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Les chemins de fer touristiques entre nostalgie et innovation (1957-2007)


par Jean-Jacques MARCHI
Université Bordeaux IV Montesquieu - Master Sciences économiques, option Histoire économique 2007
  

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Septième partie - Touristiques, nos chemins de fer ?

Introduction - Le transport est mort, vive le tourisme !

« Un moyen de transport idéal serait instantané, gratuit, de capacité illimité... Bref, il abolirait l'espace »246. Cette définition ne s'applique pas du tout au sujet de notre étude : le chemin de fer touristique dilate l'espace et le temps, il n'est pas gratuit, il transporte peu de personnes à la fois. Il n'est pas (ou n'est plus) un moyen de transport. Car, comme l'indique son adjectif, le chemin de fer touristique est un produit touristique. Un produit touristique auquel les savoir-faire de marKeting touristique doivent être appliqués.

Chapitre 1 - Une prise de conscience qui tarde à venir

La prise de conscience tarde pourtant à venir chez les amateurs ferroviaires. On peut mettre sur le compte des péchés de jeunesse le fait que les visiteurs ne soient pas choyés au début de notre période d'étude. L'accueil est tantôt bon enfant, tantôt rugueux mais dans tous les cas non professionnel à l'aune des standards touristiques. Si depuis les choses ont évolué dans le bons sens, aujourd'hui encore le tourisme n'entre qu'à reculons dans le cercle des chemins de fer touristiques.

Ainsi, concernant le Train Touristique Guîtres-Marcenais, les étudiantes en DESS Tourisme notent à plusieurs reprises le fossé (le précipice ?) qui sépare les amateurs du monde du tourisme: « cette association de bénévoles passionnés se consacre avant tout à l'entretien du matériel, de la voie ainsi qu'à la marche des trains. La restauration du matériel roulant est leur principal objectif. La promenade des passagers faisant de ce train un 'train touristique' sert à engranger des fonds dans ce but. L'activité touristique n'est donc pas la motivation première mais constitue un moyen et non une finalité »247. Plus loin on peut lire : « l'association gérante du train n'a aucune compétence touristique et ne souhaite pas en avoir »248. Tout est résumé dans cette phrase qui s'applique encore de nos jours à l'essentiel des chemins de fer touristiques à caractère associatif.

246 Merlin (1991), p 5.

247 Castets, Delavois, Demange, Marseille (2006), p 5.

248 Idem, p 93.

La clé des comportements observés tient à notre avis en quelques mots : les

« promenades » de touristes sont encore trop souvent perçues un mal nécessaire pour ramasser l'argent nécessaire à la sauvegarde du matériel. On attend le touriste, au lieu d'aller le chercher249. L'enjeu est donc bien de parvenir à une « inévitable professionnalisation, souhaitée par tous les partenaires institutionnels. Les touristes ne sont plus un moyen mais une finalité »250

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