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Gestion des services d'intérêt collectif dans les sous préfectures de Glazoué et Ouessè au Bénin

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par Dossou Edouard AKPINFA
Université Nationale du Bénin - Maîtrise Professionnelle en Développement Local 2001
  

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Chapitre IV : LES SYSTEMES DE GESTION DES SERVICES OFFERTS PAR LES SOUS- PREFECTURES DE GLAZOUE ET OUESSE.

Un système de gestion est un ensemble cohérent d'acte interdépendant permettant la réalisation des objectifs du service avec un maximum d'efficacité et de rapidité.

Le système nécessite donc une bonne organisation c'est-à-dire la nécessaire coopération entre plusieurs individus ou acteurs qui vont réaliser ensemble quelque chose.

Plusieurs acteurs interviennent dans la gestion des services offerts par les sous-préfectures de Glazoué et Ouessè.

Ces acteurs varient suivant qu'on est en présence d'un service à caractère social ou d'un service à caractère marchand.

I- LA GESTION DES SERVICES A CARACTERE SOCIAL

Les services offerts par les ouvrages ayant pour objectif d'assainir le cadre de vie ou d'approvisionner les populations en eau potable, sont classés dans la catégorie des services à caractère social. De plus, ce sont des services pour lesquels, les coûts mis à la charge des usagers ne constituent pas la contre partie exacte du service rendu.

Il s'agit donc des latrines publiques et des citernes d'eau.

1- LES CITERNES D'EAU

L'accès à l'eau potable constitue une priorité pour les populations de Glazoué et Ouessè.

Parmi les propositions faites dans les projets de territoire pour résoudre le problème, figure la mise en place d'un système de récupération et de stockage des eaux de pluie. C'est pourquoi des citernes d'eau ont été réalisées.

PHOTO CITERNE

1-1 PRESENTATION DES CITERNES D'EAU DES TERRITOIRES DE GLAZOUE ET OUESSE

Quatre (4) localités ont bénéficié de citernes d'eau sur les deux (2) territoires. Il s'agit de citernes hors sol d'une contenance chacune de 20 m3. Toutes les citernes d'eau ont été mises en service au cours de l'année 1999.

Tableau 4: Les citernes d'eau des territoires de Glazoué et Ouessè

Territoire

Localité

Nombre

Date de mise en service

coût

 

Sowé

2

Janvier 1999

1 350 318

Glazoué

Tchatchégou

4

octobre 1999

2 911 998

 

Djègbé

2

Juillet 1999

1 513 760

Ouessè

Kèmon

2

Juillet 1999

1 526 170

Source: enquêtes

1-2 LES MODALITÉS DE FONCTIONNEMENT DES CITERNES

1-2-1 Le mode de gestion

Le service offert par une citerne d'eau est produit par une personne physique rémunérée suivant une clé de répartition des recettes qui varie d'une localité à une autre. Lorsque les recettes augmentent, la rémunération du producteur du service croît proportionnellement.

Le mode de gestion communément appelé gérance est en réalité la régie intéressée.

Toutefois à Djègbé (territoire de Ouessè), le régisseur n'a pas été rémunéré. A Kèmon, une des citernes se trouve dans l'enceinte du centre de santé. Les malades et gardes-malades y ont accès gratuitement. Il a été convenu que les responsables du centre de santé verseraient à la sous-préfecture le montant des recettes annuelles de la citerne du village.

A Tchatchégou, il a été réalisé quatre (4) citernes d'eau à raison de deux (2) par quartier. Dans chaque quartier, deux (2) femmes produisent le service: une les matins et l'autre les soirs.

1-2-2 La tarification, période et durée annuelle de vente

Les tarifs de la vente de l'eau ont été déterminés lors d'animations villageoises. Il tiennent compte de la capacité contributive des populations, des besoins et de la tradition en matière de vente d'eau dans la localité.

Dans toutes les localités du territoire de Glazoué, le tarif est de 10F par bassine de 30L. Sur le territoire de Ouessè, le tarif est de 25F par bassine de 30L à Djègbé et de 10F par bassine de 30L à Kèmon.

Que l'on soit sur le territoire de Glazoué ou sur celui de Ouessè, l'eau n'est vendue qu'en saison sèche et la durée annuelle de vente ne dépasse guère une semaine.

1-2-3 Les acteurs de la gestion

a- Le régisseur

Le service est fourni par un régisseur. Son rôle en théorie est d'accueillir les usagers des citernes, de servir l'eau, de récupérer les fonds, d'entretenir les alentours et l'intérieur des citernes.

Dans la pratique, on constate que les citernes de Tchatchégou sont gérées par des femmes. Ainsi, l'entretien des alentours et de l'intérieur des citernes se fait non pas par les régisseurs mais par le comité de suivi.

Le régisseur est choisi par le comité de suivi. Son contrat est verbale.

b- Le comité de suivi de la gestion

Généralement, le comité de suivi de la gestion est composé de 5 à 7 personnes. Il s'agit des représentants locaux du PDL-Collines (Représentants communaux, porteurs villageois) auxquels s'ajoutent en fonction des situations locales, des représentants des jeunes, des sages, des femmes, des chefs de quartiers etc.

Le comité de suivi est le plus souvent composé des mêmes personnes qui ont participé au comité de suivi des travaux de réalisation des citernes.

Le rôle joué par le comité de suivi de la gestion varie suivant les territoires.

A Glazoué, le comité de suivi de la gestion entretient l'ouvrage et ses alentours, encaisse les recettes, ordonne et exécute les dépenses et fait remonter les informations à l'animateur.

A Ouessè, le comité est chargé de faire le suivi de l'entretien de l'ouvrage et de ses alentours, d'encaisser les recettes, de faire remonter les informations au comité de Territoire et à l'animateur, de faire le point financier soit à l'animateur (cas de Kèmon) ou à l'autorité publique (cas de Djègbé).

c- La sous-préfecture

Elle est théoriquement le maître d'ouvrage. Mais elle ne fait rien dans ce sens sauf à Djègbè ou le sous-préfet de Ouessè est allé réclamé à plusieurs reprises les recettes issues de la gestion du service.

1-2-4 La repartition des recettes

Sur le territoire de glazoué, aucun fonds n'est destiné à la sous-préfecture. Les recettes sont réparties entre le producteur du service et le comité de suivi de la gestion. La part qui revient au comité de suivi est déposée dans une caisse pour assurer les petites réparations.

A Tchatchégou, la clé de répartition est de 35% pour les producteurs du service et 65% pour la caisse de petites réparations.

A Sowé par contre, elle est de 80% pour le producteur du service et de 20% pour la caisse.

Sur le territoire de Ouessè, aucune clé de répartition n'est définie. Ainsi la totalité des recettes issues de la gestion des citernes de Djègbé est versée à la sous-préfecture. A Kèmon, la sous-préfecture serait entrée en possession des recettes issues de la gestion de la citerne du village. Il reste que le centre de santé honore son engagement.

Tableau 5: Bilan financier1999-2000 de la gestion des citernes d'eau de Glazoué et Ouessè

Territoire

Localité

durée de fonctionnement

Recettes

Dépenses

Solde

 

Sowé

7jours

6 000

200

5 800

Glazoué

Tchatchégou

4 jours

7 695

200

7 495

 

Djègbé

4 jours

15 420

200

15 220

Ouessè

Kèmon

7 jours

4 500

-

4 500

Source: enquêtes

1-3 LES PROBLEMES LIES AU FONCTIONNEMENT DES CITERNES

Outre le problème de la petitesse des dimensions qui fait que le service n'est offert qu'au plus pendant une semaine dans l'année, d'autres difficultés ont été identifiées.

1-3-1 Rôles confus et pas connus des acteurs

Le partage des rôles entre le régisseur et le comité de suivi de la gestion n'est pas clair. Le travail du régisseur et du comité de suivi se confond sur plusieurs aspects. Le comité de suivi est par exemple pratiquement toujours obligé d'être présent sur le lieu pendant toute la durée de vente.

La sous-préfecture n'a pas la maîtrise d'ouvrage des citernes d'eau. Ainsi, elle n'a pas de contrat avec les régisseurs, elle ne reçoit pas les recettes issues de la gestion (sauf à Ouessè), elle ne s'est pas approprié son rôle de contrôle de gestion et ne suit pas la qualité du service.

Il existe donc beaucoup de flou concernant le rôle de chacun et de nombreuses tâches ne sont pas remplies ou remplies par plusieurs acteurs en même temps.

1-3-2 La non implication des services déconcentrées de l'état dans la gestion

L'eau est source de vit dit-on mais elle peut être une source de mort. Il n'y a aucun contrôle de la qualité de l'eau par les services compétents.

1-3-3 Réduction du comite de suivi a deux ou trois membres

Les fonctions du comité de suivi demandent un travail important, intense sur quelques jours et quasi professionnel. L'inexpérience des membres du comité de suivi, la durée annuelle d'activité (une semaine en moyenne) et le système de bénévolat font que certains membres se désintéressent du travail. Il en résulte que sur les cinq (5) ou sept (7) membres du comité, seul deux(2) ou trois(3) jouent le rôle de ce comité.

1-3-4 La non définition de la clé de répartition sur le territoire de Ouessè

La clé de répartition des recettes n'est pas définie sur le territoire de Ouessè. Ceci a fait que les comités de suivi ont gardé par- devers eux les recettes issues de la gestion des services offerts par les citernes. Difficilement la sous-préfecture a pu entrer en possession de ces recettes. Les producteurs des services n'ont pu être rémunérés.

2- LES LATRINES PUBLIQUES

Les latrines ne sont construites que sur le territoire de Glazoué. C'est l'Ecole Primaire Publique d'Affécia B qui a bénéficié de cette action d'un coût global de 1 202 360 F.

PHOTO LATRINES

L'utilisation de ces latrines est réservée aux élèves et instituteurs qui ne paient rien en contre partie. La gestion du service revient par conséquent à l'entretien de l'ouvrage. Ce sont les instituteurs qui veillent à l'entretien de l'ouvrage. Chaque classe dispose d'une cabine. L'instituteur de la classe veille à l'entretien de la cabine par ses écoliers. Un instituteur est responsabilisé pour contrôler la propreté de toutes les cabines.

Aucune difficulté majeure n'est liée au fonctionnement de ces latrines. Toutefois, certains instituteurs oublient de fermer leur cabine en fin de journée, ce qui entraîne l'utilisation des latrines par les ménages riverains.

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