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Effets de l'ouverture commerciale sur la croissance économique du Burkina Faso.


par Yempabou Landry Clotaire MANO
ENAM - Conseiller des affaires économiques 2015
  

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Section II : Interprétation des résultats et suggestions

Il s'agira ici d'interpréter les résultats du modèle et faire des propositions.

Paragraphe I : Interprétation des résultats

Soit la matrice des élasticités de court et de long terme par rapport au PIB réel suivante :

51

Tableau 13 : Matrice des élasticités

Variables (en log)

Élasticités de court terme

Élasticités de long terme

Capital physique

0,09

0,14*

Capital humain

-0,22

-0,88***

Ouverture commerciale

0,03

0,42***

Investissement étranger

-

-0,005

Population active

-

1,42***

Source : l'auteur à partir des résultats de l'estimation

***, **,

* représentent la significativité aux seuils respectifs de 1%, 5% et 10%.

Le tableau montre que le capital physique, l'ouverture commerciale et la population active contribuent positivement à la croissance économique. Seuls l'investissement étranger et le capital humain agissent négativement sur le PIB réel. On note par ailleurs que les coefficients sont plus significatifs et plus importants à long terme qu'à court terme. C'est le cas notamment pour les variables, capital humain, ouverture commerciale et population active.

De façon spécifique, une hausse du capital physique de 1% entraine une hausse du PIB réel de 0,09% à court terme et de 0,14% à long terme. Cela corrobore la thèse du fondamentalisme du capital prônée par les théoriciens de la croissance exogène. Son signe est donc celui attendu.

Une hausse du capital humain de 1% entraine une baisse du PIB réel de 0,22% à court terme et de 0,88% à long terme. Selon la théorie économique, l'investissement en capital humain améliore le niveau de productivité de la société. Toute chose qui est censée agir positivement sur la croissance. Son signe n'est donc pas celui attendu. Toutefois, ce même résultat négatif a été trouvé par Berthélemy et al. (1997), et Abessolo (2005) dans leurs études sur les PED. Dessus (2000) justifie cela par la mauvaise qualité du système éducatif dans les PED : la scolarisation massive de la population s'est faite au détriment de la qualité de l'éducation. Au Burkina Faso, du fait de l'inadéquation du capital humain disponible avec la demande sur le marché du travail, se développe le phénomène du chômage des

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diplômés. Ces derniers deviennent des charges supplémentaires, tirant ainsi vers le bas, le revenu moyen par ménage.

Une hausse du degré d'ouverture commerciale de 1% entraine une croissance du PIB réel de 0,03% à court terme et de 0,42% à long terme. Ces effets positifs et significatifs notamment à long terme, montrent le rôle combien important de l'ouverture commerciale dans le processus de croissance. L'hypothèse 2 de notre étude, selon laquelle l'ouverture commerciale influence positivement la croissance économique, est donc confirmée.

Une hausse du taux d'investissement direct étranger de 1% entraine une baisse de la croissance de 0,005% à long terme. L'investissement direct étranger influence donc faiblement et négativement la croissance économique. La faible influence peut être expliquée par la faiblesse du taux d'IDE, la moyenne des taux sur la période étant de 0,62%. Quant au sens de l'influence, il est en partie imputable au faible niveau du capital humain. En effet des études empiriques menées par Blomstrom et al. (1992) montrent que l'impact des IDE sur la croissance peut se révéler négatif dans les pays dotés d'un faible niveau de capital humain. Pour Borensztein, De Gregorio et Lee (1998), l'IDE n'a d'impact positif, que si le niveau de scolarisation de la population dépasse un seuil donné. La moyenne des taux bruts de scolarisation au secondaire du Burkina Faso se situe au niveau de 14,69% sur la période d'étude. Cette situation pourrait donc expliquer la contribution négative de l'IDE sur la croissance.

Enfin, une augmentation de la population active de 1% entraine à long terme une hausse du PIB réel de 1,42%. C'est la variable du modèle qui influence le plus la croissance économique. Les résultats sont conformes à la théorie économique puisque pour les théoriciens de la croissance exogène, la quantité de travail est considérée comme facteur de production.

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