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Changements climatiques et production agricole dans les pays de la CEEAC


par Blaise Ondoua Beyene
Université de Yaoundé 2 - Master Degree 2019
  

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Section 2 : Stratégies d'adaptation aux changements climatiques mises en oeuvre en agriculture

L'adaptation est un processus par lequel les populations et les écosystèmes s'ajustent aux effets associés aux changements climatiques, afin de limiter les conséquences négatives et de profiter des bénéfices potentiels. Dans cette section, nous présentons dans un premier temps la typologie des stratégies d'adaptation aux effets des changements climatiques (2.1) dans un second temps, les résultats de la littérature empirique des effets des stratégies d'adaptation sur le rendement agricole(2.2).

2.1Stratégies d'adaptationagricole aux effets des changements climatiques

Les actions d'adaptation des ménages agricoles ont lieu de façon autonome, certains utilisent les moyens traditionnels tandis que d'autres font recours aux nouvelles pratiques en incorporant la technologie.

2.1.1 Stratégies d'adaptations agricoles traditionnelles aux effets des changements climatiques

Les études menées jusqu'ici montrent que les stratégies d'adaptation autonomes mises en oeuvre sont efficaces pour la production agricole.'Simonet (2008), affirme que les agriculteurs doiventprendre les bonnes mesures pour réduire les effets négatifs du changement climatique ou exploiter les effets positifs en apportant les ajustements et les changements approprié (Akinnagbe et Irohibe, 2015).

Les pratiques agronomiques jouent un rôle majeur dans l'amélioration du rendement des cultures agricoles. Le maintien des ressources critiques, y compris l'eau, est une tâche ardue dans des conditions climatiques changeantes. Par conséquent, il est impératif de faire face à l'adoption judicieuse de diverses pratiques agricoles adaptatives, spécifiquement axées sur la préservation des ressources, tels que le mixage des cultures, la rotation des cultures, l'agroforesterie, l'élevage mixte cultures-élevage, la lutte contre les parasites et les maladies des cultures, etc -(Dubey et al., 2020).

Pour adapter les systèmes de production agricole, l'accent doit être mis sur des cultures plus résistantes dans les zones exposées à la sécheresse, cela pourrait aider à réduire la vulnérabilité. Par exemple, en saison sèche, le blé nécessite beaucoup moins d'eau que le riz. Les petits exploitants ont essayé d'utiliser des variétés de cultures résistantes à la sécheresse en tant que méthodes d'adaptation aux changements climatiques au Nigeria, au Sénégal, au Burkina Faso et au Ghana (Ngigi, 2009). De plus, des stratégies de lutte contre la sécheresse ont été adoptées par des pasteurs nomades vivant dans les marges désertiques du Kenya qui sensibilisent les populations sur les modifications des temps et des saisons en invitant ces derniers à s'arrimer à la nouvelle donne (Hart et Vorster, 2006).

L'adaptation de l'agriculture aux changements climatiques passe également par le processus de diversification des cultures à haute valeur à moyen et long terme. La diversification des cultures est une mesure d'adaptation qui doit être priorisé dans les zones non irriguées. En Afrique australe, par exemple, l'utilisation des terres est manipulée, ce qui conduit à une conversion de l'utilisation des terres, telle que le passage de l'agriculture à l'élevage du bétail (Pant, 2013). De plus, dans l'Etat du Kordofan et de Drafur, dans l'ouest du Soudan les cultures vivrières ont été remplacé au profit des variétés plus résilientes ; En Tanzanie, les agriculteurs diversifient les types de cultures afin de répartir les risques à la ferme. La diversification des cultures peut servir d'assurance contre la variabilité des précipitations (Mertz et al., 2009).

De plus, éviter les risques liés à la production agricole en raison de la variabilité des précipitations et de la sécheresse, la plupart des agriculteurs ont souvent recours à un placage des terres, les cultures étant plantées avant la pluie sur des terres non cultivées. D'autres ont été plantés immédiatement après la pluie, tandis que d'autres parcelles ont été plantées quelques jours après les premières pluies. Le labour des terres commence dans les champs qui ont été plantés avant la culture la troisième semaine après le début de la pluie, ce qui permet également de détruire les mauvaises herbes germinantes et de réduire le désherbage. Celles-ci ont été faites à dessein pour répartir les risques en veillant à ce que les cultures plantées dans les champs secs utilisent au maximum toute la pluie '(Mary et Majule, 2009).

De la même manière, la mixité des cultures est aussi appréhendée comme stratégies adopté par les cultivateurs. Elle consiste à cultiver deux cultures ou plus à proximité dans le même champ. Ce système de culture est couramment utilisé en Tanzanie, où les céréales comme le maïs et le sorgho, les légumineuses comme les haricots et les arachides sont cultivées ensemble. Les avantages d'un mélange de cultures présentent des attributs variés concernant la période de maturité les maïs et haricots, par exemple, la tolérance à la sécheresse le maïs et sorgho, les besoins en intrants les céréales et légumineuses.

Outre ces méthodes, les agriculteurs pour veiller au bon déroulement des différentes activités afin d'obtenir un meilleur rendement, permettent au bétail de paître les terres agricoles après la récolte afin d'améliorer la matière organique du sol. En outre, en Tanzanie, les agriculteurs ont utilisé les courbes de niveau comme stratégie pour minimiser l'érosion du sol, faciliter une meilleure pénétration des racines et d'améliorer la conservation de l'humidité. En Afrique de l'ouest, les agriculteurs locaux ont amélioré leur capacité d'adaptation en utilisant des techniques d'élagage et de fertilisation traditionnelles pour doublerles niveaux de production (Lema et al., 2014).

'Wrigley et al. (2019) analyse les stratégies d'adaptation en intégrant l'approche genre. Ils indiquent que les stratégies d'adaptation sont différenciées selon le sexe, les hommes ayant principalement recours à des pratiques agronomiques font recours à des techniques telles que l'utilisation d'engrais artificiels, ainsi que le passage à de nouvelles cultures. Les agricultrices quant à elles, utilisent également des pratiques agronomiques similaires, en particulier les engrais artificiels pour stimuler la production végétale, mais elles ont surtout recours au petit commerce de produits agricoles et de biens de consommation.

Ainsi, l'analyse ci-dessus met clairement en évidence les méthodes que les ménages agricoles adoptent pour augmenter le rendement des terres cultivées. Toutefois, il existe aussi des méthodes qui nécessitent l'utilisation de la technologie.

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