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Le fédéralisme communal en Principauté d'Andorre

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par Pierre LAFFONT
Institut d'Etudes Politiques de Toulouse - Diplôme de l'IEP de Toulouse 2006
  

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Section 2. Le cas très particulier du droit coutûmier.

Sans aller vivre une expérience, même courte, dans les institutions andorranes, un individu ne peut entendre ce qu'est que le droit coutûmier andorran. Nous gardons en mémoire les premières approches du droit public et plus précisément l'étude de la common law et du droit public britannique. Un droit de type partiellement coutûmier, qui fait appel à des pratiques qui se sont institutionnalisées.

La question qui peut nous surig à l'esprit à la lecture de ces lignes peut être: mais que vient faire le droit coutûmier dans l'étude des relations entre institutions verticales andorranes? En effet, le droit coutûmier concerne principalement le droit privé. Cependant, il s'applique aussi dans le cas très précis du droit public et des pratiques séculaires quis'expriment encore aujourd'hui, notamment à travers des division infra-paroissiales.

Sous-section 1. La place du droit coutûmier dans l'ordre juridique

andorran

Pendant longtemps, les relations entre les différentes institutions étaient codifiées par des coutûmes de fonctionnement. On peut parler, par exemple, de l'Almari de les set claus, ou « Armoire des sept clefs », situé dans la chapelle de la Casa de la Vall, et qui avait pour prétention de détenir les documents constitutifs du droit andorran.

Chaque paroisse, six avant 1978, gardait jalousement sa clef. Ceci peut signifier à la fois le désir de conserver la fédération, mais aussi et surtout signifie une réelle tradition, en fonctionnement jusqu'en 1993, qui nécessitait l'accord de toutes les paroisses pour ouvrir l'Armoire.

En Andorre, comme le dit Pastor Vilanova97: « la coutume et la loi écrite sont les sources premières du droit andorran ». Cependant, la coutume ne déroge pas au droit positif, c'est-à-dire au droit écrit. La hiérarchie est donc établie.

Pour donner une définition de ce qu'est réellement la coutume, il faut se référer à une définition ambigüe et sujette à bon nombre d'interprétations aussi différentes les unes des autres. On peut dire que la Coutume peut se définir comme : « un acte raisonnable, spontanée, répétée et systématique, uniforme dans son application et prouvée ».

Le droit coutumier, en l'absence de droit écrit, est considéré comme source directe de droit (Fiter), en droit catalan, et par extension, en droit andorran. Le premier ouvrage a énoncer l'idée de codifier sera le Manuel Digest de 1748.

Sous-section 2. Le cas des Quarts et Veïnats : du droit coutumier dans les relations verticales

Les Quarts et Veïnats sont formellement des découpages territoriaux infra-paroissiaux. Ils constituent, ce que l'on pourrait appeler en français des « hameaux ». Historiquement, ce sont des groupes homogènes géographiquement de familles qui s'unirent primordialement pour gérer les biens communs. L'on peut les considérer comme les précurseurs des paroisses et de leurs organes de gestion, les Comuns.

Leur fonctionnement interne est assez simple: en général, il reprenait le schéma des Comuns, c'est-à-dire une petite assemblée de caps de casa qui élisait un consorsium, avec un cap de Quart, chargé de gérer et défendre les biens communs à toute la circonscription.

Actuellement, et par la tradition, les Comuns sont libres de déterminer leur découpage interne. Ainsi, Encamp n'a jamais eu de découpage infra-paroissiaux, tandis que Sant Jilà et Ordino revendiquent encore leurs Quarts, et Canillo ses Veïnats.

97 « Contribution au droit public andorran »PPV, op.cit.

Les relations entre les élus et les pouvoirs des hameaux sont assez particulières. Elles dépendent cependant totalement du droit coutumier, mais surtout de la pratique politique. Canillo et Sant Julià reçoivent les complaintes des Caps, mais leurs interventions sur la politique paroissiale se limitent à la simple déclaration d'intention.

Il faut se rappeler que jusqu'au XIXème siècle environ, ces découpages consistuaient, au même titre que les paroisses pour le Conseil Général, la base électorale de chaque Comù. C'est-à-dire que chaque Quart envoyait, à part égale, un nombre de représentants définis au Conseil paroissial.

Le soucis auquel nous faisons face pour illustrer ce propos est le manque de traces écrites. En effet, le fonctionnement interne et externe de ces entités procède du droit coutumier, et n'est donc pas écrit. La Constitution de 1993, dans son article art.84 dit que la « loi prend en considération les us et coutumes pour déterminer la compétence des Quarts et Veïnats et leurs relations avec les Comuns ». Aucune loi n'a encore exprimé clairement les compétences des Quarts et des Veïnats. Un tel acte aidera à la compréhension et à l'entendement entre les collectivités locales et leurs subdivisions, et permettra de rationnaliser le travail de chacun.

Cependant, d'après les dires d'Albert Pintat, chef du Gouvernement, aucune loi général sur ces entitées ne devrait voir le jour. La raison en est simple: une minorité de paroisses a souhaité conserver ces découpages, qui ne créent des tensions que pour la Comù d'Ordino.

En effet, le conflit qui oppose la Comù d'Ordino avec le Quart d'Ordino est très connu en affaires juridiques andorranes. Pour précision, rappelons que les Quarts possèdent une personnalité juridique morale, car ils sont propriétaires de terres, à titre privé, ou exercent leurs compétences traditonnellement sur des terres situées autour des batisses.

Le principal litige qui subsiste entre les Quarts et le Comu réside dans la matière urbanisitique. Traditionnellement, les Quarts ont compétence pour délivrer des autorisations administratives de construction. Cependant, cette compétence revient de plein droit écrit au Comu. Ainsi un litige98, porté devant la juridiction administratif, opposant un particulier au Quart de Llorts, situé dans la paroisse d'Ordino, fut réglé en donnat raison au Quart

98 Tribunal Superior 09/02/01, E.P.C. C/ Quart de Llorts.

concernant sa compétence traditionnel en la matière de délivrance d'une autorisation de construire.

Cependant, un conflit permanent, comme énoncé précedamment, oppose le Quart au Comu d'Ordino. Nous pensons qu'il s'agit de la situation conflictuelle la plus significative dans la situation jurisprudentielle actuelle. Nous parlons notamment de la Sentència Numéro 79-2006 du Tribunal Supérieur de Justice d'Andorre, Salle Administrative, concernant des tarifs du Cimetière d'Ordino, situé sur une parcelle du même Quart.

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"Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rêvent de nuit"   Edgar Allan Poe