*) de René Dumont ? On peut, par anticipation, miser sur l'intégration et sur une éthique de la diversité pour garantir tant soit peu, un mieux-être. Car, le signale Fié Doh Ludovic,

Chacun des pays africains étant limité dans sa capacité à réaliser la paix, la stabilité, le développement durable et l'amélioration du niveau de vie de ses populations, l'intégration semble l'une des voies indiquées pouvant conduire à l'apaisement des tensions et à la réduction des effets induits de la guerre137(*).

Si tant est qu'aucun pays en Afrique ne peut se suffire à lui tout seul, ne vaut-il pas mieux pour ces pays d'aller à l'intégration ? Maisen quoi ces indicatifs constituent-ils des stratégies dans la lutte contre les violences terroristes en Afrique ?

I. D'une politique d'intégration africaine efficiente à la paix régionale

Les pays africains encouragent et devaient davantage encourager l'immigration. Il est prouvé, l'immigration constitue une force pour les États. Cependant, dans ce tournant de la montée en puissance de mouvements terroristes qui met en branle les principes du vivre-ensemble en société, l'hospitalité des peuples africains mérite d'être redéfinie en termes de stratégie de lutte contre le terrorisme. Car, en effet, si pour l'observateur  le simple port du voile par des collégiennes musulmanes en France a pu déclencher un débat national qui exprime la percée de mouvements islamistes au sein de la jeune génération d'enfants d'immigrés, que reste à espérer d'une Afrique à frontières perpétuellement ouvertes ?Le chaos assurément ! Et cela parce que le pluriel des sociétés, s'agissant du terrorisme bien entendu, s'accommode d'un terrorisme au singulier.

C'est dire en cela que l'immigration est un facteur favorable à l'expansion de la révolution islamiste. Reconnaitre cela, c'est donc dire, par rapprochement, que le flux d'occidentaux vers l'Afrique, le taux d'immigrés des pays mondialement reconnus pour leurs implications dans ce système de rapport de forces ne met pas nos États à l'abri d'un éventuel terrorisme. Cela s'observe d'ailleurs. L'immigration stipule une ouverture aux autres en vue du bonheur de tous. Mais l'immigration, a beau être un avantage pour nos États, peut, si elle ne s'accommode pas avec une éthique, conduire au chaos.

La défense des intérêts particuliers n'est nullement favorable au pluralisme. L'objectif du pluralisme est de rapprocher les particularités autour des référentiels du collectivisme. On ne peut pas vivre dans une société close. D'un tel point de vue, peut-on penser que l'intégration suppose-t-elle la négation des particularités ou la suppression de la compétitivité entre nations ? Absolument pas ! Elle est favorable aux particularités, à la compétitivité certes, mais s'oppose à l'exclusion. Elle mise sur la valorisation du savoir-faire, du savoir-être collectif. Elle suppose le vivre-ensemble basé sur un minimum de droits, sur un minimum de solidarité et de tolérance.

D'un tel avis, l'Afrique doit s'unir pour lutter efficacement contre le terrorisme. Elle doit unir ses particularités, ses forces et ses convictions, les intégrer. Cette union ou unité africaine implique avant tout, l'octroi de pouvoirs aux instances internationales (surtout dans les prises de décisions) marqué par une rectification du sens accordé à la souveraineté de nos États. Ce qui, au-delà de tout cadre de compétitivité, encouragerait une citoyenneté africaine qui entremêlera les actions individuelles de lutte contre les violences sociales de tout ordre. De sorte, la convergence des aspirations à la paix, dénotant d'un intérêt géopolitique commun, d'une dynamique cosmopolitique, aboutit à l'avènement de « la paix perpétuelle dont on ne peut se flatter de se rapprocher continuellement »138(*). Cette paix « perpétuelle » ne saurait cependant s'acquérir que par la création de dispositif militaire sous régional qui garantisse à chacun des territoires africains, une infirme garantie de stabilité. Car, on peut le lire chez Rawls, « la coopération sociale doit toujours viser un bénéfice mutuel »139(*).

En fait, face au terrorisme en Afrique, les États ne disposent que de faible moyen pis, quelques fois inapproprié. Ainsi, le projet d'une quelconque réforme ou reconfiguration d'une éventuelle armée panafricaine stipule, et on peut le lire dans Philosophy in a time of terror140(*) que « Lorsqu'une telle communauté aura été instituée, une violation des droits dans n'importe quelle partie [...] sera perçue partout ailleurs »141(*).Ce qui fait de l'intégration une exigence pour la garde et la sauvegarde des sociétés africaines. C'est d'ailleurs en ce communautarisme qu'on trouvera un des fondements de la paix internationale selon Gandhi. Pour Gandhi, en effet, la solidarité, telle qu'on l'aperçoit dans les familles, doit s'étendre à l'humanité toute entière pour garantir une paix durable. Car, telle dans une famille,

La cohésion des nations est faite de la réciprocité d'égards qui existe entre citoyens. Un jour, il faudra étendre à l'univers entier cette entente nationale, de la même manière qu'on a su élargir aux dimensions de tout un pays la solidarité qui a toujours caractérisé la famille142(*).

Cela est possible parce que « l'humanité est une ». Pour Gandhi donc, il faut rendre universelle certaines expressions culturelles et sociales qui contribueraient au mieux au renforcement d'une entente nationale ou internationale. Bâtie sur des fondamentaux tels que le droit, la solidarité et la tolérance, l'intégration est favorable à l'épanouissement des particularités. Le droit qui accompagne l'intégration sociale en constitue un médium approprié. Aller à l'intégration en Afrique, pour nous, c'est avant tout, restant soi-même, s'ouvrir à l'autre dans un souci de promotion des valeurs juridiques et sociales. Au-delà, c'est de bâtir une armée africaine forte et capable de mettre hors d'état de nuire, les sociétés à la fois économiquement faibles et militairement insignifiantes. L'intégration dans la lutte contre le terrorisme et/ou contre toute autre sorte de violence, passe d'abord par la promotion de la justice, de la solidarité et de la tolérance.

* 136 René DUMONT, L'Afrique noire est mal partie, Paris, Éditions du Seuil, 1969.

* 137 Ludovic Doh FIÉ, "De l'intégration africaine : contribution à la prévention et à la gestion des conflits", in « Notre Afrique. Revue ivoirienne de l'intégration africaine », N°001, premier trimestre 2009, p. 20. Consulté le 02 juillet 2015 à 02h 06minutes.

* 138 Emmanuel KANT, Vers la paix perpétuelle, Essais philosophiques, trad. J. Darbellay, Paris, PUF, 1974, p. 111.

* 139 John RAWLS, « Les libertés de base et leur priorité » in André BERTIN, DA SILVEIRA, Pablo et POURTOIS, Hervé (eds.) Libéraux communautariens, Paris, PUF, 1997, p. 181.

* 140 Titre original de Le « concept » du 11 septembre, Derrida et Habermas, Op.cit.

* 141 Jacques DERRIDA, Jürgen HABERMAS, Op.cit., p. 15.

* 142 GANDHI, Tous les hommes sont frères, Vie et pensées du Mahâtmâ Gandhi d'après ses oeuvres, Paris, Gallimard, 1969, pp. 203-204.

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