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La valorisation des parcs nationaux

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par Stéphane ANGO
Ecole Nationale d'Administration - Conseiller des Affaires Etrangères 2009
  

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B - Présentation des Parcs Nationaux du Gabon

Cette sous section du chapitre I va nous permettre de présenter les parcs nationaux du Gabon. En effet, après avoir fait un bref tour d'horizon de la législation sur les parcs nationaux, nous ne saurions terminer ce chapitre sans présenter chacun des parcs nationaux en essayant de faire ressortir pour chacun sa spécificité. La carte n°1 nous montre la répartition spatiale des différents parcs nationaux du Gabon. Cette présentation ne serait pas complète si nous n'évoquions pas les enjeux qu'induit la création de ces derniers. Ainsi, pour chaque parc nous présenterons les grands traits de la végétation et de la faune, nous verrons ensuite les intérêts pour la conservation et le tourisme.

Carte n° 1 : Répartition spatiale des parcs nationaux du Gabon

Source : Guide officiel Gabontour

Le parc national de l'Ivindo

Ce parc est situé dans les provinces de l'Ogooué-Ivindo et de l'Ogooué-Lolo. Il couvre une superficie de 300 000 ha. Une très grande partie de la végétation est constituée de forêts guinéocongolaises denses humides. L'Ouest et le Sud du parc national montrent une forte influence atlantique avec prédominance de l'okoumé (Aucoumea klaineana). La majeure partie du parc est constituée des forêts précitées qui sont anciennes ou très anciennes, mais sur le plateau d' Ipassa elles sont perturbées et secondarisées par les tornades fréquentes (J.P Vande Weghe, 2006, p. 253).

Entre autres caractéristiques de cette végétation on observe des forêts ripicoles inondables le long des grands cours d'eau, des forêts marécageuses qui occupent de petites dépressions mal drainées. Une flore particulière habite les nombreuses chutes.

La faune du Parc national de l'Ivindo compte 131 espèces de mammifères, dont 17 primates, 13 carnivores et 16 ongulés. Le gorille (Gorilla Gorilla) et le chimpanzé (Pan traglodytes) sont abondants. L'avifaune3 compte 397 espèces, parmi lesquelles figure le Picatharte du Cameroun.

L'ichtyofaune4 est riche, elle est semblable à celle de l'Ogooué, elle est particulièrement riche en mormyridés « sur le plan entomologique, la faune des papillons s'avère très riche en espèces qui vivent dans le sous-bois des vieilles forêts et certaines espèces considérées comme très rare dans toute l'Afrique Centrale sont communes dans le bassin de la Langoué. Plusieurs espèces nouvelles ont été découvertes » (idem p. 253).

L'intérêt pour la conservation est représenté par la population d'éléphants avec de grandes défenses, des forêts anciennes peu perturbées par l'homme, la diversité entomologique est très grande. La station de l'IRET5 est un atout immense pour la recherche, elle constitue un atout pour la mise en oeuvre d'un tourisme de haut niveau.

Ce parc présente un atout touristique indéniable avec les chutes de l'Ivindo, surtout celle de Kongou, et celle de Djidji qui figurent parmi les plus spectaculaires d'Afrique Centrale. La baie de la Langoué permet à certaines périodes de l'année d'observer en toute sécurité l'éléphant, la sitatunga, le buffle et le gorille sans les déranger.

Le parc national de Mwagna

Il est situé dans la province de l'Ogooué-Ivindo, il s'étend sur une superficie de 115 500 ha. Comme pour le parc de l'Ivindo la plus grande partie de la végétation est constituée de forêts guinéo-congolaises denses humides de terre ferme, non exploitées et non dégradées. Au centre du

3 Ensemble de la faune ailée.

4 Ensemble de la faune de poisson.

5 Institut de Recherche en Ecologie Tropicale.

parc, il existe une grande baie. Bien que les ressources fauniques soient mal connues, on constate que les éléphants sont assez nombreux. On observe aussi les primates, des artiodactyles (potamochère, chevrotain, buffle). Concernant l'avifaune, herpetofaune6 et l'entomofaune7 presque rien n'est encore connu. En terme de conservation, on note les nombreuses baies qui constituent les points forts du parc qui attirent une importante population de bongos.

S'agissant du tourisme, ce parc est actuellement trop éloigné des centres et des axes routiers pour pouvoir être visité de manière régulière.

Parc national de Loango

Il est situé dans la province de l'Ogooué-Maritime. Ce parc jouit d'une très grande diversité floristique. On dénombre aussi bien des pelouses pionnières sur le haut des plages, des forêts ombrophiles, des forêts sclérophylles8 littorales, des forêts marécageuses ainsi que des mangroves.

La faune mammalienne9 compte 80 espèces : on dénombre aussi 16 espèces de primates. Parmi les carnivores, on été observés, la panthère (Panthera pardus), le chat doré (Felis aurata). Le lamantin (Trichechus senegalensis) a été observé dans la lagune. Parmi les ongulés on note la présence d'éléphants en nombre important, de buffles (Syncerus caffer). L'avifaune compte 342, espèces, 37 espèces de reptiles sont mentionnées, parmi lesquels on compte le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus), la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea), la tortue luth (Dermochelys coriacea).

« Sur le plan de l'entomofaune, seuls les papillons diurnes ont fait l'objet de recherches. Au total, 250 espèces ont été trouvées, mais une seule espèce est strictement inféodée au forêts côtières situées entre l'Ogooué et le fleuve Congo, le nymphalidé (Euriphene fouamini) » (J. P Vande Weghe, 2007, p. 300)

L'intérêt pour la conservation de ce parc est grand, car la mosaïque forêt - savane - marais en bordure de l'océan attire une forte densité des grands mammifères herbivores et constitue ainsi un écosystème unique.

De plus, « les marais des plaines inondables des rivières Ngové et Eshira constituent un ensemble unique en Afrique Centrale. Ils nourrissent une très importante population d'oiseaux aquatiques, surtout de mai à août, et abritent une population probablement assez importante de Lamantins » (idem p. 301). Les plages sont très visitées par la tortue luth (Dermochelys coriacea) en période de ponte.

L'intérêt pour le tourisme découle de l'aspect inaltéré du parc national, la possibilité de sortir en mer pour observer les grands cétacés est une attraction de choix entre fin juin et début septembre. La possibilité de voir les tortues luth entre octobre et avril est une autre attraction. Ce

6 Ensemble de faune constitué de batraciens et de reptiles

7 Ensemble de faune constitué d'insectes.

8 Se dit de certaines plantes dont les feuilles dures et épaisses leur permettent de s'adapter à des conditions

climatiques arides

9 Qui à rapport aux mammifères.

parc offre aussi pour les birdwatchers une avifaune assez riche. La pêche sportive peut être pratiquée dans de bonnes conditions tant au nord qu'au sud du parc.

Parc national de Mayumba

Ce parc est situé dans la province de la Nyanga, il s'étend sur une superficie de 91 040 ha. La végétation de ce parc est assez semblable à celle du parc de Loango.

« La partie terrestre du parc national abrite une importante population de buffles et d'éléphants. Parmi les primates, le mandrill est présent. L'avifaune est encore incomplètement connue et très peu d'observations herpétologiques sont disponibles, mais plusieurs éléments méridionaux sont présents dans le parc national, notamment la tourtelette émeraudine (Tutur chalcosilos), la marine est riche. Parmi les cétacés qui ont été observés le mégaptère (Megaptera movaeangliae) (...), les tortues luth nichent en grand nombre. Ce parc national à la particularité de représenter un des sites de ponte de la tortue luth le plus fréquenté au monde ; de plus, la présence du dauphin à bosse de l'Atlantique y est importante » (idem p. 302).

L'intérêt pour le tourisme de cette région réside du fait que d'octobre à mars, il soit possible de voir en une seule nuit de nombreuses tortues luth venir pondre sur les plages. L'observation des mammifères marins y est fort aisée.

Parc national de la Lopé

Ce parc est situé à la confluence de nombreuses provinces : Ogooué-Ivindo, Ogooué-Lolo, Moyen-Ogooué et la Ngounié. Il s'étend sur une superficie de 4970 km2.

La Lopé est un site unique où des anciens refuges de savanes datant de 40.000 ans se juxtaposent aux forêts du pleistocène du massif du Chaillu riche en plante endémique. Les forêts à marantacées, les plus proches des savanes dans le nord, constituent un habitat idéal pour les éléphants et les gorilles et, en conséquence détiennent la biomasse de mammifères la plus élevée connue jusqu'à présent des forêts pluviales tropicales.

La Lopé est l'endroit en Afrique ou l'on peut découvrir le Mandrill. La Lopé abrite également de grandes populations de gorilles et de chimpanzés et les densités d'éléphants les plus élevées en Afrique. De plus, la vallée de l'Ogooué est un riche sanctuaire préhistorique. En effet, la Lopé est l'un des sites archéologiques les plus anciens en Afrique, avec des pointes de flèches de la pierre, des gravures rupestres de l'âge de fer et d'autres signes d'occupation humaine vieux d'au moins 400 000 ans.

La Lopé est un site idéal pour la recherche en forêt. La station d'étude des gorilles et des chimpanzés (SEGC) est un centre de formation en pleine expansion. Il a été fondé en 1983 par le CIRMF10 afin d'étudier le comportement des gorilles et des chimpanzés.

Le parc national d'Akanda

Ce parc est situé dans la province de l'estuaire. Il couvre une superficie de 540 km2. La forêt côtière bordant le nord de la péninsule, de la forêt de la Mondah jusqu'à Akanda héberge de nombreuses plantes qui ne poussent qu'ici au Gabon, car elles ont besoin du supplément d'humidité apporté par la mer. Le parc d'Akanda renferme d'importantes ressources naturelles renouvelables. Les mangroves autour de Libreville représentent d'importantes zones d'alevinages pour plusieurs espèces de poissons de mer.

Les vasières du parc sont un des sites d'hivernage les plus importants d'Afrique Centrale. Le parc national d'Akanda joue un rôle essentiel pour la reproduction des poissons. Ce qui garantit la sécurité alimentaire des générations futures. Il fournit également un espace de loisirs aux résidents librevillois. Les forêts du nord et de l'ouest sont biologiquement précieuses, car des orchidées et d'autres plantes rares y poussent grâce au fort taux d'humidité que l'océan procure au bout de la péninsule. Le parc d'Akanda renferme les plus grandes populations de bec-enciseaux d'Afrique qui se reposent sur les bancs de sables découverts par la marée. Les vasières procurent de la nourriture à des milliers de limicoles d'Europe.

Le parc national de Pongara

Ce parc est situé dans la province de l'Estuaire. Il couvre une superficie de 870 km2. Ce parc se trouve à moins d'une heure du principal centre de population du Gabon. On y trouve des milliers d'hectares de mangroves qui renferment une quantité importante d'alevins et de crevettes.

Les plages de ce parc sont des lieux de ponte pour les tortues marines. Les forêts de ce parc abritent des populations survivantes de petits singes, de buffles, de céphalophes. Les marais d'eau douce sont peuplés de poissons et ses prairies regorgent également de nombreuses espèces de fleurs, d'insectes et d'oiseaux.

Des centaines de tortues luth pondent à Pongara, la majorité juste au sud de la Pointe Denis. Les tortues marines ont trouvé en Pongara un endroit romantique et elles voyagent d'aussi loin que le Brésil pour se reproduire et pondre leurs oeufs sur les plages du Gabon d'octobre à mars. Plusieurs espèces de dauphins vivent en mer près de Pongara ou y passent en migration.

10 Centre International de Recherches médicales de Franceville.

Parc national de Minkebé

Ce parc est situé dans les provinces à l'extrême nord-est du Gabon. Il couvre les provinces du Woleu-Ntem et de l'Ogooué-Ivindo. C'est le plus vaste des parcs du Gabon. Minkebé fait partie de la plus grande étendue sauvage restant en Afrique. C'est l'une des forêts les plus intacte d'Afrique et le plus grand bloc forestier inhabité du Gabon. Il possède une faune et une flore diversifiée et des dômes rocheux appelés Inselberg qui offrent des panoramas à perte de vue sur la forêt. Minkebé est constitué par une diversité d'écosystèmes. C'est une forêt dominée par des légumineuses. La population d'éléphants de forêt est particulièrement importante, mais celle des gorilles et des chimpanzés est aujourd'hui faible à cause de l'épidémie d'Ebola qui a sévit dans la région dans les années 90. Cette région représente une vaste forêt pluviale intacte qui joue à la fois le rôle de réservoir globale de carbone et de château d'eau du bassin de l'Ivindo, dont les immenses marécages retiennent l'eau comme une éponge.

Parc national des Monts de Cristal

Ce parc est situé dans la province de l'Estuaire. Il couvre une superficie de 1 200 km2. Ce parc est couvert d'une forêt pluviale ancienne dont la majorité n'a pas été perturbée par l'homme. Mousses, orchidées et bégonias y sont abondants. Ce parc est l'une des zones les plus diversifiées d'Afrique pour les plantes et les papillons. De plus, on y trouve aussi de grands mammifères charismatiques tels que mandrills et éléphants. Ce parc est riche en arbres et plantes épiphytes et lithophytes nécessitant beaucoup d'humidité. Il est reconnu au niveau international pour sa richesse biologique. Un fort taux d'humidité a permis à une flore particulièrement riche de s'épanouir depuis des dizaines de milliers d'années. Les Monts de Cristal sont considérés par de nombreux botanistes comme ayant la plus grande diversité végétale de toute l'Afrique. Au surplus, ce parc est d'une importance capitale pour les Gabonais, par ses bassins versants qui alimentent de nombreux cours d'eau. Les barrages hydroélectriques de la SEEG11 fournissent l'électricité à Libreville.

Parc national de Birougou

Ce parc est situé au coeur du massif du Chaillu, dans les provinces de la Ngounié et de l'Ogooué-Lolo. Il couvre une superficie de 690 km2. Il dispose d'importantes richesses biologiques et culturelles. Ce parc regorge de refuges de forêts humides d'Afrique. En effet, certaines zones en altitude ont maintenu leur couverture forestière et leur climat humide au gré des diverses périodes arides et humides de l'évolution climatique et géologique d'Afrique, d'où leur nom de refuges.

Ces dernières sont des réservoirs où on trouve des espèces ayant évolué à diverses périodes et où la variété d'espèces peut persister pour très longtemps.

11 Société d'Energie et d'Eau du Gabon

Le potentiel biologique du parc lui confère un statut de site critique de l'UICN. Il reste pourtant encore très peu connu de la science. De plus, c'est un bassin versant important qui regorge de richesses culturelles.

Parc national de Waka

Ce parc est situé dans la province de la Ngounié. Il couvre une superficie de 1070 km2. Les monts qui cernent ce parc sont uniques de par leur richesse cultuelle les liant aux peuples alentours. Les peuples de Waka se proclament à l'origine de la religion bwiti. Ils gardent les secrets mystérieux de la forêt et leurs rites démontrent un lien étroit avec la nature. Le tourisme culturel peut s'appuyer sur la force spirituelle de Waka et de ses alentours. L'histoire naturelle du massif est bien connue des populations locales, mais n'a pas encore été beaucoup étudiée par la communauté scientifique. L'expertise locale est importante car elle permet de fournir des informations sur les changements qui ont affecté cette région au cours du temps.

Parc national de Moukalaba-Doudou

Il est situé dans les provinces de la Nyanga et de l'Ogooué-Maritime. Il couvre une superficie de 5000 km2. Ce parc est composé d'habitats variés, des forêts humides de montagnes aux marécages, des rivières, des savanes herbeuses hébergeant des espèces uniques.

L'abondance de primates et de grands singes dans cette région pourrait faire de cette zone l'un des meilleurs sites d'Afrique pour observer les gorilles de forêt pluviale. Ce parc est connu des scientifiques pour avoir les plus fortes densités de primates du Gabon. Les forêts ayant été exploitées sont abondantes et contiennent de succulentes Marantacée, une des principales sources de nourriture pour les gorilles comme pour les éléphants et autres espèces. C'est également une zone remarquable pour les amateurs d'oiseaux. C'est le seul parc du Gabon ou l'on peut observer l'élégant Cobe défassa (antilope).

Parc national des plateaux Batéké

Il est situé dans la province du Haut-Ogooué. Il couvre une superficie de 2050 km2. La végétation est représentée par un immense océan d'herbe au coeur de la forêt équatoriale. Par endroit, le relief doux est coupé par de spectaculaires falaises de sable multicolores. La présence de multiples vestiges archéologiques sur les sommets des collines témoigne que des milliers de personnes ont vécu dans cette région autrefois. Des prédateurs charismatiques tels que les lions et les hyènes qu'on croyait disparus subsistent.

Des savanes sableuses, des forêts galeries et des rivières se mêlent sur les plateaux Batéké pour constituer des paysages spectaculaires abritant une grande diversité d'espèces. Des animaux comme les éléphants de forêt, les gorilles, les buffles et les potamochères sortent de l'abri des arbres pour se nourrir dans la savane ou boire dans la rivière. La diversité des savanes permet à des nombreuses espèces d'oiseaux des plateaux Batéké de se rencontrer. A tel point que cette

diversité attire les ornithologues dans la région de Léconi. De plus, la culture téké est toujours vivace dans la région et offre des possibilités de tourisme culturel.

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