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Les chemins de fer touristiques entre nostalgie et innovation (1957-2007)


par Jean-Jacques MARCHI
Université Bordeaux IV Montesquieu - Master Sciences économiques, option Histoire économique 2007
  

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Première partie - Sur la voie d'une définition

Introduction - L'enjeu d'une définition

La première question que l'on doit se poser est celle de la définition des chemins de fer touristiques. Qu'appelle-t-on chemin de fer touristique ?

En effet, le terme « chemin de fer touristique » est un terme général ne reflétant qu'une partie de la réalité des chemins de fer touristiques. Nos voisins allemands parlent de «chemins de fer de musées et touristiques »1, de « chemins de fer historiques » tandis que les Britanniques font référence à des « heritage railways »2. Par contre, Américains et Canadiens parlent de « tourist railroads » ou de « scenic railroads ». Ces appellations diverses et variées révèlent la multiplicité des options possibles.

Car il y a presque autant de définitions des chemins de fer touristiques que d'auteurs dissertant sur les chemins de fer touristiques. Nous y voyons le résultat de la difficulté à appréhender une réalité tout à la fois diverse et diffuse. Chaque chemin de fer touristique est un cas particulier. Les généralisations, si elles ne sont pas toujours inutiles intellectuellement, peuvent se révéler périlleuses.

Aussi, la définition des chemins de fer touristiques est un enjeu en elle-même : trop large, elle mêlera des réalités dissemblables avec le risque concomitant de noyer dans la masse le centre de nos intérêts ; trop étroite, elle ne rendra pas suffisamment compte de la diversité du phénomène, et laissera penser faussement qu'il existe un chemin de fer touristique type.

1 Le « Verband Deutscher Museum- und TouristiKbahnen (VDMT) », équivalent allemand de la FACS - UNECTO (Fédération des Amis des Chemins de Fer Secondaires - Union des Exploitants de Chemins de fer Touristiques et de musées), fait dans son appellation explicitement référence aux « chemins de fer de musée et touristiques »

2 La « Heritage Railway Association », équivalent britannique de la FACS-UNECTO

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Chapitre 1 - Deux définitions parmi d'autres

Voici, parmi d'autres, deux définitions des chemins de fer touristiques, mais aucune d'elles ne nous satisfait pleinement. Remarquons que ces deux définitions ne recouvrent pas exactement la même chose (dans un cas on parle de ligne, dans l'autre cas de chemin de fer). Relevons le caractère relativement réducteur de la première tandis que la seconde émane d'un professionnel du tourisme.

Touristique (ligne) : « ligne de chemin de fer ancienne et n'assurant souvent plus de service commercial, en général située dans une région touristique. Elle est remise en service par une association d'amateurs bénévoles dans le but de faire rouler du matériel ancien préservé, notamment en traction vapeur, et d'offrir au grand public l'occasion de découvrir, par un parcours payant, non seulement des paysages, mais également des techniques aujourd'hui abandonnées »3.

Cette définition, si elle met l'accent sur la préservation du matériel ferroviaire, a pour principal inconvénient d'ignorer totalement les lignes construites spécifiquement pour le service touristique, sans prétention patrimoniale. Nous verrons qu'il en existe un nombre significatif4.

Chemin de fer touristique : « circulations de convois ferroviaires à vocation de découverte d'un espace géographique et social avec, pour effet, la création de flux touristiques non affectables à un besoin de transport. Le terme ne s'appliquera donc ni aux 'petits trains' à caractère de manège, ni aux 'petits trains routiers' à usage de tourisme urbain ni, enfin, au modélisme ferroviaire »5.

Cette définition nous convient davantage car moins restrictive ; toutefois elle nous semble s'appliquer plus spécialement à un certain type de chemin de fer touristique6 et passer sous silence la dimension fortement patrimoniale présente dans certains réseaux.

3 Lamming (2005), p 424-425.

4 Ces lignes construites ex-nihilo constituent notamment la catégorie des chemins de fer touristiques à caractère ludique. Voir infra, Cinquième Partie, Chapitre 6.

5 Gasc (1994), p 6.

6 Les chemins de fer touristiques d'animation locale. Voir infra, Cinquième partie, Chapitre 6.

Alors, que faire ? Dans notre recherche d'une définition, un courrier des lecteurs de la revue Chemins de Fer Régionaux et Urbains 7 nous a mis sur la voie (!) d'une définition qui nous semble acceptable. Il s'agit d'une réponse de M. Gay à

M. Arrivetz qui, dans le numéro précédent, a contesté le caractère touristique du tramway urbain de l'AMITRAM, au motif où ce dernier évolue dans un

environnement industriel : « est considéré comme touristique tout ce qui est relatif au tourisme, lequel constitue une activité de loisir qui consiste à voyager pour son agrément : nul ne peut contester que le public qui fréquente le tramway de l'AMITRAM le fait par agrément ». Un peu plus loin : « faudrait-il exclure [...] tous les trains qui circulent dans des zones minières [...] ou industrielles, à proximité de carrières ou de gravières, le long des voies navigables ou sur des voies ferrées industrielles [...] dans des régions de mornes plaines ou parmi des champs de betteraves, et n'y conserver que ceux qui évoluent dans des régions montagneuses ou sylvestres où le tourisme constitue la principale ressource économique ? ». Comme M. Gay, nous répondons par la négative. Sauf à vouloir passer à côté d'une dimension incontournable des chemins de fer touristiques.

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