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Les chemins de fer touristiques entre nostalgie et innovation (1957-2007)


par Jean-Jacques MARCHI
Université Bordeaux IV Montesquieu - Master Sciences économiques, option Histoire économique 2007
  

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Huitième partie - Ce que nos « petits trains » véhiculent

Introduction - Des « petits trains », véhicules culturels ?

Nous l'avons vu au cours de la septième partie, nos « petits trains » représentent autant de vrais produits touristiques. Mais leur fonction peut aller bien au-delà du tourisme. Comme nous allons le voir, ce rôle touche également à la protection de l'environnement, à la conservation du patrimoine industriel, et enfin à la perception du progrès technique.

Chapitre 1 - «Petits trains » et environnement

1- Les incomparables atouts du transport ferroviaire

A une époque où le terme d' « environnement durable » est au coeur des discussions, le chemin de fer dispose de nombreux atouts à faire valoir. En effet, le transport par rail, comparé à d'autres moyens de transport, est particulièrement respectueux de l'environnement :

au niveau de la consommation d'espace. La voie ferrée demande peu d'espace par rapport à la route : une voie unique à écartement normal nécessite une plate-forme d'une largeur de 6 mètres seulement. Sur une voie double, on peut, avec des systèmes modernes de gestion du trafic ferroviaire, faire circuler l'équivalent du trafic de vingt autoroutes, pour une consommation d'espace sans commune mesure

au niveau de l'intégration dans le paysage et les écosystèmes. Les voies ferrées présentes dans l'environnement depuis des décennies voire plus d'un siècle y sont parfaitement intégrées, d'autant que le trafic n'y est jamais continu (contrairement à certains axes routiers) et demeure parfois négligeable (quelques trains par semaine)

au niveau de la consommation en énergie. Une tonne transportée par rail consomme seulement le quart des énergies fossiles qu'il faut mobiliser pour le même transport par route

au niveau de la pollution de l'air: l'utilisation d'autorails ou de locotracteurs se révèle bien moins polluante qu'un trafic équivalent en voitures individuelles

au niveau du bruit: « un seul train (environ 300 personnes) émet un bruit de 75 décibels à 30 mètres de la voie. Une automobile (environ 3 personnes) émet un bruit de 80 décibels environ »260

260 Gasc (1994), p 1 00.

2- Le cas des chemins de fer touristiques

Les chemins de fer touristiques sont d'abord des chemins de fer, et donc les constats faits ci-dessus s'y appliquent. Qu'il s'agisse de l'accès à un site touristique, d'une promenade bucolique, ou d'un simple tour en « petit train », pour le même volume de visiteurs, un chemin de fer touristique génèrera moins de nuisances (et plus de plaisir...) que le même trajet effectué en voiture individuelle.

L'affaire se complique quelque peu quand on aborde la traction vapeur, dont les amateurs ferroviaires sont friands. Au-delà de l'ineffable romantisme de leur panache de fumée, les locomotives à vapeur sont polluantes : d'une part, elles utilisent généralement du charbon, dont la combustion est néfaste pour l'environnement261, d'autre part le rendement énergétique du moteur à vapeur reste très faible. Cependant, il ne faut pas trop noircir le tableau : les circulations de locomotives à vapeur restent anecdotiques. Un entretien et une conduite adaptés limitent l'émission de gaz polluants. Enfin, la mise en oeuvre de technologies modernes permet d'obtenir des niveaux de pollution comparables voire même inférieurs à ceux des locomotives diesel262.

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