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Immigration volontaire ou forcée des allemands et des alsaciens-lorrains dans les Vosges (1911-1920)

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par Clément Thiriau
Université Nancy II - Master 2 d'histoire contemporaine 2007
  

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Conclusion :

Ainsi, la fin de la guerre et l'approche de la victoire finale est marquée par l'arrêt progressif des mesures de contraintes à l'égard des étrangers. En ce qui concerne les Allemands des Vosges, cette affirmation est à nuancer.

Sur le plan de l'intégration des Allemands et Alsaciens des Vosges, cinq cas de mariages mixtes sont signalés en 1918. Quatre Alsaciens épousent des Française, dont Justin Hengy et Augustine Pierrat, le 2 avril à Cornimont, ou encore Joseph Alphonse Jordan et Maria Louise Grandmougin, en mai à Saint-Amé467. Par ailleurs, un mariage concerne une Allemande et un Français. Il s'agit le 27 juin 1918 d'Anna Elisa Brocknauer, Allemande née à Baden-Baden, le 27 décembre 1901, et de Marc Léon Albuisson, Français, à Saint-maurice sur Moselle, mobilisé dans l'armée française468.

Alors qu'un armistice est imminent sur le front ouest, le 3 novembre 1918, les échanges de prisonniers civils entre puissances belligérantes sont à nouveau soudainement interrompus. Le 11 novembre marque la suspension, non la cessation des hostilités. L'article X de la convention d'armistice consacre le « rapatriement immédiat, sans réciprocité, dans les conditions de détail à régler de tous les prisonniers de guerre, y compris les prévenus et condamnés, des Alliés et des Etats-Unis. » Jusqu'à la signature d'un traité de paix, les internés allemands resteront soumis à la « législation » spéciale de guerre telle qu'elle a été définie par le ministère de la Guerre dans son rapport du 2 août 1914469.

466 H. Mauran, op. cit., p. 417.

467 Ibid.

468 A.D.V., 4 M 533, ministre de l'intérieur, sûreté générale - commissariat de Remiremont, 05/07/1918.

469 H. Mauran, op. cit., p. 954.

Chapitre 2 : L'après-guerre (1918-1920)

L'après-guerre est l'occasion d'une nouvelle réorganisation de la législation à l'égard des étrangers. Le traité de Versailles va fixer un certain nombre de choses relatives au sort des différentes catégories d'Allemands et d'Alsaciens encore présents sur le territoire national.

I - Alsaciens-Lorrains : l'utopie d'un rétablissement immédiat de toutes les libertés individuelles.

Le département des Vosges paie un lourd tribut au conflit qui s'achève. En 1914, il affichait une éclatante réussite industrielle grâce à ses filatures et ses papeteries et sa population ne cessait de croître, s'agglomérant dans de petits centres industriels. Quatre ans plus tard, le bilan humain et matériel de la guerre est terrible. De plus, une grande partie de la population a quitté la zone des combats pour se réfugier à l'arrière. Si on prend les six contingents étrangers les plus importants au 1er janvier 1914 et au 1er juillet 1918, l'effectif passe de 9 003 à 7 812 individus470. C'est donc une région exsangue, ayant bien plus que d'autres souffert des combats, qui accueille avec soulagement l'armistice de 1918. Dans l'immédiat, il s'agit d'assurer le retour et le ravitaillement des réfugiés, de déblayer les décombres, de déminer champs et forêts471.

Au moment de l'armistice, il reste encore en France près de 3 000 Allemands et surtout d'Austro-Hongrois, qui sont rapatriés par la Suisse de mai à octobre 1919 et 712 000 prisonniers allemands, dont 359 000 capturés par les Français472. Beaucoup d'entre eux (306 000 en 1918) sont utilisés comme travailleurs ; d'autres, en particulier les Alsaciens-Lorrains, bénéficient d'un régime spécial. Dans les Vosges vivent alors d'anciens prisonniers, des Allemands venus en Alsace-Lorraine, des techniciens travaillant sur le matériel livré au titre des réparations, population hétérogène, mais unanimement condamnée473.

Les formalités liées à la circulation des résidents alsaciens-lorrains à l'intérieur du territoire français continuent d'être contraignantes après le 11 novembre 1918. Le territoire de l'AlsaceLorraine reste en totalité compris dans la 3e section de la zone des armées : une autorisation individuelle de retour est indispensable. La durée de validité des permis ne peut dépasser un mois, mais ils sont renouvelables. Par une dépêche ministérielle du 15 novembre 1918, les engagements pour la durée de la guerre sont suspendus. Seuls les Alsaciens-Lorrains qui ont déjà la nationalité française peuvent contracter un engagement volontaire de trois, quatre ou cinq ans dans les

470 A.D.V., 4 M 403, recensements semestriels des étrangers en résidence dans les Vosges, 01/01/1914 et 01/07/1918.

471 O. Guatelli, op. cit.

472 J. Dupaquier, op. cit., pp. 60-70.

473 Amar et Milza, op. cit., p. 46.

troupes métropolitaines et coloniales en vertu de l'article 50 de la loi du 21 mars 1905. A partir du 30 décembre 1918, les militaires se trouvant en pays étrangers et se déclarant Alsaciens-Lorrains sont envoyés, après triage, dans un camp à Saint-Rambert, à Lourdes ou à Paris474.

Par arrêté en date du 29 décembre 1918, les territoires d'Alsace-Lorraine sont rattachés à la deuxième section de la Zone des armées à partir du 1er janvier 1919475. En conséquence sont assimilés aux administrés français, les Alsaciens-Lorrains d'origine française munis soit de la carte tricolore, soit du permis de séjour délivré par l'autorité préfectorale, soit de la carte d'identité chamois, soit d'un passeport délivré par un fonctionnaire français qualifié à l'étranger. Ceux-ci peuvent se rendre en Alsace-Lorraine étant simplement porteur d'un sauf-conduit délivré par le maire ou le commissaire de police de leur résidence. Les demandes de titres de circulation sont transmises, soit aux brigades de Gendarmerie, soit à l'Officier détaché pour le service de circulation à la Préfecture. Egalement, à partir de février, « les Alsaciens et les Lorrains, dont l'un au moins des antécédents directs était d'origine française, et appartenant, par leur âge aux classes non démobilisées, peuvent, sur leur demande, être dès maintenant incorporés dans un corps de troupe français moyennant qu'ils souscrivent l'engagement pour la durée de la guerre, prévue par le décret du 3 août 1914, et sont astreints à la durée du service encore imposée à leur classe d'âge, avec un minimum de 6 mois de présence sous les drapeaux français »476.

Par la circulaire du 21 janvier 1919, concernant les Alsaciens-Lorrains précédemment mobilisés dans l'armée allemande, complétant celle du 9 décembre 1918, le préfet prie les maires de lui signaler tous les Alsaciens ou Lorrains des deux sexes, civils ou militaires, arrivés dans leur commune depuis le 11 novembre 1918477. Ce recensement est destiné à des Commissions spéciales d'identification à constituer par l'autorité militaire. Bien qu'il ait demandé à ladite autorité de le tenir au courant de la création de ces Commissions, le préfet n'a encore reçu le 17 février 1919 aucune notification à cet égard. Aussi doit-il annuler, en principe, le paragraphe final de sa circulaire précitée du 9 décembre 1918, ainsi conçu : « en aucun cas ils [les Alsaciens ou Lorrains] n'ont droit à la carte d'identification qui sera chargée de les examiner »478.

Selon le préfet, il serait, en effet, excessif de faire supporter, pour un retard d'organisation dont ils ne sont pas responsables, un régime de rigueur à des personnes qui, vraisemblablement et, à de rares exceptions près, seront reconnus français d'origine et non suspects. Il est donc bien

474 H. Mauran, op. cit., p. 455.

475 A.D.V., 4 M 401, avis de la préfecture vosgienne sur la circulation des Alsaciens-Lorrains, 03/01/1919.

476 A.D.V., 4 M 401, décret du président de la République R. Poincaré après rapport du président du Conseil Clemenceau, 01/02/1919.

477 Ibid, enquête : signaler Alsaciens-Lorrains arrivés dans les communes depuis le 11/11. Indication spéciale si arrivants pré-identifiés par une commission militaire de triage en Alsace-Lorraine ou caserne COURCY à Epinal

478 A.D.V., 4 M 429, Alsaciens-Lorrains (1918-1919), circulaire du préfet des Vosges sur ceux venus dans le département depuis la convention de l'armistice, 17/02/1919.

entendu, que ceux qui n'auront pas obtenu ultérieurement le certificat établissant leurs qualités à ce double point de vue, se verront retirer immédiatement la carte d'alimentation et l'allocation479.

Les évacués alsaciens résidant dans les Vosges doivent attendre plusieurs mois après la signature de l'armistice avant de pouvoir regagner leurs foyers. Pendant toute cette période, ils restent l'objet d'une surveillance constante de la part d'une administration qui cherche à connaître leurs sentiments véritables480. Ce n'est qu'au printemps 1919 qu'ils peuvent rentrer en Alsace, sans qu'on sache si le grave malentendu qui les avaient séparés de la population vosgienne a pu être dissipé.

Cette lettre adressée par un évacué alsacien en voie de retour au maire de Rupt-sur-Moselle, le 31 mars 1919, semble le faire croire : « ... Je tiens à vous exprimer ici tant en mon nom qu'en celui de mes compatriotes tous les sentiments de reconnaissance et nos plus vifs remerciements pour ce que vous avez fait de bien pour nous pendant ces quatre ans de guerre passés dans la commune que vous administrez... Soyez persuadé, Monsieur le Maire, que nous garderons de vous un souvenir inoubliable et vivace. Je me permets de vous demander de vouloir bien être notre interprète, principalement auprès de Monsieur le Préfet et Monsieur le Sous-Préfet et de tous les habitants de la commune pour leur exprimer nos vifs sentiments de reconnaissance émue pour la bonté et l'intérêt qu'ils nous ont tous porté, et que nous n'oublierons jamais. Nous quitterons le pays des Vosges en emportant beaucoup de bons souvenirs, et c'est les larmes aux yeux, que, lorsque nous foulerons le sol d'Alsace, nous nous rappellerons l'accueil si empressé que nous avons reçu à Rupt... »481.

Au mois de mai 1919, tous les prisonniers alsaciens-lorrains n'ont d'ailleurs pas été libérés482. Le Service général des prisonniers de guerre recommande qu'ils soient dirigés sur le dépôt de Paris (Bastion 43, Porte de Clichy). Ceux pour qui un doute subsiste sont envoyés à ChagnatGerzat (Puy-de-Dôme), pour un complément d'enquête.

479 A.D.V., 4 M 429, op. cit.

480 R. Martin, op. cit., pp. 62-65.

481 Ibid.

482 H. Mauran, op. cit., p. 417.

II - Le traité de Versailles et les commissions de triage.

Après la ratification du traité de paix, le 28 juin 1919, le Gouvernement décide de libérer, par mesure générale, tous les sujets des nations ennemies encore retenus dans les camps de concentration et dont la demande de maintien en France après les hostilités a été accueillie. Les responsables des lieux d'internement doivent avertir les préfets de la date de départ de ceux qui se dirigent sur leur département où ils avaient antérieurement leur domicile483. La signature du traité de Versailles ne met pas immédiatement fin à l'internement des Austro-Allemands par la France. Il n'est en effet appelé à être exécutoire qu'après « la rédaction du procès-verbal de l'échange des ratifications » entre la France et l'Allemagne, échange qui mettra juridiquement et officiellement un terme à l'état de guerre. Le blocus de l'Allemagne est suspendu, en juillet 1919, après que les parlementaires allemands réunis à Weimar aient ratifié le traité ; la rétention des civils allemands continue à se poursuivre. Après un débat de six semaines, le traité de Versailles est enfin ratifié par le Parlement français le 2 octobre 1919 par 372 voix contre 53 et 73 abstentions. L'acte met un point final à l'internement des civils allemands... tardivement, certes, mais avant l'entrée en vigueur officielle du traité fixée au 11 janvier 1920484.

Sur le plan de la circulation et du travail, des restrictions continuent de frapper les AlsaciensLorrains après la Grande Guerre. Ainsi, une note du 1er août 1919 qui détermine les conditions d'utilisation de la main-d'oeuvre d'Alsace-Lorraine dans l'ensemble du pays, reprend certaines limitations imposées aux étrangers485. Les travailleurs alsaciens-lorrains doivent être en possession d'une attestation de loyalisme délivrée par l'autorité administrative. Ils ont l'obligation de s'adresser à un office régional ou local de placement, et ne pas traiter directement avec les employeurs.

Les procédures de dénaturalisation qui visent les Alsaciens-Lorrains ne s'arrêtent pas non plus après la fin des hostilités. Le contrôle social se répand sous d'autres formes qui ne sont pas moins attentatoires aux libertés individuelles. Le Conseil suprême interallié décide, le 28 août 1919, de rapatrier les prisonniers de guerre sans attendre la ratification du traité de paix. Les Anglais les libèrent dans les deux mois, les Américains et les Belges aussi. Seule la France, qui en employait 300 000 dans les régions dévastées, conserve les siens jusqu'au début de 1920486.

483 A.D.V., 4 M 401, circulaire du ministre de l'intérieur à messieurs les préfets sur les camps et les internés, 14/10/1919.

484 H. Mauran, op. cit., pp. 954-955.

485 Ibid, pp. 470-471.

486 Amar et Milza, op. cit., p. 46.

Logiquement, en 1919 les évasions de prisonniers de guerre allemands dans les Vosges sont nombreuses dans les casernes. Par exemple trois prisonniers de guerre allemands et alsaciens de la Compagnie de prisonniers de guerre 39 se sont évadés le 24 février dans la matinée de la caserne Contade à Epinal. Des évasions ont également lieu tout naturellement des camps d'internement et de travail : le 3 mars 1919 quatre prisonniers de guerre allemands évadés à Epinal et trois sousofficiers allemands appartenant à la Compagnie de prisonniers de guerre 21, employés au camp de Favresse ; le 3 juin deux prisonniers de guerre allemands sont évadés de la Compagnie 185 à Raon-l'Étape, évadés des chantiers487.

En 1918, la victoire n'efface rien de la germanophobie. La presse, les politiques, l'opinion agitent régulièrement la menace du péril allemand ; certains industriels exigent qu'on leur interdise toute activité économique sur le sol français, habile manière d'éliminer la concurrence. En bref, on stigmatise « le boche », Action française en tête, et l'on se méfie de ses velléités de puissance et de revanche. Face au déferlement nationaliste, la S.F.I.O. essaie de résister un peu et prend la défense des prisonniers allemands, trop souvent maltraités. Mais elle sait que l'opinion s'en moque et, dans ses rangs, l'heure n'est pas toujours à l'internationalisme488. A gauche, encore, le parti radical prône le pragmatisme et une sorte de chantage : la France réservera aux prisonniers allemands un sort équitable, si les réparations sont payées. La C.G.T. n'a pas ces scrupules : les syndicats allemands trahissent l'internationalisme et joué la carte du patriotisme, le syndicat français fait donc de même.

L'armistice signé, les Allemands tentent pourtant un geste de réconciliation en 1919. Les syndicats du bâtiment proposent à la France de l'aider à se relever de ses ruines. Mais ils posent leurs conditions, veulent huit heures de travail par jour, des salaires égaux aux salaires français, le droit de grève, être exemptés d'impôts et, méfiants, être logés décemment. Les réactions se révèlent toutes défavorables489. De la droite à la gauche, on proteste contre le retour des Allemands : pendant quatre ans on a lutté pour chasser les occupants du Nord et de l'Est ; les populations des régions dévastées ne peuvent accepter qu'on leur impose à nouveau la présence de ceux qui étaient responsables de leurs maux. Selon elles, des incidents, risquent de s'ensuivre, car il n'est pas possible d'isoler les ouvriers d'Outre-Rhin des Français. Constant Verlot, député des Vosges et représentant le centre-gauche, constate alors : « Comment nos habitants du Nord et de l'Est supporteraient-ils la venue parmi eux de ceux qui, pendant des années, ont occupé leur foyer, réquisitionné tout, quand ils n'ont pas pillé, volé et tué »490.

487 A.D.V., 8 M 12, évasions de prisonniers signalées par le gal Jacquot, commandant le 21e Corps d'Armée, 1919.

488 Amar et Milza, op. cit., p. 46.

489 Ibid.

490 R. Schor, « Les travailleurs allemands et la reconstruction de la France au lendemain de la Grande Guerre (1919- 1923) », in Revue historique, 1985.

Fin 1919, le gouvernement français s'intéresse aux Alsaciens-Lorrains qui, au cours de la guerre, ont été frappés de « proscription » par les autorités allemandes. Les accords de Baden-Baden du 15 novembre 1919 fixent le montant nécessaire à l'effectivité de l'indemnisation, dans le cadre de l'article 62 du traité de Versailles. Une commission spéciale est nommée afin d'assurer la répartition de l'indemnisation promise aux proscrits ; présidée par le général Auger, elle comprend les vice-présidents du tribunal régional, Jules Lévy et Fleurent. Statuant sur environ 6 000 demandes, elle en retient 4 820. Les 25 millions or qui sont obtenus dans ce cadre-là ont permis aux intéressés de recevoir, sans tarder, une somme plus que symbolique491.

Fin 1920, on envisage même dans les Vosges l'implantation de camps de concentration pour l'internement de civils allemands. Ainsi le 4 octobre 1920 le ministre de l'intérieur demande au Préfet vosgien si des camps de concentration spéciaux pour l'internement des suspects et indésirables de la tête de pont à Kehl (Allemagne, en face de Strasbourg), y-compris les anciens officiers et les militaires allemands en activité de service en séjour temporaire dans la tête de pont, peuvent être organisés à l'ouest des Vosges en cas de tension politique492. L'effectif de ces indésirables atteindrait 5 000 personnes environ qui seraient transférés par train spécial. Après étude, le préfet répond que des camps pourraient être mis en place comme suit : Caserne Maugui à Bruyères (1067 hectares) ; Camp de Corcieux ( baraquements, 900 hectares) ; Caserne Dutertre à Raon-l'Étape (1120 hectares) ; Caserne Coëhorn à Fraize (1000 hectares) ; Caserne Marion à Remiremont (1400 hectares), pour un total 5487 hectares. Le Préfet et le général Jacquot, commandant le 21e Corps d'Armée et la 21e Région, projettent d'ailleurs peu après d'organiser une conférence sur les évacuations des indésirables. Du reste, on ne sait si ces camps ont été implantés et si c'est le cas où ils ont été mis en place493.

Au moment de l'incorporation des Alsaciens-Lorrains de la classe 1920, il est évoqué des mesures à prendre pour éviter des troubles. Ils sont répartis dans les mêmes conditions que les autres appelés du contingent entre les corps de troupes de toutes armes. Les autorités vosgiennes insistent pour que la population s'abstienne à l'égard de ces militaires d'agissements, paroles, appellations ou allusions qui pourraient blesser. Par ailleurs, les journaux locaux ne doivent plus reproduire les protestations sur l'usage du patois alsacien. Tout cela traduit la volonté de

« favoriser l'oeuvre d'assimilation »494.

491 H. Mauran, op. cit., p. 990.

492 A.D.V., 8 M 189, camps de concentration pour l'internement de civils allemands, 1920.

493 Ibid : défaut d'informations.

494 A.D.V., 8 M 191, mesures à prendre pour éviter toute friction lors de l'incorporation de la classe 1920. MI-préfet, 16/09/1920.

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