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Changements climatiques et production agricole dans les pays de la CEEAC


par Blaise Ondoua Beyene
Université de Yaoundé 2 - Master Degree 2019
  

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Chapitre 3 : enseignement de la littérature sur les stratégies d'adaptation aux effets des changements climatiques

Les mesures d'adaptation aux effets des changements climatiques ont pour objectif de réduire la vulnérabilité des systèmes socio-économiques. L'efficacité des stratégies sur le rendement agricole constitue la deuxième relation dont la quête du niveau d'appréciation est envisagée dans ce chapitre. Pour y parvenir, deux parties vont servir de fil conducteur à savoir : un enseignement sur les différentes stratégies d'adaptation (section 1) et une revue des stratégies d'adaptation agricoles aux changements climatique (section 2).

Section 1 : Enseignement de la littérature sur les stratégies d'adaptation

L'adaptation est définie comme « l'ajustement des systèmes naturels ou humains en réponse à des stimuli climatiques présents ou futurs ou à leurs effets, afin d'atténuer les effets néfastes ou d'exploiter des opportunités bénéfiques » (Dumas, 2006). Pour mieux comprendre l'adaptation, nous recourrons à la typologie de Smit et al. (1999) (1.1) et aux processus d'adaptation selonAbid et al.(2019) en (1.2).

1.1 Typologies de l'adaptation aux changements climatiques

Smit et al. (1999) distinguent plusieurs types d'adaptations au sein des sociétés humaines à savoir d'une part l'adaptation planifiée et d'autre part l'adaptation spontanée ou autonome(Bawakyillenuo et al., 2016).

1.1.1 Adaptation par rapport au caractère plus ou moins spontanée

L'adaptation spontanée ou autonome est interprétée comme étant liée aux initiatives du secteur privé27(*) élaborée pour faire face aux modifications actuelles ou futures liées aux changements climatiques(Smit et Pilifosova, 2001). Smit et Lenhart (1996) définissent l'adaptation autonome comme étant celle qui se met en place « naturellement », sans l'intervention du secteur public.

Plus une mesure d'adaptation requiert d'avoir conscience que le climat est en train de changer ou changera dans le futur, moins elle sera spontanée. Cette distinction permet d'opposer de façon binaire une adaptation spontanée à une adaptation consciente (Fankhauser et Tol, 2005). L'adaptation des êtres vivants non-humains est nécessairement spontanée, une adaptation consciente étant forcément associée à une intention. C'est également dans le cadre d'une adaptation consciente qu'une erreur est possible et qu'une mal adaptation peut avoir lieu.Sans intention, il ne peut y avoir d'erreur. Par exemple, la construction de digues permettant de faire face à la montée des eaux est une forme d'adaptation consciente ; la construction des systèmes d'irrigation en fait également partie.

Par contre, l'adaptation passant par un mécanisme de marché peut être une adaptation spontanée. En effet, la diminution des activités exposées aux changements climatiques au profit des activités épargnées peut avoir lieu par le biais d'une diminution de la rentabilité relative des activités exposées sans que les acteurs ne mettent les changements climatiques en cause. Les marchés peuvent également être un lieu de coordination pour des agents prenant en compte les effets du climat.Ils permettent d'agréger les croyances, des prévisions.Dans ce cas, ils peuvent permettre une dissémination des prises de conscience de certains agents.

La distinction peut également porter sur le type d'agent. La distinction est généralement faite entre les puissances publiques et les agents privés. Cette distinction correspond à une distinction de type principal-agent. Dans cette acceptation, le principal est un décideur politique ou une agence gouvernementale. Il met en place un cadre dans lequel un agent va agir de façon autonome (Dumas, 2006). L'agent agit librement dans ce cadre, par exemple en suivant les lois du marché ou en faisant des choix techniques. Cet agent autonome est considéré comme ayant une rationalité de type individualiste, à la différence du décideur qui est censé avoir une mission de maximisation du bien-être collectif. La prescription de normes, de subventions, de taxes ou de plans d'urbanisation par le décideur entre naturellement dans ce cadre. L'agent va réagir à ces mécanismes incitatifs et modifier son comportement de façon autonome.

Les deux sens conscient et public contre spontané et privé sont parfois confondus, le décideur public est supposé conscient tandis que les agents privés s'intéressent peu à leurs environnement, plutôt à leur rentabilité à court terme. Il peut y avoir recouvrement si un agent n'a pas conscience des changements climatiques et que le décideur impose une taxe ou des normes de telle sorte que l'agent soit forcé de s'adapter. Cependant si l'agent change de comportement en raison des changementsclimatiques dont il a conscience et ce dans le cadre défini par le décideur, il s'agit d'une adaptation consciente pour ce qui concerne le climat mais également l'adaptation d'un agent privé.

Une autre distinction est faite entre une adaptation anticipée ou proactive et une adaptation réactive. L'adaptation réactive a lieu après que le climat ait changé, tandis que l'adaptation anticipée est mise en place avant que le changement ne soit visible ou mesurable. En pratique la distinction entre anticipation et réaction n'est pas très claire. Leschangements climatiques de même que l'adaptation sont des phénomènes qui se déroulent dans le temps. Ainsi une stratégie d'adaptation planifiée est en général à la fois réactive et anticipée, elle prend en compte le passé et utilise des projections pour l'avenir (Fankhauser et al., 1999).

Une adaptation proactive est forcément consciente et une adaptation spontanée est forcément réactive. Il est également possible d'avoir une stratégie d'adaptation réactive et consciente qui nécessite de se rendre compte que le climat a changé. Etant réactive, elle ne se base cependant que sur le passé pour déterminer ses modalités.

L'adaptation autonome ou privé est l'ensemble des initiatives prises par les individus pour s'ajuster aux effets des changements climatiques afin de bénéficier des effets positifs escomptés. Ce mode d'adaptation doit être effectué dans un cadre définit préalablement par le planificateur. Comment le planificateur garantit ce cadre aux agents privés ?

* 27Le secteur privé renvoie ici aux organisations individuelles ou collectives qui ne relèvent pas de l'autorité publique qu'elle soit nationale ou locale

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