WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Effets de l'ouverture commerciale sur la croissance économique du Burkina Faso.


par Yempabou Landry Clotaire MANO
ENAM - Conseiller des affaires économiques 2015
  

précédent sommaire suivant

Paragraphe II : Propositions de mesures pour réduire le déficit
commercial et accroitre les effets positifs de l'ouverture.

Les différentes propositions sont faites sur la base des hypothèses de l'étude et au vu des résultats de l'estimation.

53

Selon la première hypothèse de notre travail, le Burkina Faso ne bénéficie pas pleinement de ses échanges extérieurs. Cette hypothèse a été confirmée par l'analyse du solde commercial et des partenaires commerciaux effectuée dans le chapitre précédent. Il est ressorti que le solde commercial est structurellement déficitaire et que ce déficit est plus marqué dans le commerce des marchandises. Les produits exportés sont essentiellement primaires et peu diversifiés. Les importations, elles, sont assez diversifiées mais restent majoritairement orientées vers des biens non durables. Les partenaires commerciaux sont, eux aussi, peu diversifiés. Des actions étant déjà menées dans le sens de la diversification et de la valorisation des produits d'exportation, nous ne pouvons que proposer le renforcement des capacités des institutions s'y attelant. La participation du pays dans les foires internationales, la promotion de la diplomatie commerciale33 sont autant de pistes à explorer pour résoudre le problème de la diversification des partenaires commerciaux. Il est tout aussi utile d'attirer l'attention des autorités sur la nature des principaux produits importés. La forte importation de produits comme le riz est selon certains experts notamment Yaméogo (2005), la résultante de la faible capacité de l'offre nationale à répondre à une demande de plus en plus croissante. En prenant des mesures pour stimuler la production (aménagement de terres cultivables, facilitation de l'accès à l'eau, meilleur encadrement des riziculteurs...), l'État pourra contribuer activement à la réduction du déficit commercial. Par ailleurs, à travers un allègement fiscal sur les importations de biens d'équipement, on peut favoriser le transfert de technologie nécessaire au développement industriel.

La seconde hypothèse est que l'ouverture commerciale influence positivement la croissance économique. Elle a été vérifiée par l'étude empirique du lien ouverture-croissance menée dans ce chapitre. Il est ressorti que l'ouverture a des effets positifs à court terme et à long terme sur la croissance, avec un effet beaucoup plus marqué à long terme. La tendance à l'ouverture de l'économie burkinabè est donc justifiée. Pour agir positivement et directement sur l'ouverture commerciale, le gouvernement peut actionner les leviers suivants : les exportations (accroissement), les importations (accroissement), les barrières au commerce (réduction). Toutefois l'ouverture doit

33 On entend par là, l'ensemble des moyens et instruments diplomatiques destinés à promouvoir l'image de la nation auprès des investisseurs étrangers, à soutenir et encourager les activités des entreprises à l'étranger, à faciliter la conclusion de contrats internationaux ou le transfert d'activités, ou encore à ouvrir des marchés

54

être prudente car ses effets bénéfiques n'apparaissent pas de manière automatique. En effet d'autres éléments comme le profil des exportations et des importations, les politiques fiscales rentrent aussi en compte. Pour l'heure, le Burkina Faso gagnerait à développer de nouvelles sources de spécialisation.

Les résultats de l'estimation nous renseignent que pour une croissance soutenue, des variables comme la population active, le capital humain, le capital physique et l'investissement direct étranger sont aussi à prendre en compte. L'État peut agir sur : la population active en rendant flexible le marché du travail ; le capital humain en améliorant la qualité du système éducatif et l'accès aux soins de santé ; le capital physique en améliorant l'accès aux biens d'équipement ; l'investissement direct étranger par l'attractivité du système juridique et le développement du système financier.

55

précédent sommaire suivant