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La valorisation des parcs nationaux


par Stéphane ANGO
Ecole Nationale d'Administration - Conseiller des Affaires Etrangères 2009
  

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Chapitre IV : La valorisation des parcs nationaux d'un point de vue global et sectoriel

Le 30 août 2002, le Gabon par la voix de son président a décidé de mettre en friche près de 11% de son territoire à des fins de conservation. De part cette décision historique, le pays doit s'attendre à des bénéfices économiques qu'il pourrait tirer de cet actif naturel. La première section de ce chapitre s'appuiera sur des politiques globales tandis que la seconde sur les politiques sectorielles

Section 1 : Les politiques globales de valorisation

Parmi les politiques globales de valorisation on distingue d'une part, la séquestration du carbone et d'autre part, la coopération.

La détérioration de l'environnement qui est à mettre à l'actif de la conjugaison de nombreuses pollutions telles que l'effet de serre, la destruction des forêts tropicales, la pollution des océans fait que plus que par le passé, soient prises en compte les interdépendances globales qui unissent les hommes à la nature. En effet, porter atteinte à cette dernière, conduit inexorablement au péril de l'une et de l'autre. Etant donné que la solution ne peut se trouver exclusivement dans le cadre étatique, une approche globale est nécessaire du fait que les problèmes environnementaux sont souvent transfrontaliers.

A- Le stockage du carbone

La terre est entrée dans une phase de bouleversements climatiques résultant de l'accumulation de gaz à effet de serre, qui sont la résultante directe des activités humaines. Les niveaux de dioxyde de carbone ont connu une croissance rapide au siècle dernier pour atteindre des proportions record.

D'après les prévisions des scientifiques les conséquences de l'augmentation du dioxyde de carbone sont plus qu'alarmantes. Ainsi, ces derniers estiment que dans les années avenir, il y aura une hausse généralisée des températures et comme effet d'entraînement, on observera la hausse du niveau marin. Ce supplément de dioxyde de carbone affectera également le climat. Pour lutter contre le réchauffement climatique global, l'attention de la communauté internationale se porte de plus en plus sur le rôle des forêts dans les échanges de carbone. Par ailleurs, « il a été estimé que la quantité de carbone stocké dans les forêts du monde est dix fois supérieure à tous les combustibles fossiles brûlés ces cent dernières années. Les forêts du Gabon sont estimées contenir 0,94-2,54 milliards de tonnes de carbone. » (Chris Wilks, 2003, p.63)

Comment se fait le stockage du carbone par les forêts ?

Pour répondre à cette interrogation, nous nous appuierons sur la théorie des puits de carbone. D'après cette dernière, « les forêts denses agissent comme des « pièges à carbone » et la majorité des scientifiques pensent que la préservation est vitale dans la lutte contre le réchauffement climatique. Leur théorie s'articule sur une fonction naturelle des forêts qui, avec la

photosynthèse, absorbent le dioxyde de carbone et stockent dans les arbres la matière organique et le sol. Plus la forêt est ancienne, plus elle contient de carbone. C'est la raison pour laquelle les forêts établies stockent beaucoup plus de carbone que les forêts exploitées de manière intensive. » (Gabon, printemps 2008, p.3 1)

C'est ainsi qu'on estime que : « la forêt du Gabon absorbe à elle seule le dioxyde de carbone produit chaque année par les trois pays les plus industrialisées de l'Union européenne, a constaté le président français. Rien que pour cela, nous devons ouvrir les yeux et nous rendre compte que l'Afrique ne demande pas la charité. C'est le monde qui a besoin de l'Afrique et des forêts du bassin du Congo. » (Gabon, automne 2007, p.6)

La séquestration du carbone est une voie vers laquelle le Gabon doit se diriger pour lui permettre d'atteindre son objectif de conservation. Bien qu'étant une valeur d'usage indirect, la négociation sur le marché international du stock de carbone séquestré par le Gabon pourrait lui permettre d'apporter des devises supplémentaires pour une valorisation effective des différents parcs nationaux. Ce type d'exploitation indirecte s'avère beaucoup plus rentable pour notre pays, car une exploitation directe qui concerne l'exploitation forestière n'apporterait pas les mêmes bénéfices comme l'a montré Lescuyer dans son étude sur le parc national de l'Ivindo. L'exploitation indirecte représenterait aussi un stabilisateur dans le processus de changement climatique qui s'avère désormais irrémédiable. L'exploitation indirecte par le biais de la séquestration du carbone, permettrait non seulement au pays de bénéficier de devises en contre partie de ses efforts de conservation et de développement durable, mais aussi à la communauté internationale, car le changement climatique s'en trouverait atténué, ce qui ne serait pas le cas si le Gabon avait choisi l'option de l'exploitation directe.

La carte suivante nous présente une estimation du carbone que peuvent stocker les forêts gabonaises. Cette carte nous permet de quantifier avec une certaine précision, la rétribution à laquelle le pays doit s'attendre en fonction du prix pratiqué sur le marché mondial. Le prix de la tonne de carbone a été estimé à 8 euros par tonne de dioxyde de carbone en 2005 dans le rapport du groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, il sera de 13 euros à 54 euros d'ici à 2030. (Gabon, printemps 2008, p.31). Dans cette optique, le Gabon pourrait percevoir près de 120 millions de dollars selon les estimations de Gustavo Fonseca en 2007.

Carte n°2 : de la distribution du carbone fixé dans la végétation du Gabon

Toutefois, bien que l'Afrique soit généralement admise comme la région qui produit le moins de gaz à effet de serre, qui sont à l'origine du réchauffement climatique planétaire, il n'en demeure pas moins que l'Afrique reste la grande oubliée des fonds affectés au réchauffement planétaire. Pour atténuer un tant soit peu ce phénomène, l'Afrique aura besoin d'une importante aide financière. Or, il se trouve que la même Afrique peine déjà à mobiliser les fonds nécessaires pour lutter contre la pauvreté et elle n'a pas non plus réussie à convaincre les investisseurs, d'investir dans des projets de protection de l'environnement sur le continent. Ce qui est une injustice car, « les scientifiques africains estiment que le continent contribue déjà activement à la lutte contre le réchauffement planétaire, notamment grâce à ses forêts, qui absorbent et retiennent le gaz carbonique, principal facteur de réchauffement. L'Afrique compte 17% des forêts de la planète et près du quart des forêts tropicales, qui contribuent à purifier l'air des émissions

polluantes produites à des milliers de kilomètres. » (L'Union n°9548 du vendredi 19 octobre 2007, p.4).

Pour une reconnaissance du rôle des forêts africaines, un certain nombre de pays d'Afrique et d'autres régions du monde ont demandé aux pays industrialisés de reconnaître l'importance des forêts pour l'environnement, de rémunérer les pays en développement en échange de leur préservation. A ce jour, seuls quelques programmes pilotes ont été menés à petite échelle et l'action de l'Afrique contre le changement climatique se heurte au manque de moyens financiers. Le marché du carbone enregistre les tendances suivantes : « les transactions de gaz carbonique s'élèvent aujourd'hui à 22 milliards de dollars. L'Afrique espérait bénéficier du faible montant de ses émissions pour attirer les capitaux du Mécanisme pour le Développement Propre. Ce sera peut être le cas, mais au milieu de l'année 2007, elle n'avait bénéficié que de moins de 2% des projets financés par le mécanisme dans le monde. » (L'Union n°9548 du vendredi 19 octobre 2007, p.4).

Comment explique t-on alors le manque d'intérêt des investissements du mécanisme ?

Ce désintérêt s'explique d'après les experts par les conditions généralement peu propices aux investissements qui règnent en Afrique. De plus, le manque d'organismes financiers et commerciaux dignes de ce nom, ainsi que l'insuffisance des moyens administratifs et de gestion du continent. Cette situation n'est pas sans espoir , puisque l'accord de Kyoto arrivera à échéance en 2012 et qu'il ne fait plus aucun doute que le réchauffement planétaire est plus rapide que prévu, il n'est donc pas impossible que l'Afrique puisse désormais tirer profit du potentiel d'absorption de gaz de ses forêts.

Cette évolution pourrait aussi se hâter grâce à l'intervention du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat établi par les Nations Unies. Il existe donc un clivage entre les pays industrialisés et les pays en développement. Bien qu'étant responsable de la majeure partie des émissions de gaz carbonique, les pays du nord exercent des pressions préventives sur les pays du sud, redoutant que ces derniers n'accentuent dans l'avenir la pollution atmosphérique. Mais ces pays invoquent le droit au développement et soulignent qu'aucun processus d'industrialisation n'est possible sans se livrer dans un premier temps, à une consommation massive d'énergie. C'est pourquoi, la protection de l'environnement semble passer ici par l'octroi de compensations financières que le nord industrialisé accorderait au sud en développement pour que cet ensemble d'Etats puisse satisfaire à des normes de production moins polluantes. (Josepha Laroche, 2000, pp.454-455).

Sans cette juste compensation financière, les pays d'Afrique sont menacés d'une part par la déforestation, « les forêts d'Afrique disparaissent actuellement au rythme de plus de 5 millions d'hectares par an ; victimes d'une exploitation commerciale excessive et non viable, et des méthodes de défrichage par brûlis. Des études indiquent que 66 millions d'hectares de forêts ont été détruites entre 1980 et 1995 et que le rythme de déforestation s'intensifie. » (l'Union n°9548 du vendredi 19 octobre 2007, p.4) D'autre part, le fait que le bois constitue un produit d'exportation important pour certains pays, la réduction de ces exportations pourrait se solder par un manque à gagner difficile voire impossible à combler.

Heureusement pour nous, le Gabon échappe à une mauvaise utilisation de son domaine forestier, non seulement du fait de sa faible densité de population, mais aussi par la fait que, « le Gabon mène une politique de gestion durable. Ainsi, son taux de déforestation moyen entre 1990 et 2000 avoisinait les 0%. Il fait partie des pays très boisé susceptible de voir ses efforts récompensés suite à la démarche de la communauté internationale de reconnaître les dispositions des plus hautes autorités à oeuvrer pour la conservation de la nature.

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