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La valorisation des parcs nationaux


par Stéphane ANGO
Ecole Nationale d'Administration - Conseiller des Affaires Etrangères 2009
  

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B - Les problèmes occasionnés par l'industrie forestière et minière

Jusqu'alors nous n'avions traité que des problèmes dus aux populations vivant autour des parcs nationaux, mais les activités qui posent le plus de problèmes pour la conservation et la protection de l'environnement sont les activités industrielles, dans lesquelles on distingue l'exploitation forestière et l'industrie minière. S'agissant de l'exploitation forestière, il faut reconnaître qu'avec la création des parcs nationaux, seules les zones qui avaient été attribuées avant la création des parc nationaux purent être exploitées. Ces zones ont cependant été rétrocédées dès la fin de leur concession.

Du coté de la non attribution de concession forestière dans les parcs nationaux, l'Etat a probablement respecté ses engagements.

Le principal problème de l'exploitation forestière réside dans le fait que, dans les concessions forestières attribuées à des exploitants près des parcs nationaux le contrôle de la chasse n'est pas effectif. En effet, « (...) la construction des pistes ouvre la forêt aux chasseurs et c'est là que se situe actuellement au Gabon, comme dans toute l'Afrique Centrale, l'impact le plus problématique de l'exploitation. Non seulement beaucoup d'ouvriers chassent eux-mêmes dès qu'ils en ont l'occasion, mais bien souvent ils introduisent dans les campements des concessions des membres de famille qui chassent ou des chasseurs étrangers. Une partie du gibier alimente alors les circuits commerciaux et, très rapidement, la forêt se vide de sa faune avec le manque chronique de personnel en charge du contrôle auquel s'ajoute un manque de moyens et un manque de motivation. Cette situation est difficile à gérer et met les sociétés forestières dans une position très ambiguë vis-à-vis de leur personnel. Jusqu'à quel point peut-on d'ailleurs leur demander de se substituer à l'Etat ? » (JP Vande Weghe, 2006, p. 54). Pour résoudre ce problème, les exploitants s'engagent dans des partenariats avec des ONG de conservation. « C'est le cas de la CBG, qui exploite la CFAD de Mandji sur la limite nord du complexe de Gamba. Au travers du WWF, elle a ainsi pu obtenir un appui du Fonds Français pour l'Environnement Mondial (FFEM) dans le cadre du programme CAWHFI afin d'appuyer techniquement la mise en oeuvre d'un plan de gestion de la faune » (JP Vande Weghe, 2007, p. 62).

Les problèmes occasionnés par l'exploitation pétrolière peuvent prendre diverses formes. L'une de ces formes est la pollution des parcs nationaux côtiers. La pollution pose des problèmes

difficiles à résoudre étant donné que l'Etat ne dispose pas de moyens suffisants de contrôle (JP. Vande Weghe, 2007, p. 64). Les pollutions des côtes gabonaises par les hydrocarbures et de surcroît des parcs nationaux sont ainsi devenues monnaie courante. « En 2005, plusieurs cas de pollution ont été observés. Sur les plages des parcs nationaux de Mayumba et de Loango se sont déposés des nappes d'hydrocarbures dont les analyses d'échantillons n'ont permis ni d'identifier la source ni de déterminer les responsables » (Idem p. 64). « La dernière date de janvier 2007, en pleine période de ponte des tortues marines. Ceci constitue un sérieux problème pour la protection de la préservation de la nature » (idem p. 64). Un autre problème de l'exploitation pétrolière, ce sont les opérations sismiques qui provoquent des nuisances qui perturbent la faune. Durant la phase d'exploitation pétrolière, les opérations sismiques génèrent des bruits et des vibrations qui dérangent la faune et détruisent certains habitats naturels.

Il faut toutefois noter que les conséquences de l'exploitation pétrolière sont plus insidieuses qu'elles ne laissent paraître. « Cependant les conséquences les plus importantes de l'exploitation pétrolière sont peut-être indirectes et plus insidieuses : les populations qui en vivent sont relativement bien rémunérées et consomment de grandes quantités de poissons et de viande de brousse, surtout du fait de la faiblesse de l'agriculture et de l'absence de l'élevage. Sans le vouloir, l'industrie pétrolière a ainsi contribué à la quasi-disparition locale de l'hippopotame et du lamantin ou à la raréfaction inquiétantes des céphalophes, du buffle et de plusieurs espèces de singes dans les forêts du bassin côtier » (JP Vande Weghe, 2007, p. 65).

Un constat de menace des parcs nationaux se fait ressentir globalement notamment par l'exploitation minière et pétrolière, à tel point que les parcs nationaux compte tenu de la prolifération des menaces ne présentent aucune garantie concernant la sécurité environnementale. La prolifération des menaces fait suite à la vague d'attribution des permis de prospection miniers et pétroliers qui ont cours actuellement dans notre pays.

Akanda par exemple est menacé par la construction du nouvel aéroport de Libreville dans sa très proche périphérie. Le parc situé à proximité, le parc de Pongara est également menacé, « une compagnie française, Maurel et Prom, envisage de faire passer un gazoduc à travers le parc de Pongara, à la demande de la SEEG propriété du groupe français VEOLIA » (http:// www.brainforest.org/ parcs menaces.htlm)

Le parc national de Loango, qui est le parc le plus prisé en matière touristique et qui est suffisamment reconnu par les tours opérators connaît lui aussi quelques difficultés. « Une compagnie pétrolière chinoise, SINOPEC a commencé des prospections avec l'aval du ministère des mines mais en contrevenant au code de l'environnement et à la loi actuelle sur les parcs nationaux. Les conséquences négatives sont déjà identifiées.

Au sud du Gabon, dans le parc national de Mayumba, le seul parc entièrement marin, inquiète par les projets qui y ont cours. « Une compagnie pétrolière française, Maurel et Prom envisage de faire passer un pipeline à travers le parc de Mayumba. » (http:// www.brainforest.org/ parcs menaces.htlm)

De tous les projets cités ci avant, le projet de Belinga est à n'en point douter, du fait de son ampleur, celui qui a le plus retenu l'attention aussi bien de l'opinion nationale qu'internationale. En effet, « Dès 1995, des géologues y ont localisé un gisement de fer sous le relief montagneux de la région. Des études évaluent mêmes les réserves à plus d'un milliard de tonnes, avec une teneur en minerai de 64%. Belinga abriterait donc le plus important gisement inexploité du monde. » (Bongo, la Chine et les écologistes. Jeune Afrique.htm). Le chantier de la mise en exploitation s'est heurté à des militants écologistes. L' ONG Brainforest reproche aux autorités

gabonaises de n'avoir effectué aucune étude préalable d'impact sur l'environnement. Une négligence d'autant plus grave aux yeux des organisations écologistes que Bélinga se situe dans la deuxième plus vaste forêt du monde. En 2002, alors que Greenpeace s'alarmait de l'éventuelle disparition des gorilles, des chimpanzés et des bonobos dans les dernières forêts vierges du bassin du Congo, le Gouvernement gabonais avait alors créé treize parcs nationaux, sur 11% de son territoire. Aujourd'hui le projet Bélinga est perçu comme un inquiétant retour en arrière. En somme ce qui inquiète les écologistes, se sont les infrastructures lourdes qui accompagneront ce projet tels que la construction du tronçon de chemin de fer, la construction d'un port en eaux profonde à Santa Clara et d'un barrage hydroélectrique au sein même du parc de l'Ivindo. « Selon OBO, les ONG veulent faire de son pays une simple réserve uniquement destinée à recycler le gaz carbonique émis par les grand pays, qui pour leur part, refusent égoïstement de respecter l'environnement. »

(Bongo, la Chine et les écologistes. Jeune Afrique.htm).

A la suite de la polémique sur la destruction de l'environnement relayée par les différents médias internationaux « le 14 septembre, il (le chef de l'Etat) a convoqué son gouvernement et les membres du corps diplomatique accrédités à Libreville pour marteler sa détermination à mener jusqu'au bout le chantier de Bélinga, censé commencer en 2011. (...), le Président a fustigé l'attitude des ONG occidentales : comment comprendre que ceux là même qui n'ont pas reussi à imposer chez eux un minimum de mesures préventives en faveur de l'environnement viennent chez nous en utilisant le tapage médiatique, le mensonge et la calomnie pour obliger mon pays à sacrifier son développement sur l'autel de la nature ? » (Bongo, la Chine et les écologistes. Jeune Afrique.htm). Mais sa colère passée, Omar Bongo Ondimba devait quelques jours plus tard recevoir des militants écologistes pour leur proposer d'être représentés dans le comité de suivi du projet. En dépit de la polémique, il faut rappeler que la loi gabonaise autorise une déclassification à condition de classer une autre zone dans les mêmes proportions

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