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Effets de l'ouverture commerciale sur la croissance économique du Burkina Faso.


par Yempabou Landry Clotaire MANO
ENAM - Conseiller des affaires économiques 2015
  

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Chapitre II : Analyse de l'évolution de la croissance économique et de l'ouverture commerciale du Burkina Faso

Pour connaître la manière dont les indicateurs, commercial et économique ont évolué, nous procéderons à l'analyse de la croissance de l'économie burkinabè en section I et à celle de l'évolution de l'ouverture commerciale en section II.

Section I : Analyse de la dynamique économique

Cette section se consacre à l'analyse de l'évolution du PIB réel de 1960 à 2010.

La mesure du PIB a un caractère nominal. La hausse du PIB peut être le résultat d'une augmentation des prix, les quantités des biens et services restant inchangées. Il convient donc d'utiliser le PIB réel qui autorise une approche en termes de volume.

Le graphique ci-dessous représente l'évolution du PIB réel (base 100 en 2005). Les données sont issues de la base de données des comptes nationaux de la BM et fichiers de données des comptes nationaux de l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE).

Figure 1 : Évolution du taux de croissance annuel moyen par quinquennat de 1960 à

2010.

4%

8%

0%

7%

6%

5%

3%

2%

1%

Source : l'auteur à partir des données de la BM (WDI, 2013)

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De façon générale, le PIB réel a connu une croissance annuelle moyenne de 4,20% sur l'ensemble de la période 1960-2010. Cela traduit le dynamisme de l'économie burkinabè. Quatre phases se dégagent de l'observation du trend. Il s'agit respectivement des périodes 1960-1965 à 1980-1985 ; 1980-1985 à 1985-1990 ; 1985-1990 à 1995-2000 et 1995-2000 à 2005-2010.

De l'histoire des grandes politiques économiques du Burkina Faso, on retient trois périodes à savoir la période ante-PAS (1960-1990), la période PAS (1990-2000) et la période post-PAS (2000 à nos jours).

Les deux premières phases de l'évolution du PIB réel s'insèrent dans la période ante-PAS marquée globalement par une croissance économique erratique due en partie à un secteur industriel, des sociétés d'État et des banques en difficultés. Toutefois les bonnes performances agricoles et le faible niveau d'inflation et d'arriérés de paiement ont permis de réaliser une croissance positive quoique en deçà de la moyenne de 4,2%. La faible croissance sur la première phase (19601985) peut être attribuée dans un premier temps à une gestion hasardeuse de l'économie compte tenu de l'insuffisance de ressources humaines au lendemain des indépendances et ensuite à la gestion rigoureuse des finances publiques12 connue sous le sobriquet de « garangose ». La seconde phase (1985-1990) retrace les séquelles de la révolution du 4 août 1983. Ce fut une période d'auto ajustement pour un développement auto centré, basé sur les ressources internes du pays (« consommons ce que nous produisons et produisons ce que nous consommons »). La politique de substitution aux importations clairement affichée a été également renforcée au moment de la révolution. Toutefois au cours de la période révolutionnaire, les conditions sanitaires se sont nettement améliorées à travers les campagnes de vaccination et d'immunisation contre de nombreuses maladies ainsi que par la construction collective de nombreux Centres de Santé et de Promotion Sociale (CSPS). Des résultats probants ont été obtenus : le nombre d'habitants pour un médecin est passé de 37.000 en 1980 à 30.500 en 1986 et l'espérance de vie s'est améliorée de 37 ans en 1960 à 48 ans en 1988 (Kaboré, 2011). Des efforts ont été faits également dans le domaine de l'éducation. La chute du taux de croissance du PIB réel sur le quinquennat 1985-1990 peut, en partie, être expliquée par ces

12 La gestion à l'équilibre permet sans doute d'assainir les finances publiques mais n'est pas toujours compatible avec les objectifs de développement.

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lourds investissements dans les secteurs sociaux dont les effets sur la croissance se manifestent à moyen ou à long terme. Par ailleurs, ce fut également une période de rectification dans la mesure où juste après le coup d'État du 15 octobre 1987 on a assisté à un renouveau de la politique économique marquée par un contexte beaucoup plus libéral.

La troisième phase (1985-1990 à 1995-2000) s'inscrit globalement dans la période PAS des grandes politiques économiques. Elle est marquée par la mise en place d'un ensemble de programmes (politiques macro-économiques, politiques de régulation, réformes du secteur financier et des sociétés d'État, politiques sectorielles) insufflés par la BM et le FMI. Ce dynamisme s'est traduit par une croissance continue du PIB réel qui a atteint son maximum de 6,74% sur le quinquennat 1995-2000. Toutefois les économistes s'accordent sur le fait que la croissance économique réalisée au cours de cette période a été appauvrissante. En effet, l'incidence de la pauvreté est passée de 44,5% en 1994 à 45,3% en 1998 pour atteindre 46,4% en 2003 (Données d'enquêtes-INSD). Une explication plausible serait la mauvaise répartition des fruits de la croissance entre les différentes couches sociales. En délaissant les investissements sociaux jugés budgétivores et peu productifs ou du moins en les rationalisant, les PAS ont contribué à dégrader les conditions de vie des plus pauvres au profit d'une minorité d'opérateurs économiques.

La quatrième phase (1995-2000 à 2005-2010) est quant à elle marquée par la mise en place d'une stratégie nationale (le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP)) qui s'inscrit dans le contexte général de la période post-PAS. En s'appuyant sur quatre axes stratégiques13, le CSLP tente de remédier à la pauvreté afin de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en 2015. Selon l'enquête 2009-2010 de l'INSD, l'incidence de la pauvreté s'est établie à 43,9% en 2009 (contre 46,4% en 2003).

13 Les 4 axes stratégiques : accélérer la croissance et la fonder sur l'équité ; garantir l'accès des pauvres aux services sociaux de base ; élargir les opportunités en matière d'emploi et activités génératrices de revenus pour les pauvres et promouvoir une bonne gouvernance.

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