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L'accueil d'autrui comme abandon de la liberté totalisante et appel à  la responsabilité

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par Richard Matuka
Université St Pierre Canisius - DEUG 2002
  

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DEUXIEME PARTIE : De la Séparation à la Relation.

I. LA RELATION METAPHYSIQUE.

Dans un contexte où l'on semblait admettre avec Descartes l'impossibilité pour l'être transcendant de participer au même concept que l'être qui en est séparé, l'approche levinassienne de la relation métaphysique semble être à plus d'un titre révolutionnaire. Pour Levinas, la relation métaphysique tout en étant irréductible, s'inscrit dans l'incontournable idée de l'infini et n'annule aucunement l'intervalle de la séparation.

Toutefois le même qui a pour caractéristique l'immanence de l'économie, c'est-à-dire du chez soi, et l'autre qui est absolu dans son altérité, sont la condition pour que la relation métaphysique soit possible. Voilà pourquoi dans la relation qui s'établit entre le même et l'autre, le même est contraint de rester dans son univers. C'est à partir de celui ci qu'il va vers l'autre.

En clair, la relation métaphysique établit le primat de l'autre, qui suppose que le même reste identique. Ce qui revient à dire que le même doit se libérer de l'anonymat de l'être de l'étant pour se poser comme un sujet devant l'autre. Le primat de l'autre nous révèle, par ailleurs, qu'autrui loin de nous affecter comme celui qu'il faut surmonter, englober, dominer, est indépendant de nous. Car, derrière toute relation que nous pourrons entretenir avec lui, il est absolu.

Ainsi la prétention d'atteindre l'autre s'accomplit dans la relation avec l'autre, qui se coule d'une part dans la relation du langage dont l'essentiel est l'interprétation, et d'autre part, dans la signification qui n'a de sens que dans une relation.

I.1. Langage et Signification.

Il est de toute évidence que le langage ne peut exister que si l'interlocuteur est le commencement de son discours, s'il reste par conséquent au-delà du système, s'il n'est pas sur le même plan que moi. Ceci dit, l'interlocuteur dont parle Levinas, « n'est pas un Toi, il est un vous ». Il se révèle dans sa seigneurie, qui ne saurait se comprendre en dehors d'une relation. Il convient de souligner dès lors, que la relation du même et de l'autre qui est l'essence du langage, est précisément une « relation non allergique à l'altérité », c'est-à-dire elle introduit une proximité plus importante que tout contenu communiqué, et elle ouvre au respect éthique par delà l'intentionnalité du savoir. Le savoir n'est possible que dans cette direction.

Dans un autre registre, c'est le langage qui donne lieu à l'objectivité de l'objet et à sa signification, tout en définissant l'origine de l'être. Pour Levinas, le véritable assistant de l'être est présent ; c'est la parole qui enseigne. Ainsi la parole est une manifestation hors pair : elle déverrouille ce que tout le signe ferme au moment même où il ouvre le passage qui mène au signifié.

Notons, par ailleurs, que le signe dans notre contexte, renvoie à un langage muet. Par conséquent, le langage ne groupe pas le symbole en système, mais déchiffre le symbole. Il sied dès lors, que la moindre thématisation qui, en tant que oeuvre du langage, action exercée par le maître sur moi, est un appel à mon attention. C'est dans cet ordre d'idée que nous pouvons appréhender l'attention et la pensée explicite qu'elle rend possible, comme la conscience même et comme un affinement de la conscience. Ceci dit, c'est l'attention qui dans sa souveraineté en moi, répond à l'appel.

Dans cette optique, le langage à travers la parole, introduit un principe dans cette anarchie. En effet, la parole désensorcelle, parce qu'en elle, l'être parlant garantit son apparition et se porte secours, assiste à sa propre manifestation. Aussi doit-on souligner que la parole qui pointe déjà dans le visage qui me regarde, introduit la franchise première de la révélation. Par rapport à elle, le monde s'oriente, c'est-à-dire prend signification. «  La parole est ainsi l'origine de toute signification. »19(*)

Qu'en est-il donc de la signification ? La signification des êtres se manifeste non pas dans la perceptive de la finalité, mais dans celle du langage. Aussi comme nous le faisions remarquer déjà, la relation métaphysique ne balaie pas d'un revers de la main la séparation. Elle lui est d'ailleurs nécessaire. Ainsi pouvons-nous comprendre le fait que la signification ne tienne pas à l'identité du même qui demeure en soi, mais au visage de l'autre qui en appelle au même. Par conséquent, la signification, pour Levinas, ne surgit pas parce que le même a des besoins, que quelque chose lui manque et que tout ce qui est susceptible de combler ce manque prend un sens par là. C'est ce qui peut nous faire confirmer que la signification soit dans le surplus absolu de l'autre par rapport au même qui le désire, qui désire ce qui ne lui manque pas, qui accueille l'autre à travers les thèmes qu'il lui propose ou reçoit de lui.

En définitive, la relation métaphysique rend possible l'expérience du face-à-face où l'interlocuteur se présente comme l'être absolument étranger qui seul peut nous instruire.

* 19 Emmanuel LEVINAS, Totalité et infini, 1980, p, 170.

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