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Les chemins de fer touristiques entre nostalgie et innovation (1957-2007)


par Jean-Jacques MARCHI
Université Bordeaux IV Montesquieu - Master Sciences économiques, option Histoire économique 2007
  

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Quatrième partie - Un tableau en dynamique

Introduction - Les « petits trains » en dynamique historique

Dans la deuxième partie de ce mémoire, nous avons placé l'évolution du chemin de fer dans une dynamique historique. Nous nous proposons au cours de cette quatrième partie de répéter cet exercice, mais cette fois nous nous limiterons au domaine des « petits trains » au sens de notre définition. Ce « tableau dynamique » permettra au lecteur, nous l'espérons, de saisir cette vie qui agite les chemins de fer touristiques.

Chapitre 1 - L' « éclosion » des chemins de fer touristiques

Plus qu'un long discours, la comparaison des cartes des chemins de fer touristiques exploités en 1957 et en 2006 est édifiante.

Carte 1 : les chemins de fer touristiques en 1957

A l'Outremer (DOM) : Martinique : 0 / Guadeloupe : 0 / Guyane : 0 / Réunion : 0

En 1957, seulement 7 structures peuvent être apparentées à des chemins de fer touristiques :

-4 lignes ferroviaires d'accès aux grands sites existent déjà depuis de nombreuses années. Deux systèmes alpins : le Tramway du Mont-Blanc (Haute-Savoie), le Train du Montenvers - Mer de Glace (Haute-Savoie) ; ainsi que deux systèmes pyrénéens : le Petit Train de la Rhune (Pyrénées-Atlantiques), et le chemin de fer Luchon - Superbagnères (Hautes-Pyrénées)135,

-un petit train « de plage », le Tramway du Cap-Ferret (Gironde), récemment édifié puisque ses premières circulations datent de 1952,

-le petit train du Jardin d'Acclimatation, à Paris, créé dès la fin du 1 9ème siècle, -un réseau secondaire qui survit encore à la vague des fermetures: le réseau dit « des bains de mer de la Somme ».

Géographiquement, une ligne semble couper la France des chemins de fer touristiques de 1955 : 5 des 7 structures mentionnées se situent au sud d'une ligne reliant Bordeaux à Genève. La France des chemins de fer touristiques est, en 1957, plutôt « sudiste » (5 réseaux sur 7) et « montagnarde » (4 réseaux sur 7).

Carte 2 : les chemins de fer touristiques en 2006

A l'Outremer (DOM) : Martinique : 1 / Guadeloupe : 1 / Guyane : 0 / Réunion : 0136

135 D'autres systèmes ont existé, mais ils étaient déjà fermés en 1957. Par exemple le chemin de fer Pierrefitte - Cauterets - Luz (PCL) dans les Hautes-Pyrénées.

136 Nous ne comptons pas le « Ti'Train » de La Réunion officiellement fermé depuis 1999.

Un demi-siècle plus tard, la France des chemins de fer touristiques est méconnaissable. La première chose qui frappe, c'est le nombre : des chemins de fer touristiques ont « fleuri » un peu partout. De sept réseaux, nous sommes désormais passés à près de quatre-vingts (77 plus exactement)137.

Le deuxième aspect c'est la répartition relativement homogène des chemins de fer touristiques sur le territoire. La ligne Bordeaux - Genève mentionnée plus haut a disparu sous le flot des créations. On peut tout au plus noter une légère prépondérance du Sud de la France, ainsi qu'un vide relatif dans le Grand Ouest. Nous pensons que cette diffusion des chemins de fer touristiques sur l'ensemble du territoire a accompagné celle du tourisme, plus spécialement celle du tourisme rural138.

Dernier aspect notable : la relative pérennité des lignes ferroviaires d'accès aux grands sites, toujours présentes139, et faisant preuve d'une longévité notable (elles sont quasiment centenaires). Notre « junior » de 1952, le Tramway du Cap-Ferret ; notre « ancêtre », le Petit Train du Jardin d'Acclimatation, mais également le réseau dit « des Bains de Mer de la Somme » ont tous survécu.

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