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Méagui, une zone de production et de commercialisation des produits vivriers

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par Dagou Hermann Dagou
Université de Cocody/Abidjan - Institut de Géographie Tropicale - Maitrise de Géographie 2009
  

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Conclusion du Chapitre 8

En inscrivant l'analyse du phénomène urbain dans la hiérarchie et la dynamique spatiale des relations villes-campagnes, Courade (1985, p 73) estime que << le rôle que la ville joue dans le développement des campagnes est fonction des caractéristiques de la ville dirigeante et encadrante », mais également des modes d'organisation des paysanneries et de la structuration

des espaces ruraux. En effet le faible niveau et la vétusté des équipements de Méagui fait qu'elle se vide de ses richesses « vivrières » au profit des centres urbains voisins comme Yabayo. Une typologie peut être établit, entre les sous-espaces ruraux : les périphéries rurales actives (Oupoyo et Gnititouagui 2), les périphéries rurales passives (Touagui 2) et les sousespaces marginaux (Robert-Porte). Cette structuration ne va pas sans crée de externalités négative. Les problèmes ou obstacles, frein à la bonne organisation de la filière du vivrier, sont nombreux.

La saisonnalité aussi perturbe beaucoup la production vivrière et rend donc les prix ins-tables surtout qu'il s'agit d'une production traditionnelle. Les agents de l'A.N.A.D.E.R. et de l'O.C.P.V manquent de matériels de tout genre pour offrir leur expertise et encadrer les producteurs. Par ailleurs, le racket auquel s'adonnent les agents des forces de l'ordre gangrènent cette activité et les véhicules incommodes aux transports des produits vivriers constituent un premier lot de complexité qui freine la production.

La désorganisation des marchés dus à la saturation et à la mauvaise occupation des places auxquelles se greffent les difficultés d'ordre social et ethnique qui annihile toute velléité d'organisation pour les Baoulés et Burkinabé pionnier de cette agriculture. Enfin, l'insécurité routière due aux coupeurs de route termine d'égrainer le chapelet de problèmes que rencontre ce secteur. Toutefois, une chose est de faire le diagnostic et un autre est de proposer des recommandations et solutions pour redynamiser ce secteur.

Chapitre 9 : PERSPECTIVES DE LA PRODUCTION ET DE LA COMMERCIALISATION DES PRODUITS VIVRIERS

L'exercice de la production et de la commercialisation est imparfait dans son ensemble et nécessite pour chaque acteur que ses capacités soient renforcées par la détection des insuffisances et les attentes probables pour l'évolution de son activité. Chaque acteur, en fonction de ce qu'il participe comme un maillon de cette chaine, production-commercialisationconsommation a des préoccupations spécifiques. Ils se caractérisent par la collecte : elle est l'affaire des commerçants qui proposent des prix non rémunérateurs aux producteurs ; le transport : il est affecté par des coûts élevés dus à l'état défectueux des infrastructures routières, les tracasseries routières lors de l'acheminement des produits, la non-disponibilité des moyens de transport et le prix élevé du carburant ; et la distribution des produits vivriers : elle est inefficace à cause de l'insuffisance d'infrastructures de groupage, de stockage et de conservation des produits, du déficit d'information et de communication sur l'offre et la demande entraînant une mauvaise répartition de la production dans les centres de consommation.

9.1. Renforcement de l'appui aux produits vivriers

L'absence d'un système de collecte dynamique et ordonné a comme effet de maintenir un statu quo de la production à petite échelle, et une compétition déséquilibrée, dominée par de bas niveaux de productivité. Les petites transactions sont des contraintes qui mènent à une utilisation inefficace des camions en raison du nombre élevé de commerçants impliqués. Cette inefficacité a des implications sur la chaîne de commerce. Afin de réaliser une collecte plus efficace, les agriculteurs devraient centraliser les transactions de vente dans le temps et à moindre mesure dans l'espace. La collecte optimale se situerait au niveau du village ou d'un groupe de villages, avec un calendrier de vente fixe. Une transaction de vente de trois à quatre sacs par ménage au lieu du nombre actuel de un ou moins, mènerait de manière significative à moindre coüts de collecte et de transport. L'introduction d'équipements de transport bon marché dans les régions rurales permettrait aux agriculteurs de transporter leurs produits aux marchés sans perdre leur pouvoir de négociation.

9.2. Sécurisation foncière

La question foncière ne trouvera pas de voie d'évolution relativement paisible et durable si les
politiques de développement ne s'attaquent pas aux racines structurelles de la crise de la rura-
lité, qui ne sont ni seulement agraires ni seulement rurales. Pour y parvenir, il est de la respon-

sabilité des bailleurs de fonds de réviser les objectifs de la libéralisation qui se sont avérés largement inadaptés à l'ampleur des défis ivoiriens par leur simplisme, leur dogmatisme, leur vision de court terme et la déconnexion, dans leur conception, des champs du politique et de l'économique. L'attention devrait être portée en particulier sur le caractère de plus en plus « rurbain » des campagnes, par la promotion d'activités non exclusivement agricoles pour les jeunes hommes et les jeunes femmes. Toute action dans le domaine foncier devra être accompagnée de mesures visant à améliorer les marchés du crédit, des intrants et des prestations de services, et à débarrasser les organisations coopératives de leur chape clientéliste.

9.3. Amélioration des conditions d'exercice de l'activité des détaillantes

Avoir une aide financière pour débuter son commerce est le seul fait de l'affiliation parentale ou ethnique. Beaucoup d'entre elles font des tontines pour combler ce besoin de financement. Cette initiative privée bien qu'insignifiante par rapport aux besoins doit être soutenue. Cela passe par la mise en place d'un fonds de crédits pour la commercialisation des produits vivriers (achat de produits bord-champ). De plus, la construction d'installations de vente leur permettant d'être à l'abri des intempéries mais aussi de leur assurer un bon stockage de leurs marchandises. Aussi la sécurité de ces marchés est-elle de plus en plus exigée. Les commerçants souhaitent que leurs marchés du moins officiels, soient par exemple clôturés et soient éclairés pour leur permettre d'exercer à toute heure. Par ailleurs, un service de police efficace est aussi important, pour permettre à ces vendeurs d'exercer en toute quiétude. Pour terminer, l'approvisionnement en eau et la disponibilité des: équipements sanitaires publics (latrines et douches) rendront toutes ces installations viables.

9.4. Amélioration des conditions de circulation du vivriers

Les difficultés de transport constituent une véritable contrainte pour les acteurs à tous les niveaux de la filière. Ceci s'explique par le fait que très peu de transporteurs se sont spécialisés dans la commercialisation des produits vivriers. Cette composante traite des aspects de collecte, de transport et de distribution. Il s'agit d'une part, d'améliorer les conditions de mise en marché en vue de réduire les prix des produits vivriers au niveau des consommateurs. A la question de savoir comment ils font l'entretien de leurs véhicules ; 47% ne vont chez les mécaniciens que quand ils ont des pannes ; 23% que quand les véhicule sont très sollicités ; 20% quand ils ont un bon contrat. Cette répartition montre comment les réparations sont soumises aux grés du hasard et font peser un risque sur l'accomplissement du contrat. Les distances à parcourir et le relief du lieu de collecte bord champ constituent des limites à leurs action. Le

commerçant peut attendre plusieurs jours «en brousse» lors des pannes et ne peut réclamer de dédommagements. L'incertitude quant aux conditions et à la durée du voyage est le principal inconvénient de cette pratique. La colocation de véhicules de transport et le payement par colis constituent des palliatifs pour contourner cette contrainte et amoindrir les coûts. Pour la réussite de toutes ces actions, il faut aussi au support du transport par l'entretien des pistes rurales reliant les zones de production vivrières aux principaux marchés. Les véhicules assurant le transport des produits agricoles sont des moyens de transport en commun de passagers. Si l'on veut professionnaliser la filière du vivrier, il importe de spécialiser des véhicules avec des capacités de chargements et de conditionnement adéquats au vivrier comme pour la viande congelée. Par ailleurs, tous les transporteurs ont décrié le phénomène du racket aux différents postes de contrôle. Il est donc impérieux que l'Etat prenne des dispositions rigoureuses en vue de faire face à ce phénomène en sanctionnant de manière exemplaire ces auteurs. Ces mesures pourraient faciliter la fluidité routière et stabiliser les prix des denrées alimentaires à un niveau intéressant pour la population.

9.5. Articuler stratégies individuelles et collectives : une nécessité

Dans une optique prospective, l'organisation des grossistes Dioula doit être un modèle pour stimuler d'autres regroupements. On peut avancer quelques critères permettant de la distinguer 1) elle mène des activités économiques durant la contre-saison ; 2) elle a des relations avec des acteurs du développement situés hors du village ; 3) elle affiche une volonté de rechercher de solutions et de contrôle de la crise agricole actuelle en restant au village ; 4) elle a une "autonomie", tant du point de vue des activités à mener que des règles de fonctionnement. Même s'il ne faut pas sous estimer les stratégies individuelles elles se sont montrées jusque là inefficace. Avec l'émergence des néo-ruraux, l'arrivée des migrants, la diversification des stratégies individuelles, un nouveau lieu d'élaboration de consensus peut être l'organisation rurale, dans la mesure où une mutualisation des stratégies individuelles peut être trouvée. Les uns avec leurs expériences du terrain et les autres avec leurs connaissances scolaires. Ceux qui travail-lent pour moderniser l'agriculture souhaitent l'émergence de groupements de producteurs capables de devenir des entreprises ou organismes sachant gérer la chaine entière d'activité, au risque de les voir échouer faute d'un environnement socio-économique sécurisé.

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