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Effets et remise en cause des RTT en hôtellerie restauration

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par Anthony Durand
Université de Perpignan, Institut Jacques Maillot - Master 2006
  

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B) LES CONSEQUENCES SUR LES SALARIÉS :

Les salariés connaissent une réelle baisse du temps de travail. Compte tenu du calendrier de la baisse de la durée légale, les grandes entreprises sont à cette date davantage engagées dans un processus de réduction du temps de travail que les petites.

Ainsi, sept salariés sur dix ont alors connu une réduction de leur durée du travail en dessous de 1 650 heures dans les entreprises de plus de 500 salariés, contre un sur dix dans celles de 10 à 19 salariés..

La diminution de la durée effective du temps de travail de la catégorie majoritaire de salariés est apparemment source de nouvelles tensions :


Etude réalisée sur des établissements de 5 salariés ou plus, ayant réduit la durée du travail avant février 2001.Source : DARES

Avis des salariés sur leurs conditions de travail en entreprise :


Part des salariés travaillant dans une entreprise dont la durée collective moyenne est inférieure ou égale à 1 650 heures par an. Source : enquête ACEMO annuelle de la DARES.

Aussi, à la fin de l'année 2000, plus de deux ans et demi après le vote de la première loi « Aubry », les RTT concernent près d'un salarié sur deux. Sur un champ de 15,1 millions de salariés potentiellement concernés dans les secteurs concurrentiels, environ 7,6 millions travaillent dans des entreprises déjà passées à 35 heures. Cela touche toutes les catégories professionnelles. Ainsi, d'après une enquête de fin 2001, en France, 46 % des managers ont droit à la RTT et en profitent et 33 % y ont droit mais ne peuvent la mettre en pratique.

Les salariés à temps partiel semblent désavantagés. En effet, la durée du travail des salariés qui restent à temps partiel baisse plus fréquemment dans les entreprises passées à 35 heures que dans celles restées à 39 heures.

1) le ralentissement ou le gèle des hausses de salaires :

Les rémunérations sont à terme touchées par les lois Aubry. Sept accords sur dix prévoient une compensation salariale. Dans la quasi-totalité des cas, elle est intégrale pour l'ensemble des salariés. Peu la limite à certaines catégories, et envisage une compensation partielle ou encore n'en prévoie aucune. Cependant, un quart des accords reste muet sur ce sujet. Près de trois accords sur dix prévoient l'évolution future des salaires, il s'agit alors sept fois sur dix d'un gel plutôt que d'une modération.

En cas de gel, les négociateurs précisent le plus souvent la période pendant laquelle les rémunérations seront bloquées : elle va, en général, de un à trois ans, et dans plus de la moitié des cas le gel est de deux ans.

D'autres éléments montrent que les augmentations sont bien prisonnières des RTT. D'après l'enquête du Cabinet Hay Management, les dépenses effectives affectées aux augmentations de salaires diminuent. Sur l'ensemble des entreprises concernées, on observe également une augmentation moins importante des salaires de base, la différence avec les autres étant de l'ordre de 1 % sur deux ans.

On constate de même une forte diminution des heures supplémentaires dans les entreprises passées au 35 heures. Fin 2000, le nombre moyen d'heures supplémentaires par salarié est en nette diminution dans les établissements Aubry. Alors qu'il était avant RTT comparable à celui des autres établissements, d'environ 4 heures par trimestre, la baisse est de 2,0 heures du 4ème trimestre 1998 au 4ème trimestre 1999, alors que dans les établissements restés à 39 heures, à structure par taille et secteur identique, le recul est de 0,2 heure. La mise en oeuvre de dispositifs de modulation des horaires et les nouvelles organisations du travail associées aux RTT permettrait ainsi de réduire le volume d'heures supplémentaires, par rapport à celui pratiqué auparavant.

Ce point sur les salaires est fondamental. Avant 1997, les Français plébiscitaient les hausses de revenus. C'est ce que montre l'évolution du partage des gains de productivité. Ceux-ci sont passés de 4 % en 1970 à 2 % en 1995. En début de période il était donc possible de réduire de 2% le temps de travail par an et d'augmenter le pouvoir d'achat par tête de 2%.

Dans le milieu de la décennie 1990, on observait une stagnation de la durée de travail annuelle effective et donc un gain par tête de 2% l'an, traduisant le fait que dans une période où la productivité horaire donc les gains de rémunération du travail baissent, le pouvoir d'achat est préféré aux loisirs. Une étude du CREDOC montre également que les deux tiers des salariés privilégient encore le pouvoir d'achat au temps libre.

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