WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Effets de l'ouverture commerciale sur la croissance économique du Burkina Faso.


par Yempabou Landry Clotaire MANO
ENAM - Conseiller des affaires économiques 2015
  

précédent sommaire suivant

PARTIE II : STRUCTURE DU COMMERCE EXTÉRIEUR ET EFFETS

DE L'OUVERTURE SUR LA CROISSANCE

Dans cette deuxième partie, le premier chapitre est consacré à l'étude de l'environnement des échanges extérieurs et le second à l'étude empirique.

Chapitre I : Environnement des échanges extérieurs

L'analyse du solde commercial et des partenaires commerciaux est abordée dans ce chapitre.

Section I : Analyse du solde commercial

Le solde commercial est la différence, en termes de valeur monétaire, entre les exportations et les importations de biens 18 ou de biens et services dans une économie sur une période donnée (en général l'année). On parle aussi de balance commerciale. Il est une composante de la balance courante19, elle-même partie intégrante de la balance des paiements20. Mieux, c'est l'un des soldes les plus importants de la balance des paiements dans la mesure où il permet de mesurer les effets des phénomènes économiques ou des changements de politique économique.

Le graphique suivant retrace l'évolution de la balance commerciale, de la balance des biens et celle des services du Burkina Faso sur la période 1960-2012.

32

18 Selon la comptabilité nationale française

19 Solde commercial+solde du compte revenus et transferts courants

20 Balance courante+solde du compte capital et opérations financières

33

Figure 4 : Évolution du solde commercial de 1960 à 2012

x 100 000 000 $ US

-10

-12

-14

-16

-2

-4

-6

-8

4

0

2

Balance B&S ($ US courants) Balance B ($ US courants) Balance S ($ US courants)

1960 1962 1964 1966 1968 1970 1972 1974 1976 1978 1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012

Source : l'auteur à partir des données de la BM (WDI 2013)

Dans l'ensemble, il ressort du graphique que la balance commerciale du Burkina Faso au cours de la période étudiée est déficitaire. Ce déficit est même croissant (7,87% de croissance annuelle moyenne) de 1960 à 2008 où il atteint sa valeur maximale de 1 379 552 813 $ US. A partir de 2008, il amorce une décroissance annuelle moyenne de 14,81% pour atteindre la valeur 726 401 192 $ en 2012.

Deux agrégats concourent à l'explication du déficit du solde commercial. Il s'agit de la balance des services d'une part et celle des biens d'autre part.

La balance des services est la différence entre les exportations et les importations de services durant l'année. Elle connait dans l'ensemble un déficit assez modéré avec par moment des périodes excédentaires. Le commerce des services représente en moyenne 22.87% de la valeur des échanges de biens et services. C'est sans doute pour cette raison que la courbe du solde commercial est quasiment confondue à celle de la balance des biens.

La balance des biens est la différence entre les exportations et les importations de produits durant l'année. Elle est déficitaire sur toute la période d'étude et influence

34

fortement la balance commerciale. En effet, les taux de couverture21 ont fluctué entre 12,59% et 68,23% et la moyenne s'est établie à 34,58%, traduisant le fait que la valeur des importations de biens a toujours surpassé celle des exportations. La période 1960-2008 se singularise par un accroissement du déficit avec une vitesse annuelle moyenne de 11,77%. A partir de 2008, la balance des biens connait une amélioration. Le déficit amorce une décroissance annuelle moyenne de 6,4% jusqu'en 2012. Le faible niveau du solde les premières années (1960-1973) est en partie imputable à la faiblesse des échanges commerciaux et surtout des exportations au lendemain de l'indépendance. Le plus grand déficit enregistré en 2008 est quant à lui imputable à la crise économique marquée par un renchérissement des importations. Concernant la structure des échanges de biens, les tableaux suivants renseignent sur la composition des cinq premiers produits d'importation et d'exportation du Burkina Faso de 2009 à 2013.

Tableau 2 : Part en % des cinq premiers produits d'importation dans le total des
importations de biens de 2009 à 2013.

Années

2009

2010

2011

2012

2013

Moyenne

Produits

Huiles et préparations de pétrole

20,17

19,69

20,86

23,09

22,63

21,29

Médicaments

4,31

3,72

4,62

2,92

4,25

3,96

Riz

3,34

2,95

3,67

3,37

3,01

3,27

Ciments hydrauliques

3,35

3,42

2,85

2,72

2,61

2,99

Voitures de tourisme et autres véhicule

3,26

3,22

2,94

2,49

2,39

2,86

Part total dans les importations

34,43

33,00

34,94

34,59

34,89

34,37

Source : Direction Générale du Commerce (DGC), 2014

21 Le taux de couverture est le rapport exportations/importations multiplié par 100. Lorsqu'il est inférieur à 100%, il traduit une balance déficitaire. Dans le cas contraire la balance est dite excédentaire.

35

Tableau 3 : Part en % des cinq premiers produits d'exportation dans le total des
exportations de biens de 2009 à 2013.

Année

2009

2010

2011

2012

2013

Moyenne

Produits

Or non monétaire

46,25

67,12

76,74

72,49

63,03

65,13

Coton

28,51

16,97

11,31

13,48

18,65

17,78

Graines de sésame

5,45

4,26

2,41

4,05

6,85

4,60

Noix de cajou

0,31

0,59

2,62

1,51

2,21

1,45

Graine de karité

1,45

1,12

1,34

0,91

1,85

1,33

Part totale dans les exportations

81,97

90,06

94,42

92,44

92,59

90,29

Source : DGC, 2014.

Il ressort que les importations de marchandises sont assez diversifiées (les cinq premières importations représentent en moyenne moins de 35% de la valeur totale des importations sur le quinquennat) et que les exportations par contre sont très peu diversifiées. Les cinq produits représentent en moyenne 90,3% de la valeur totale des exportations. Par ailleurs, en partant de la catégorisation des marchandises en quatre grands groupes à savoir les produits primaires, les produits manufacturés de base et produits mixtes, les biens intermédiaires et biens d'équipement, les biens de consommation ; on constate que les cinq premières importations sont constituées en moyenne de 71,46% de produits primaires (hydrocarbures et riz), 19,84% de biens de consommation ( médicaments, voitures de tourisme et autres véhicules) et 8,7% de produits manufacturés de base et produits mixtes (ciments hydrauliques). Les cinq premières exportations sont entièrement des produits primaires. Sur ces points, les études théoriques renseignent que les gains à l'ouverture pour un pays en développement passent par les transferts de technologie contenus dans les biens importés et qu'une politique commerciale stratégique peut s'avérer nécessaire pour inverser la tendance à la spécialisation dans des secteurs à faible croissance comme le commerce des produits primaires. Le Burkina Faso doit donc mieux saisir les opportunités de l'ouverture en important davantage des biens intermédiaires et d'équipement à l'image des moteurs industriels, machines-outils, matériels agricoles et de transport, machines de construction.... Cela passe aussi par une plus grande diversification et la valorisation des produits d'exportations.

36

précédent sommaire suivant