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Incidence de la mécanisation sur la production agricole en ville de bunia, de 2009 à  2014


par Serge ASIMWE ISSAMBA
Université de Bunia - Ingenieur A0 Agroeconomiste 2016
  

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INTRODUCTION

1. Etat de la question

L'état de la question permet d'évoquer la littérature empirique qui a été menée dans ce domaine. En effet, pour faire une investigation scientifique, il est impératif à l'investigateur de savoir la théorie du moment, de connaitre ce qui se fait actuellement dans ce domaine (MUANASAKA, 2014).

En effet, pour la réalisation de ce travail, nous avons survolé certains travaux scientifiques et les recherchesmenées dans ce domaine, ou dans les domaines semblables. Car, des telles recherches permettent d'avoir un aperçugénéral sur les solutions que les autres chercheurs ont proposées dans le domaine, ainsi que les difficultésrencontrées lors de cet exercice. Nous citons quelques travaux précédents des auteurs ci-après:

Ø TUDJA : (2011) a traité de la « Problématiquede la mécanisationen chefferie des BABOA-BOKOE, cas de SENAMA ».Son étude était orientée vers la gestion de la mécanisation agricole en chefferie des Baboa-Bokoe. Cette recherche a abouti aux résultats selon lesquels, les agriculteurs en chefferie des Baboa-bokoe n'ont pas un accès facile au tracteur, suite à un coût de location élevé,et nécessitant des revenusconsistants.Ila souligné que le nombre de ceux qui ont déjà utilisé les tracteurs est très minime, ou moindre et les superficies labourées,hersées et semées sont négligeables par rapport à la croissance démographique ou, au nombre de la population de la chefferie de Baboa-bakoe.

Ø LEMBENE :(2014) a mené ses études sur l'« Impact de la mécanisation agricole sur les produits vivriers dans la Cité de Bunia : cas de haricot et de manioc, de 2009 à 2012 ». Cette recherche s'étaitproposée de vérifier si la mécanisation agricole avait un impact sur les quantités et les prix des produits vivriers, le haricot et le manioc vendus sur le marché central de Bunia. Car, cette production était censée augmenter d'une façon exponentielle sur les marchés, et les prix en baisse, étant donné que lorsque l'offre augmente, alors que la demande reste la même, les prix baissent. L'auteur indique que l'hypothèse est confirmée pour les prix de haricot et manioc, car, ses prix ont connu un accroissement du 38,52% durant l'année 2010 ; de 117,78% en 2011 et 102.97% en 2012, par rapport à 2009. Quant au produit vivrier, manioc, la croissance a été respectivement durant les années 2010, 2011 et 2012 de l'ordre de 62.35% ; 139.67% et 163%.

Ø KATANABO : (2012) a traité de l'«Impact de la mécanisation agricole sur l'agriculture dans le territoire d'Irumu, de 2010-2012 ». Pour cette recherche, le but était de déterminer l'influence des tracteurs octroyés par le gouvernement central sur la production agricole en chefferie de Baboa-bokoe. L'auteur avait abouti aux résultats selon lesquels, plupart des enquêtés, soit 93% d'effectifs travaillaient manuellement et seulement 7% avaient déjà recouru aux services mécanisés. Et aussi, d'après toujours les résultats, la production obtenue avant l'acquisition des tracteurs était supérieure à celle obtenue après l'acquisition des tracteurs.

Cependant, la particularité de notre recherche réside dans le fait qu'elle vérifie si la mécanisation agricole a une incidencesur les quantités et les prix des denrées alimentaires, que sont notamment : le haricot, le maïs, le manioc et la patate douce. Et cela, sur le marché centrale, depuis 2009, l'année d'octroi des tracteurs agricoles, jusqu'à 2014.

2. Problématique

La mécanisation a joué un grand rôle dans l'évolution des agricultures du monde.Pour l'Afrique subsaharienne, elles se caractérisent en effet au sein de la famille par une mobilisation très forte du travail manuel, par une progression lente de l'utilisation des animaux de trait, et par un très faible recours à la motorisation. La mécanisation agricole a été une révolution agricole importante pour les agriculteurs des pays développés.En Afrique subsaharienne, l'énergienécessaireà la production agricole est fournie par les hommes (65%), les animaux (25%) et les moteurs (10%). L'agriculture familiale, plus de 75% desexploitations agricoles procurent l'essentiel des revenus des populations rurales. Cependant, elle a un accès restreint à la motorisation agricole(BALLUT, 2004 :21).

Dans les pays du tiers monde en général, l'accroissement de la production agricole semble totalement tributaire de l'augmentation de superficiesemblavées. Accroitre la superficie cultivablesignifie,disposer des quantitésénergétiques suffisantes pour la mise en oeuvre de différentesopérationscultivables.

L'énergie humaine est de plus en plus utilisée pour la production agricole dans plusieurs pays subsahariens. Mais, cette énergie semble limitée à l'accroissement dessuperficiescultivables, et par ricochet, à l'augmentation de la production agricole, et favorise la variation de prix sur le marché (MONDE, 2013).

Le développement de la mécanisation est une composante du développement agricole, indissociable d'une dynamique de croissance économique de monétarisation et accroissement des échanges des ménages agricoles (BORDET, 2009 : 38)

Cependant, l'investissement productif dans l'agriculture dépend de la bonne santé des filières agricoles nationales et de leur compétitivité sur les marchés mondiaux. Plus la demande locale des produits agricoles (demande formulée par les commerçants locaux et les exportateurs, les transformateurs locaux ou les consommateurs finaux) est importante et diversifiée, meilleures sont les chances des agriculteurs de tirer un bon revenu de leurs productions. Donc, cela fait appel à la mécanisation solvable.

Pour résoudre le problème de la famine et de l'emploi de la population Congolaise, la croissance agricole s'avère indispensable par une augmentation des superficies et de la quantité produite, qui peut résulter d'une extension des superficies ou d'une amélioration de la production agricole (OKUNGO, 2012).

En effet, sur le marché, le prix des biens reflète l'équilibre entre l'offre et la demande. L'équilibre tend à se fixer autour de la valeur de travail incorporé. L'évolution des prix n'est pas l'inflation qui ne mesure le prix que de la monnaie, alors que l'évolution des prix en général, dépend du fonctionnement de l'économie, qui modifie le prix relatif de biens. Cependant, la mesure du prix de la monnaie ne peut être faite qu'indirectement par une mesure du prix d'un panier représentatif de biens. Si les prix de ce panier augmentent, c'est la Valeur relative de la monnaie qui diminue (JEAN DE SEL, 2012 : 43).

Ainsi, la mécanisation agricole peut concourir à la stabilisation des prix en équilibrant l'offre et la demande, et en améliorant les conditions d'emploi dans le secteur agricole, car les actifs agricoles sont souvent sous-employés en Afrique Subsaharienne.

La République Démocratique du Congo dispose de 80 millions d'hectares de terres arables, dont à peine 10% sont mises en valeur. Deuxième pays de la planète en terme des terres arables utilisables disponibles après le Brésil, grâce à la diversité des climats et à la densité du réseau hydrographique. La RDC, complètement aménagée, serait capable de nourrir près de deux milliards de personnes, ce qui constitue un atout maître dans le contexte de la crise alimentaire mondiale qui se profite déjà dans la durée (ANONYME, 2009 :6).

A cet effet, l'administration publique congolaise, par le billet du ministère de l'agriculture,avaitdoté les agriculteurs de l'Ituri de 78 tracteurs repartis sur les 5 territoires qui composent la province de l'Ituri. La quelle répartition devrait soulager la population,quantà ce qui concerne l'amélioration du facteur travail et l'augmentation de l'offre des produits agricolessur les différents marchés.

La ville de Bunia et ses environs ont été dotés de 25 tracteurs, ayant comme bénéficiairesles commerçants, la population de la classe moyenne et certaines structures de la société civile, les associations.

Partant de cette réalité, nous avons orienté notre recherche sur  la mécanisationet son incidence sur les prix de certaines denrées alimentaires, d'origine agricole, dans la ville de Bunia. Car, l'utilisation de ces tracteurs s'effectue dans les environs immédiats de Bunia, et les conséquences relatives à la modification de l'offre des produits agricoles devraient se faire sentir sur le marché de consommation, qui est celui de la ville de Bunia.

En effet, la ville de Bunia est constituée de plus de 60% de la population à faibles revenus, et possède l'agriculture comme emploi principal. Cette population affecte plus de 80% de son revenu dans les dépenses alimentaires (KABONGO, 2014). Et l'augmentation de la production agricole pourrait améliorer les revenus des agriculteurs et stabiliser les prix sur les marchés de consommation. Car, si nous considérons la superficie emblavée par un actif agricole par jour, comparativement à celle que peut emblaver une machine agricole, la production agricole devrait augmenter d'une façon exponentielle.

Faisant suite à cette problématique, cette recherche soulève les questions suivantes :

Ø La mécanisation agricole a-t-elle contribué àl'augmentation du volume de transaction des produits sous étude, et la baisse de prix des denrées alimentaires d'origine agricole dans la ville de Bunia, depuis l'acquisition des tracteurs agricoles en 2009 jusqu'en 2014 ?

Ø Les ménages agricoles de la ville de Bunia et ses environs ont-ils accès à lamécanisationagricole,afin d'améliorer leur facteur travail et par conséquent, l'amélioration de leurs revenus?

3. Hypothèse

L'hypothèse de recherche est une solution provisoire qu'on avance, trèsexplicitée dans les indications quelle donne au chercheur par la conduite de la recherche, qui doit êtreconfirmée ou infirmée (MUANASAKA, 2014).

En réponse aux questions posées dans la problématique, la présenteétude s'articule autour des hypothèsesci-après :

Ø La mécanisation agricole n'aurait pas contribuéà la baisse de prix de denrées alimentaires sur le marché, ainsi qu'à l'augmentation du volume de transaction des produits agricoles sous étudedans la ville de Bunia.

Ø Les ménages agricoles de la ville de Bunia et ses environs n'auraient pas accès aux services de la mécanisation agricole, et continuent à utiliser les outils rudimentaires dans la production agricole, par conséquent, les revenus demeurent faibles.

4. Objectif du travail

4.1. Objectif général

Le principal objectif de cette recherche est de vérifierl'incidencedela mécanisation agricole sur les prix et le volume de transaction de certains produits agricoles, que sont notamment : le haricot, le maïs, le manioc et la patate douce. Cela, depuis 2009, l'annéeoù les tracteurs agricoles ont été octroyés, jusqu'en 2014, dans la ville de Bunia.Car, la production est censée augmenter et les prix baisser sur le marché, si on s'en tientà l'impulsion des machines agricoles.

4.2. Objectifs spécifiques

En entreprenant ce travail, nous visons un double objectif, à savoir :

ü Une analyse des données en provenance d'une enquête auprès des ménages agricoles dans la ville de Bunia sera effectuée, en vue de vérifier le niveau d'incidence de la mécanisation agricole sur le facteur travail en ville de Bunia ;

ü Le calcul des prix et de quantités des produits agricoles sous étude sera effectué pour déterminer l'évolution du coût de vie et du volume de transaction.

5. Choix et intérêt du sujet

Dans tout travail scientifique, le choix et l'intérêt du sujet relèvent en grande partie des motivations profondes, qui poussent les chercheurs sur un problèmeprécis, et la tentative de solution qui constitue une des principales ambitions de ce dernier, en présentant le mobile qui anime ou qui suscrite sa curiosité scientifique sur un aspect de la vie (RUHIGWA, 2013).

L'agriculture constitue la priorité,étantdonné que c'est d'elle que l'homme a la facilité d'accomplir toute autre tâche, suite à l'énergie fournie par les denrées alimentaires.Ainsi, nous avons opté pour ce sujet, car la survie de la population de Bunia et ses environs en dépendent.Par le fait que la frange de la population employée dans le secteur agricole est importante à Bunia, soit plus de 60% de la population active. La mécanisation agricole peut être une solution, quant au facteur travail, une amélioration des revenus des agriculteurs de Bunia, et une stabilisation des prix des produits agricoles sur les marchés de consommation.

Le présent travail présente un intérêt, tant sur le plan pratique que sur le plan scientifique. Sur le plan pratique, l'intérêt estde montrer à la population de Bunia,en particulier, et de la République Démocratique du Congo en général, l'incidence de la mécanisation agricole sur l'offre des denrées alimentaires, et sa contribution sur les prix de ces denrées, depuis l'acquisition des tracteurs agricoles.

Sur le plan scientifique, la disponibilité des données relatives à la mécanisation et son incidence sur les prix des denrées alimentaires à Bunia, pourra constituer une banque des données pour les futurs chercheurs.

6. Délimitation du travail

Notre sujet a connu une délimitation dans le temps et dans l'espace.

Ø Dans l'espace, nos investigationssont effectuées dans la villede Bunia, sur le marché central et auprès des ménages agricoles de la ville Bunia.

Ø Dans le temps, cette recherche s'étant de 2009 à 2014, pour ce qui concerne les prix et les quantités, et l'enquête auprès des ménages a été effectuée en 2015.

7. Subdivision du travail

Hormis l'introduction et la conclusion, ce travail se subdivise en trois chapitres : le premier traite des généralités, le deuxième montre le milieu d'étude et la méthodologie et, le troisième aborde l'analyse des résultats.

Chapitre premier : GENERALITES

1.1. Mécanisation agricole

La mécanisation d'une activité c'est l'introduction de l'utilisation de machines à toutes les phases de cette activité. La non mécanisation est donc l'exécution d'une activité sans aucune machine (MONDE, 2012).

La mécanisation agricole est une solution qui peut faire en sorte que les petits producteurs agricoles, qui du reste, constituent la plus grande majorité de la population de l'Afrique Subsaharienne améliorent le facteur travail ainsi que la production.

Avec l'arrivée de la crise alimentaire, les initiatives pour mécaniser les opérations culturales, améliorer la productivité du travail et augmenter la production ont fleuri dans tous les pays d'Afrique subsaharienne. Il semble que le tracteur soit devenu l'outil indispensable pour réussir le passage d'une « agriculture africaine de subsistance, incapable de nourrir le continent », à une agriculture « moderne, commerciale, d'entreprise et productive » (KABONGO, 2014).

La traction animale ou la culture attelée est une méthode de mécanisation de l'agriculture qui est également pratiquée par les agriculteurs. Ce modèle de mécanisation était à la mode dans les années 1970-1980. Les projets de développement et autres sociétés ont pu développer des programmes importants d'accès aux équipements, qui ont permis une augmentation significative des taux d'équipement dans certaines régions. Aujourd'hui, la traction animale semble oubliée des nouveaux programmes et des facilités d'investissement.

L'augmentation de la production agricole ne peut se faire indéfiniment par extension des surfaces cultivées. L'intensification de l'agriculture est une nécessité pour faire face à l'accroissement démographique global, ainsi qu'à la croissance encore plus forte de la population urbaine dans de nombreux pays. Elle peut se faire par le développement de la motorisation, en irriguant d'avantage, par l'emploi d'engrais minéraux, etc.

L'Afrique utilise en moyenne seulement 20 kg d'engrais à l'hectare par an, contre une moyenne mondiale de 96 kg et elle n'irrigue que 6 % de ses terres cultivables contre 17 % dans l'ensemble du monde. Toute augmentation significative de ces taux d'intrants, conjuguée à une intensification de la mécanisation, aura un impact colossal sur la facture énergétique et sur les pratiques agricoles (KABONGO, Op. Cit).

1.1.1. Des écarts de productivité entre l'agriculture manuelle et celle mécanisée

La révolution agricole et la révolution verte ont permis à un certain nombre d'agriculteurs d'accroître de façon considérable la productivité de leur travail. Mais, tous n'ont pas eu accès à ces progrès techniques, et aujourd'hui, la pauvreté et les insuffisances alimentaires sont le lot quotidien de la majorité de la paysannerie mondiale.
La population agricole active du monde, estimée à environ 43%, ne dispose en tout et pour tout que de 250 millions d'animaux de travail, soit environ 20% du nombre des actifs agricoles, et de 28 millions de tracteurs, soit 2% d'entre eux. La très grande majorité des agriculteurs du monde continue donc de travailler à la main, en particulier en Afrique subsaharienne (KABONGO, Op Cit).

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