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L'accueil d'autrui comme abandon de la liberté totalisante et appel à  la responsabilité

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par Richard Matuka
Université St Pierre Canisius - DEUG 2002
  

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II.3. L'accueil du Visage.

Notons d'emblée que l'accueil d'autrui provoque, suscite et précipite la sortie du phénomène. C'est la raison pour laquelle le phénomène, encore lié à l'essence où à l'être, est percé par l'épiphanie du visage. Toutefois, le sens attribué au terme visage reste encore assez problématique. Pour éviter tout risque de confusion, Levinas désigne autrui par le mot visage, qui dit infiniment plus que la face ou encore la figure humaine.

En effet, la démarche levinassienne fait qu'autrui est différent de ce qui est phénoménal et sa prétention est exceptionnelle. Dans cette optique, il nous est mieux de comprendre qu'en langage levinassien, cette façon propre à Autrui de se présenter se décrit en tant qu'épiphanie du visage26(*). Le visage ne saurait seulement être la face qui peut être surface des choses ou, comme le veut l'origine du mot ce qui est vu, vu parce que nu. C'est aussi ce qui voit, mieux ce qui échange son regard.

L'accueil du visage constitue l'accueil d'une sorte d'interpellation absolu, qui s'exprime éminemment dans le regard. Ainsi rencontrer un regard devient une rencontre exigeante qui fait irruption dans sa suffisance, détruit et déborde l'image plastique qu'il semble refléter. En outre, l'accueil du visage d'autrui est accueil de l'infini dont l'expression originaire est le premier mot : « tu ne commettras pas de meurtre ». L'infini paralyse pour ainsi dire, tout pouvoir de nuire par sa résistance infinie au meurtre qui brille dans le visage d'autrui dans la nudité totale de se yeux.

Le visage est aussi expression ou encore présence de face qui retourne l'orientation première du Même en l'obligeant à perdre l'avidité de son regard. Le même devient incapable d'aborder l'autre la main vide. De ce fait, « le visage dans sa nudité de visage » me présente le dénuement du pauvre et de l'étranger ; mais cette pauvreté et cet exil qui en appellent à mes pouvoirs, me visent, ne se livrent pas à ces pouvoirs comme des données, restent expression de visage27(*). Le visage où se présente l'autre absolument autre ne nie pas le même, ne le violente pas comme l'opinion. Il reste à la mesure de celui qui accueille, il reste terrestre. Cette présentation est non-violente. Au lieu de blesser ma liberté, elle l'appelle à la responsabilité et l'instaure. Finalement, c'est seulement ma liberté qui prend la responsabilité du vrai.

Il convient donc à juste titre de lire dans l'épiphanie du visage le surgissement même d'un rationnel dont l'intelligence réside dans le comportement éthique qui nous invite à la responsabilité pour autrui. Cette éthique de responsabilité pour autrui qui fera l'objet de notre troisième partie augure, par le fait même, une option osée dans une société encore aveuglée par l'enivrante séduction des tendances totalitaires inhérentes en tout homme.

* 26 Simone Plourde, Emmanuel Levinas, p. 30

* 27 Totalité et infini, p. 188.

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