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La valorisation des parcs nationaux

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par Stéphane ANGO
Ecole Nationale d'Administration - Conseiller des Affaires Etrangères 2009
  

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Section 2 : Les problèmes occasionnés par les autochtones et par l'industrie.

Six ans après la création des parcs nationaux, la gestion des parcs se met en place, en rencontrant toutefois des heurts, l'opinion publique s'en empare. Les problèmes qui surgissent proviennent des populations qui vivent autour des parcs qui d'une manière ou d'une autre, exploitent les ressources spontanées qu'ils abritent. A coté des problèmes pré-cités il y a aussi les conflits d'intérêts qui naissent entre l'administration des parcs nationaux et les exploitants forestiers ou les exploitants miniers.

A- les problèmes engendrés par les populations vivant autour des parcs nationaux

Pour illustrer nos propos, nous nous appuierons sur quelques parcs nationaux du Gabon.

Les populations les plus proches du parc national de l'Ivindo sont celles de Makokou et celles de nombreux villages situés le long de la route Makokou-Ovan. « L'activité la plus répandue reste l'agriculture, concentrée dans une bande de 3 à 5 km le long de la route (...). La production est consommée localement et le surplus est écoulé à Ovan ou Makokou. Le manioc est toutefois abandonné au bout de 2 à 3 ans et les bananiers au bout de 5 à 10 ans. Un nouvel espace de forêt est alors défriché » (JP Vande Weghe, 2006, p. 47)

L'agriculture est souvent combinée à la chasse et à la pêche. Tout comme les agriculteurs, les pêcheurs de la route Ovan-Makokou pêchent dans la Mvoung et dans l'Ivindo aux abords des chutes de Mingouli. Aussi bien les pêcheurs que les agriculteurs exercent leurs activités au sein même du parc national de l'Ivindo, ce qui est contraire à la loi. En effet, le décret n°612/PR/MEFEPEPN du 30 août 2002 portant classement du parc national de l'Ivindo, en son article 7 stipule que : « A l'intérieur du parc national de l'Ivindo, les activités touristiques sont organisées selon le plan d'aménagement prévu à l'article 6 ci-dessus. »

Toutes les autres activités sont normalement interdites dans les limites du parc national à l'exception de celles résultant des droits d'usages coutumiers. Ainsi, conformément à ce décret il est strictement interdit d'organiser d'autres activités en dehors des activités touristiques. Les populations qui résident à proximité de ce parc exercent donc leur activité en violation flagrante des dispositions règlementaires.

Entre autres, activités se pratiquant dans le parc de l'Ivindo, il y a la chasse. « La chasse au fusil se pratique souvent plus loin des villages. Ainsi, les chasseurs des hameaux situés le long de la route Makokou-Ovan chassent dans les forêts au nord de l'Ivindo, mais rarement ils pénètrent à plus de 5 km en forêt dense. Le gibier visé comprend les céphalophes, les singes et le potamochère » (J.P Vande Weghe, 2006, p.50).

Avec la raréfaction du gibier due à des prélèvements dépassant la productivité de la forêt du fait de la pression des populations urbaines prêtes à payer cher pour la viande de brousse, la superficie utilisable par la faune est aussi en constante régression suite à l'extension de l'exploitation du bois et de l'agriculture.

Le parc de Mwagna n'est pas en reste car des activités illégales y sont également répertoriées. En effet, « dans le nord, les chasseurs du village Malouma, situé à une dizaine de kilomètres du parc, disent ne plus chasser au sud de la rivière Louaye, mais leur piste pénètre encore et jusqu'à 5km dans le parc et lors de la dernière prospection de 2004 un groupe de chasseurs fut effectivement rencontré à l'intérieur du parc ». (JP. Vande Weghe, 2006, p. 51). Il est nécessaire de dire que, les populations vivant autour ou à coté des parcs pratiquent la chasse pour la viande qui peut avoir comme première finalité la consommation des villageois ; et la chasse commerciale « qui est un phénomène complexe qui repose à la fois sur la pauvreté des populations rurales et la demande croissante des populations urbaines qui représentent au Gabon 80% de la population totale du pays. Bien qu'elle ait oublié la réalité du milieu forestier, cette population a conservé le goût du gibier ». La chasse commerciale est plus destructrice pour la faune car du fait de la demande croissante la pression cynégétique est très importante ce d'autant plus que le gibier se raréfie en dehors des parcs. Mais il y a encore un autre type de chasse bien plus dommageable pour la conservation et la protection de la faune. En effet, « à coté de la chasse pour la viande, destinée à la consommation locale ou à la commercialisation, il existe d'ailleurs une autre chasse à la fois très rentable et très destructive. C'est la chasse pour l'ivoire. La ville frontière de Mékambo en serait la plaque tournante dans le nord-est du Gabon et le parc national de Mwagna serait l'un de ses terrains d'action favoris (...). En 2004, un chasseur a ainsi été appréhendé près de Makokou avec des défenses énormes qui ne pouvaient provenir que du parc national de l'Ivindo. Comme ailleurs en Afrique Centrale, ces chasseurs «malchanceux, souvent dénoncés par jalousie, ne représentent cependant que l'extrémité visible de réseaux dont les ramifications comprennent à la fois des commerçants, des fonctionnaires et des notables, tant en province qu'à Libreville» (idem pp. 52-53).

Dans le parc national de Loango, on note une source de conflit entre les villageois et la conservation, dû aux agriculteurs qui se plaignent des dégâts causés régulièrement par les éléphants. « Ce problème est particulièrement difficile à résoudre dans le cas des quelques villageois qui habitent encore le parc national de Loango. Ces gens, une trentaine de personnes en tout, habitent de manière dispersée et se plaignent continuellement des éléphants qui ravagent leurs champs, mais refusent de se regrouper ou de quitter leur «terre ancestrale. Dans d'autres pays d'Afrique, ils auraient été relogés et indemnisés, mais au Gabon cela semble impossible » (JP Vande Weghe, 2007, p. 58). A côté des conflits entre les villageois et la conservation à cause des dégâts effectués par les éléphants, il y a ceux des pêcheurs qui viennent d'Afrique de l'ouest et qui ont des coutumes néfastes. « Les pêcheurs venus d'Afrique de l'ouest, implantés au Cap Lopez ou à Mayumba, ont quant à eux introduit des coutumes néfastes que les populations locales ne connaissent pas et qui nuisent à la faune, notamment la chasse aux sternes migratrices

sur les plages. Or il est bien connu, grâce au baguage, que la raréfaction de ces oiseaux sur leurs colonies en Europe est en grande partie liée à la chasse qui leur est faite sur les côtes du golfe de Guinée, surtout de la Sierra Leone au Ghana » (JP Vande Weghe, 2007, p. 61).

Comme pour le parc de l'Ivindo, la chasse commerciale est une activité pratiquée par les villageois vivant à coté du parc de Loango. Ce commerce de viande de brousse est en grande partie illicite, mais au Gabon - il faut bien l'admettre - il est bien difficile de faire respecter les lois relatives à l'environnement : les animaux protégés sont tués comme les autres et commercialisés publiquement sur les marchés ou dans les restaurants.

Ce problème de chasse commerciale de viande de brousse est d'autant plus délicat à résoudre, du fait que ni les autorités, ni les ONG actives dans la conservation n'offrent des ressources alternatives de subsistance.

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