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Les chemins de fer touristiques entre nostalgie et innovation (1957-2007)


par Jean-Jacques MARCHI
Université Bordeaux IV Montesquieu - Master Sciences économiques, option Histoire économique 2007
  

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Chapitre 3 - Un effet structurant sur l'espace touristique

Schématiquement, l'espace français est marqué par trois niveaux d'espaces touristiques :

-des espaces touristiques majeurs, où les flux touristiques sont traditionnellement denses, du fait de l'existence de pôles d'attraction de premier ordre. Ces espaces ne constituent qu'une faible part du territoire.

-des espaces touristiques de tourisme diffus. Ces espaces, sans être dénués d'attrait touristique, manquent de pôles d'attraction, le touriste s'y éparpille. Ils représentent une part importante du territoire

-des espaces non touristiques, eux aussi importants en terme de superficie.

Dans le premier cas, les chemins de fer touristiques ne constituent qu'une attraction de plus du système existant. Au contraire, ils peuvent jouer un rôle important dans les deux autres situations. Car ils permettent la cristallisation de flux touristiques en zone de tourisme diffus , et leur création en zone non touristique. Avec à la clé un effet d'entraînement sur l'économie locale. Un « petit train » à caractère ludique, un « musée vivant » du chemin de fer peuvent contribuer au développement du tourisme localement, en créant un pôle d'attraction là où il n'y a rien (ou presque). Mais au-delà, un chemin de fer touristique d'animation locale bien conçu constitue un atout plus important encore, car il génère un « axe » autour duquel peuvent se fédérer d'autres attractions touristiques259.

En effet, un produit touristique ne doit pas être orphelin mais exister au sein d'une offre touristique locale. Ce fonctionnement présente deux avantages majeurs :

-le premier avantage est évident. Plusieurs produits touristiques drainent un flux touristique supérieur à un seul. Surtout lorsque les offreurs travaillent en bonne intelligence avec voyagistes, syndicats d'initiative, comités du tourisme.

-le second avantage réside dans une « sécurité » : en cas de fermeture inopinée d'un site touristique (due par exemple aux conditions météo) les prestataires (agences de voyages, autocaristes) peuvent se replier vers une autre attraction située à proximité. Cette sécurité revêt une importance capitale pour les opérateurs touristiques dont une des hantises est de se retrouver avec des touristes inoccupés (et donc forcément mécontents) sur les bras.

259 On pourra lire à ce sujet Ragon, Renaudet (1999), p 301-328. Leur article retrace les enjeux d'Historail et de Vienne-Vézère-Vapeur en Limousin.

Conclusion - De la nécessité d'un professionnalisme minimal

Produit touristique, un « petit train » ne se gère avec succès qu'au prix d'un renoncement à l'amateurisme. Ce qui ne veut aucunement dire qu'il doit y perdre son âme. La première étape à franchir consiste à reconnaître le caractère touristique des chemins de fer touristiques. Il faut pour cela adopter une attitude nouvelle : instiller de la prestation de service là où il n'y a que de l'industrie lourde, savoir sortir d'une attitude trop empreinte de nostalgie pour se tourner vers les opportunités. Ensuite, il s'agit de concocter un « produit » adapté par la mise en oeuvre des techniques de marKeting touristique.

Ce défi d'un professionnalisme minimal n'est pas anodin : en effet, bien

« managés », nos chemins de fer touristiques retrouvent la capacité de leurs ancêtres à structurer l'espace, chacun à leur échelle.

Huitième parti

Ce que nos « petits trains » véhicu/ent

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