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Immigration volontaire ou forcée des allemands et des alsaciens-lorrains dans les Vosges (1911-1920)

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par Clément Thiriau
Université Nancy II - Master 2 d'histoire contemporaine 2007
  

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II - Autres industries.

Dans les années précédent la guerre, d'autres industries traditionnelles des Vosges emploient les Allemands et les Alsaciens en résidence.

Tout d'abord, l'exploitation des richesses naturelles fait travailler un certain nombre d'étrangers et d'Allemands dans les Vosges. Le département se partage avec la Meuse les principales carrières lorraines84. Les carrières de granit, de grès et de calcaire vosgiennes, emploient un certain nombre de carriers et tailleurs de pierre étrangers dont plusieurs Allemands et Alsaciens-Lorrains, telles les carrières de pierres à meules de Bains-les-Bains et Fontenoy le Château ou la carrière de Bruyères85. Le granit vosgien donne d'excellents matériaux d'empierrement, des pavés, des bordures de trottoirs, des pierres de taille, des blocs pour monuments86. Quant au grès vosgien, facile à travailler, il donne une belle pierre de construction résistante. L'exploitation de ces carrières appartient à quelques grandes sociétés, comme la Société des Granits porphyroïdes des Vosges qui employait un Alsacien au Syndicat et deux Allemands à Saulxures. Par ailleurs, cinq Allemands travaillent à la raffinerie de pétrole Fenaille et Despéaux de Girancourt.

Pour sa part, l'industrie des papiers et cartons est fort ancienne dans les Vosges87. Le département possède toujours en 1912 les papeteries les plus nombreuses et les plus importantes88. Au nombre des plus performantes figurent celles de Docelles qui emploie 4 Allemands sur plus de 300 ouvriers. Arches et Archettes possédaient une fabrique de papier timbré, unique établissement du genre en France (Perrigot-Mazure). Arches avait conservé des cuves où l'on fabriquait encore du papier avec des chiffons et employait quelques Allemands89.

Dans le secteur du verre, le département ne possède plus que deux établissements importants: celui de Portieux et celui de Clairey, commune d'Hennezel. Derniers représentants d'un secteur économique autrefois florissant, ils ont pu survivre grâce à l'amélioration des procédés de fabrication. La verrerie de Portieux a fini par se spécialiser dans les verres à boire. Elle emploie 800 salariés avant 191490. Une quinzaine de familles alsaciennes y sont occupées à demeure. Elles ont été recrutées par la direction, dans le quadrilatère alsacien-lorrain formé par SarrebourgSaverne-Dabo-Abreschwiller, dans lequel se trouve l'usine de Vallerystahl, annexée depuis 1870- 71, et dépendant du même conseil d'administration que la verrerie de Portieux91.

84 F. Roth, op. cit., pp. 211-230 , « l'industrie de la pierre ».

85 A.D.V., 8 M 189, op. cit., situation professionnelle.

86 J.-P. Claudel, op. cit., pp. 80-120.

87 F. Roth, op. cit., pp. 211-230, « industrie des papiers et cartons ».

88 J.-P. Claudel, op. cit., pp. 80-120.

89 A.D.V., 8 M 189, op. cit.

90 F. Roth, op. cit., pp. 211-230, « industrie du verre et du cristal ».

91 A.D.V., 8 M 189, op. cit.

La grande verrerie mécanique de Gironcourt-sur-Vraine, créée en 1900 le long du chemin de fer Mirecourt-Neufchâteau, occupe des étrangers au nombre de 18, dont 13 Allemands, tous en qualité d'ouvriers verriers. Ils sont recrutés directement sans aucun intermédiaire. Les bouteilles produites en grandes séries sont utilisées par les sources d'eau minérale de Contrexéville et de Vittel92.

Enfin, on trouve quelques Allemands dans les métiers de la forêt et du bois (fabrique de meubles Taule à Arches), à l'imagerie d'Epinal en tant qu'enlumineurs saisonniers ou à la société de faïencerie de G. Poix à Rambervillers93.

Face à ces industries traditionnelles, d'autres se développent et emploient de la main-d'oeuvre étrangère. Occupant une place importante dans la grande industrie vosgienne, la métallurgie emploie vers 1910 58 000 ouvriers et compte de nombreux établissements dans le sud du département notamment. Les fonderies, manufactures de Bains, clouteries emploient alors quelques Allemands94. La fonderie Althoffer de Remiremont compte également trois Allemands.

Les anciennes industries de l'alimentation directement liées à l'agriculture et la nature sont peu nombreuses, peu diversifiées, et n'emploient que très peu de main-d'oeuvre étrangère. La brasserie cependant fait exception qui compte les plus grosses usines de la branche alimentaire : en 1893 on dénombre 20 établissements dans les Vosges. Celles de Fontenoy-le-château (brasserie Lemaire), Bruyères (brasserie Bexon) et Xertigny (brasserie Trivier Champion et Cie) emploient chacune quelques Allemands. Contrairement aux régions de l'ouest, la Lorraine a peu de fabrication de beurre en production principale95. Le lait ne s'y prête guère, trop pauvre en matière grasse. Les fromageries l'emportent donc dans les Vosges : c'est le cinquième département fromager de France, avec 55 laiteries-fromageries dans les Vosges. A Nomexy la fabrique de briques et laitiers Renaud et Cie employait un certain nombre d'Allemands96.

Enfin, d'autres petites industries emploient, en 1912, les Allemands et Alsaciens-Lorrains résidant dans les Vosges. Dans l'agglomération d'Epinal, Chantraine, Golbey et Saint-Laurent, il s'agit de la fabrique de chapeaux de paille Kampmann et Cie, de la glucoserie Tschupp et Cie, de trois fonderies, de la fabrique de draps de laine Pierson et Cie, des industries d'imprimerie lithographie, des constructions mécaniques (exemple : Singrüunn et Cie) ou des fabriques d'ustensiles de ménage97.

92 A.D.V., 8 M 189, op. cit., situation professionnelle.

93 Ibid.

94 J.-P. Claudel, op. cit., pp. 80-120.

95 F. Roth, op. cit., pp. 211-230.

96 A.D.V., 8 M 189, op. cit.

97 Ibid.

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