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Effets de l'ouverture commerciale sur la croissance économique du Burkina Faso.

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par Yempabou Landry Clotaire MANO
ENAM - Conseiller des affaires économiques 2015
  

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Section II : Partenaires commerciaux

Les partenaires commerciaux désignent ici les pays qui entretiennent des rapports commerciaux avec le Burkina Faso. Il s'agit aussi bien des partenaires à l'exportation que ceux à l'importation. Seul le commerce de marchandises sera retenu22 ici.

Le tableau suivant renseigne sur la part en pourcentage (%) des exportations totales des dix premiers partenaires à l'exportation.

Tableau 4 : Part en % des dix premiers partenaires à l'exportation de 2001 à 2014

Années

Pays

2001

2002

2003

2004

2005

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

Moyenne

Suisse

30

10,3

4,1

9,9

9,4

27,9

40,1

55,4

63,5

69,2

66,6

52,2

50

37,58

Togo

1,2

4

49

46,9

41

4,6

2,2

0,8

1,1

0,6

0,6

0,8

1,6

11,88

France

22,7

46,2

4,7

7,1

9,8

13,9

8,9

5,2

2,3

2,4

2,3

2,9

4,1

10,19

Ghana

2,4

2,8

27

16,9

16,6

9,1

4,1

4,2

2,7

2,1

1,8

2,1

2,5

7,25

Singapour

6,4

5,4

0

0,2

2,2

7,4

11,3

11,8

4,9

4,7

4,9

5,2

6,8

5,48

Côte d'Ivoire

7,5

7,3

2

8,8

10,5

4

5,3

2

1,5

1

0,9

2,3

5,2

4,48

Afrique du Sud

0,5

0

0

0

0

0

0

0

11,2

10,3

10,4

5,4

4

3,22

Mali

4,1

3,3

3,7

0,8

1,8

2,6

2,2

1,2

0,9

0,4

0,6

6,6

8,8

2,85

Belgique

4,1

4

0,5

0,1

1,4

9,7

4,1

4,1

1,4

2,2

0,1

0,2

1,1

2,54

Niger

5,2

2,1

3,7

3,8

2,3

2,3

2,8

3

1,8

0,6

0,5

1,3

1,6

2,38

Total

84,1

85,4

94,7

94,5

95

81,5

81

87,7

91,3

93,5

88,8

79

85,7

87,86

Source : Trade Map (Calculs du CCI sur la base des statistiques de UN COMTRADE)

Il ressort que la Suisse, premier partenaire absorbe en moyenne plus du tiers des exportations (37,58%) et que trois pays (Suisse, Togo, France) détiennent ensemble plus de la moitié des parts (59,65%). Cela traduit la forte dépendance des exportations Burkinabè à l'égard de ces partenaires et dénote par conséquent une certaine vulnérabilité. Par ailleurs, les dix premiers partenaires détiennent en moyenne sur la période 2001-2014 près de 87,86% des parts. Toute chose qui confirme la faible diversité des clients du Burkina Faso. Une analyse dynamique nous permet de remarquer que seulement quatre des dix partenaires (Suisse, Singapour, Afrique du Sud, Mali) ont eu des parts croissantes du premier septennat (2001-2007) au second 23 . Le tableau renseigne également que cinq des dix partenaires (Togo, Ghana, Cote d'ivoire, Mali, Niger) sont des pays limitrophes du Burkina Faso. Cela est appréciable et peut s'expliquer en partie par l'appartenance

22 Ceci s'explique par l'indisponibilité de données sur les partenaires au commerce des services

23 Évalué sur la base de la moyenne des parts par septennat

37

de la quasi-totalité de ces pays à l'espace UEMOA. Cependant cette situation peut traduire aussi les difficultés d'écoulement des produits locaux au delà des frontières sous régionales. Sur ce point il est nécessaire de rappeler que malgré les opportunités offertes par la loi « African Growth and Opportunity Act24 » (AGOA), le Burkina Faso arrive à peine à accroitre ses exportations vers les États-Unis. Des dix premiers partenaires à l'exportation, le coefficient de variation (issu de la distribution des parts) le plus élevé est celui du Togo (156,6%) et le plus faible celui du Niger (53,52%).Toute chose qui nous permet de déduire que le Niger est le partenaire à l'exportation le plus stable25 sur la période 2001-2014.

Le tableau qui suit représente l'évolution des parts détenues par les dix premiers partenaires à l'importation du Burkina Faso.

Tableau 5 : Part en % des dix premiers partenaires à l'importation de 2001 à 2014

Années

Pays

2001

2002

2003

2004

2005

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

Moyenne

France

21

22,3

21,6

21,3

18,7

15,3

13,8

12,8

10,3

12,1

9

8,6

11,1

15,22

Côte d'Ivoire

20,3

19,9

8,8

14,4

17,9

17

15,4

14,5

16

10,7

9,7

8,9

16,9

14,65

Chine

4,6

4,3

2,7

4

2,7

8,3

9,7

9,8

9,7

9,8

9,3

9,7

9

7,20

Togo

3,3

3,3

18,1

13,4

11,2

3,9

3,9

4,3

4,5

3,9

4,8

4,2

12,1

6,99

États-Unis

4

3,2

2

2,2

2,6

6,6

5,7

4,9

4

4,3

5,2

6,2

2,3

4,09

Inde

1,2

2,4

2,3

1,7

2,7

6,4

5,9

4,4

2,8

3,7

3,5

4,7

3,5

3,48

Ghana

1,2

1,2

3,8

2,7

5,8

3,6

4,6

2,8

2,7

2,7

3

3

5,8

3,30

Pays-Bas

1,9

2,2

1,4

1,3

1

2,6

3,4

5,3

4,4

4

3

8,6

1,3

3,11

Belgique

1,9

3,5

5,6

5,3

4,1

2,5

2,5

3,2

2,1

1,7

1,8

2,9

2,9

3,08

Allemagne

3,3

3,1

3,1

2,3

1,6

2,4

2

3,2

4

3,9

3,4

3,6

1,9

2,91

Total

62,7

65,4

69,4

68,8

68,3

68,6

66,9

65,2

60,5

56,8

52,7

60,4

66,8

64,03

Source : Trade Map (Calculs du CCI sur la base des statistiques de UN COMTRADE)

De façon générale, les importations en provenance des dix principaux partenaires représentent en moyenne 64,03% de la valeur totale des importations sur la période observée. Cette concentration des échanges traduit la faible diversité des partenaires commerciaux du Burkina Faso. Deux pays, à savoir la France et la Côte d'Ivoire, détiennent près de 30% des parts. L'analyse dynamique révèle que des pays comme la Chine, les Pays-Bas et l'Inde ont vu leur part croitre du premier au

24 L'AGOA est une préférence supplémentaire offerte par les USA aux pays de l'Afrique au sud du Sahara depuis le 18 mai 2000 dans le cadre du Système Généralisé de Préférences (SGP) établi en 1976. Ainsi près de 6485 produits peuvent être exportés aux USA par les pays éligibles en franchise de droits et taxes. Le Burkina Faso en bénéficie depuis le 10 décembre 2004.

25 Dont les parts varient peu

38

second septennat, au détriment de la France, du Togo et de la Côte d'Ivoire qui enregistrent les plus grandes baisses.

Selon les études empiriques (confère Coe et Helpman, 1995), les gains à l'ouverture d'un pays dépendent non seulement de son propre stock en Recherche et Développement (R&D), mais aussi de celui de ses partenaires commerciaux. L'étude des partenaires commerciaux du Burkina Faso nous aura permis de savoir que le pays commerce avec des partenaires à haut niveau de R&D à l'instar des États-Unis, la Chine, l'Allemagne, la France, ou de façon plus large, à niveau de R&D supérieur au sien. Cela est appréciable car devrait favoriser le transfert de technologie nécessaire à l'accroissement de la productivité. Par contre, l'étude a révélé aussi que les partenaires commerciaux du Burkina Faso, surtout ceux à l'exportation, sont peu diversifiés. Cela peut porter préjudice à l'économie nationale en cas de chocs économiques affectant ces derniers.

Au terme de ce chapitre, nous retenons que le solde des échanges extérieurs du Burkina Faso est structurellement déficitaire avec des exportations peu diversifiées et constituées essentiellement de produits primaires. Ses partenaires commerciaux sont aussi peu diversifiés, ceux à l'exportation sont majoritairement membres de l'espace commun de l'UEMOA. Pour toutes ces raisons nous pouvons conclure que le Burkina Faso ne tire pas pleinement profit de ses échanges extérieurs, confirmant ainsi la première hypothèse de notre étude. Le chapitre qui suit aura lui pour ambition, de vérifier la seconde hypothèse selon laquelle l'ouverture commerciale influence positivement la croissance économique du Burkina Faso.

39

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